FC Nantes : ses débuts, ses objectifs, le Stade Rennais… Rencontre avec Hicham M’Laab

La Ligue 1 a découvert un nouveau visage lors du match entre Nantes et Bastia à la Beaujoire (0-0). Après bien des déconvenues dans le milieu, l’attaquant né il y a 25 ans à Pau, formé à Rennes et passé furtivement à Lens, a donc connu son baptême dans l’élite en remplaçant Yacine Bammou à la 72e minute.

But! Nantes : Hicham, quand avez-vous appris que vous étiez convoqué avec le groupe pour affronter Bastia ?
Hicham M’LAAB : Comme tout le monde, le vendredi, après l’entraînement. Le coach a donné son groupe, et voilà.

Vous vous y attendiez ?
Un petit peu. Je travaille pour cela. Après, c’est un secteur où il y avait quelques blessés, donc le coach de la CFA et un dirigeant m’ont dit de me tenir prêt au cas où on ferait appel à moi. J’étais là, je me suis entraîné toute la semaine avec le groupe et à la fin, j’ai eu la récompense d’y être.

Vous n’avez pas semblé impressionné par la Beaujoire lors de votre entrée en jeu…
Parce que d’une j’étais déjà venu voir plusieurs match, et deux, j’ai été super bien accueilli par le groupe, par le staff, les dirigeants. Tout le monde m’a mis à l’aise donc ça s’est bien passé.

“J’ai quand même 25 ans, j’ai vécu beaucoup de choses dans le passé qui font que je suis posé.”

Que ressent-on, justement, au moment d’entrer sur la pelouse pour sa première en Ligue 1 ?
Ça fait très plaisir. Ca récompense tout mon travail. Maintenant, ce n’est pas une fin en soi. Au final, je suis déçu car on a fait 0-0, or le résultat de l’équipe prime avant toute chose. Pour une première, je suis donc content d’avoir foulé une pelouse de Ligue 1 mais derrière ça, je suis déçu car on n’a pas pris les trois points.

On vous a senti rempli d’initiative ce soir-là, insistant pour frapper un coup franc que vous veniez vous-même de provoquer…
Oui, après Lermir (ndlr : Lenjani) le tire. Je me sentais aussi de le tirer… Donc des initiatives, oui, mais encore une fois, ça n’a pas payé.

On ne vous sent pas plus enthousiaste que cela !
J’ai quand même 25 ans, j’ai vécu beaucoup de choses dans le passé qui font que je suis posé. Après, attention, si je suis déçu du résultat, je suis quand même content d’avoir fait ma première à la Beaujoire devant un public aussi extraordinaire. Déçu car le résultat doit primer et pas Hicham M’Laab. Je passe derrière le collectif, il ne faut pas oublier ça.

Qu’est-ce que ça fait de débuter sa carrière en L1 à la Beaujoire après avoir fait ses premières gammes au centre de formation du Stade Rennais ?
C’est très agréable, il y a une ambiance simplement magnifique. On aurait été content de leur rapporter les trois points pour que les supporters soient fiers de nous.

La question était plus axée sur l’antagonisme entre Rennes et Nantes, une sorte de clin d’œil !
Oui, c’est marrant. Mais maintenant, je suis cent pour cent Nantais. Je suis très bien dans ce club où j’ai été parfaitement accueilli. Rennes, c’est derrière.

Vous êtes-vous fixé un objectif pour cette saison, par exemple en nombre de matches joués ?
Non, je ne me pose pas de question. Je travaille, après le coach fera ses choix. Je fais ce qu’on me demande. Je réponds aux appels. Quand il y a cinq minutes, je prends, quand il y en a 10 aussi. Je prendrai tout ce qu’il y a à prendre, je ne calculerai pas. Encore une fois, c’est le collectif qui prime avant tout.

“Je suis très bien dans ce club où j’ai été parfaitement accueilli. Rennes, c’est derrière.”

Quelles étaient les consignes du coach lors de votre entrée ?
Il m’a demandé d’essayer de provoquer balle au pied, d’apporter des centres, de mettre du danger, chose que je n’ai pas très bien faite. Il faut que je continue à travailler pour apporter un plus à l’équipe.

Le rythme d’un match de L1, c’est du costaud ?
Evidemment, surtout pour moi qui ai passé tout mon temps en CFA. Il faut que je bosse pour avoir ce rythme, pour pouvoir apporter un plus à l’équipe quand je rentre. Le niveau n’est pas le même, il faut que je sois prêt à tout moment.

C’est tard, finalement, de démarrer en L1 à 25 ans ?
Non, il n’y a pas d’âge. J’ai démarré à 25 ans, il y a eu d’autres cas avant moi.

La marge de progression est tout de même moindre par rapport à quelqu’un qui commence à 18-20 ans…
On a un petit peu plus de recul peut-être. Un peu plus les pieds sur terre. Mais dans le foot, il n’y a pas d’âge. Il y a eu d’autres cas… Mais je ne me pose pas de question.

Vous ne vous en êtes vraiment jamais posé de question, vous fixant une limite d’âge après laquelle on se résout à faire autre chose ?
La preuve ! Je suis peut-être un chanceux, mais il n’y a que le travail qui paie. Je n’ai jamais lâché. Ma famille, mes amis, mon entourage m’ont toujours soutenu, donc à partir de là c’est un peu plus facile, même si il y a eu des moments de doute. Mais le FC Nantes m’a donné une troisième chance, c’est rare, et je remercie le club. Il faut que je bosse encore.

À qui avez-vous pensé lors de votre entrée sur le terrain ?
À ma famille, qui a toujours été là dans les bons comme dans les mauvais moments, qui m’a toujours soutenu, peu importe ce que je faisais dans mes choix, qui m’a toujours encouragé à ne pas lâché mon objectif de fouler une pelouse de Ligue 1. Maintenant, c’est fait, mais il faut en faire plus, pour pouvoir ramener des victoires.

Et avoir autre chose que le numéro 33 du stagiaire floqué dans le dos !
Exactement, oui !

Charles GUYARD

Retrouvez cet entretien en intégralité dans le dernier numéro de But! Nantes, disponible en kiosques ou sur notre boutique.

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