par Alexandre Corboz

FC Nantes – L'analyse de Charles Guyard : « La qualification, non sans mal ! » 

Toujours avec une grande pensée pour Emiliano Sala, de nouveau honoré ce samedi dans le Val d’Oise, les Canaris ont décroché leur billet pour les 8e de finale de la Coupe de France aux dépends de l’Entente Sannois Saint-Gratien, club de National, battu 1-0.

Toujours avec une grande pensée pour Emiliano Sala, de nouveau honoré ce samedi dans le Val d’Oise, les Canaris ont décroché leur billet pour les 8e de finale de la Coupe de France aux dépends de l’Entente Sannois Saint-Gratien, club de National, battu 1-0.

Sur le site officiel de l’Entente Sannois Saint-Gratien, le communiqué le plus fréquemment diffusé ces derniers jours était un copier-coller et concernait les… « modalités de remboursement » pour les places du match face à Nantes ! Pensez donc, cette rencontre était devenue l’Arlésienne de la Coupe de France ! Du mardi 22 janvier, sa date initiale, celle-ci était passée au lendemain, mercredi 23, puis décalée au dimanche suivant, le 27 janvier, avant, enfin, de trouver une place définitive dans le planning ce samedi 2 février. Et encore, il s’en est fallut de peu puisque la commission de sécurité n’a donné son feu vert qu’en milieu de cette semaine pour valider l’ouverture d’une nouvelle tribune installée pour l’événement.

« Emi » était encore partout

Mais ces reports n’étaient malheureusement pas seulement dictés par un souci légitime de sécurité ou un calendrier chamboulé par les manifestations des gilets jaunes : c’est évidemment le drame de la disparition d’Emiliano Sala qui a eu raison de la dernière date. Une tragédie encore dans toutes les têtes au moment de refouler la pelouse, quelques jours seulement après la venue de Saint-Etienne (1-1) dans une Beaujoire magnifiée par l’hommage XXL rendu à l’Argentin, mercredi soir. Ce samedi, à défaut d’être à nouveau floqué sur les maillots nantais, le nom du buteur était donc encore bien présent ici, en région parisienne, ne serait-ce que sur cette  banderole déployée à sa gloire par des supporters de l’ESSG (« Emi », suivi d’un cœur). Une attention appréciée par Enock Kwateng : « C'est magnifique ce que font les supporters, quand on entre sur le terrain, on est ému, et on voit qu'Emiliano était apprécié du monde entier, on est très fier ».

Quant au fameux numéro, le 9, c’est dans le dos de son ami, Nicolas Pallois (associé en défense centrale à la recrue Edgar Ié), qu’il avait été imprimé. L’intéressé, capitaine, n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet, laissant à d’autres le soin de parler, d’extérioriser, le ressenti général. « J'avoue que le contexte était un peu difficile avec ce qui s'est passé, c'était compliqué pour nous mais après Saint-Etienne, on a beaucoup parlé et il nous fallait une victoire pour prendre de la confiance, a reconnu Kalifa Coulibaly. Là, les matchs s'enchaînent, c'est bien car c'est sur le terrain qu'on prend du plaisir, et ça va nous faire oublier un peu. »

Dans le vestiaire nantais, inutile donc de préciser que les esprits sont encore bien marqués, mais voilà, comme Vahid Halilhodzic l’a rappelé cette semaine entre deux sanglots, « la vie continue », et la vie, donc, a continué. Les Jaune et Vert ont rechaussé les crampons pour ce qu’ils savent faire de mieux, autrement dit gagner. Et ils l’ont fait, face à de courageux Franciliens qui auront tenu la dragée haute aux pros pendant 73 minutes, jusqu’à ce but inscrit par Kalifa Coulibaly, opportuniste sur un ballon relâché par la défense adverse suite à une frappe tendue de Valentin Rongier, entré quelques minutes plus tôt.

Der Zak' avait vu juste

Ce succès permet au FCN de poursuivre l’aventure et de se hisser en huitième de finale (mardi face à Toulouse à la Beaujoire, à 18h30), ce qui ne leur été plus arrivé depuis la saison 2015-2016. Mais ce succès permet surtout aux partenaires de Maxime Dupé de retrouver le goût de la gloire car, mine de rien, cela ne leur été plus arrivé depuis mi-janvier ! Alors certes, en face, ce n’était « que » l’Entente Sannois Saint-Gratien, modeste pensionnaire de National 1 où elle occupe une inconfortable 16e position (sur 18) sans avoir réussi à refaire trembler les filets adverses depuis… le 14 décembre !

Il n’empêche, si l’ESSG cale en championnat, elle excellait jusqu’à présent dans la doyenne des compétitions. En chiffres au coup d’envoi, cela donnait 5 tours passés, 14 buts marqués et aucun encaissé. Et dans ce tableau, le plus gros gibier se nommait alors Montpellier, actuel 6e de la Ligue 1, chassé de l’épreuve en début d’année (1-0) ! Beau joueur, l’entraîneur héraultais avait toutefois pronostiqué une qualification nantaise. « Ils ont de bons joueurs mais je pense que Nantes est capable de gagner, surtout que le terrain, là-bas, est grand, il n’y a pas de lézard ! », avait confié Michel Der Zakarian dans la foulée. Au pronostique, le technicien avait vu juste, mais on était quand même très loin de la promenade de santé. Rendez-vous mardi pour la suite.

Charles GUYARD, correspondant à Nantes.