L’analyse de Charles Guyard : « Le FC Nantes s’est refait une santé »

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Face à de pâles Toulousains, derniers de la L1, les Canaris ont mis fin à une douloureuse série (2-1). C’était impératif avant d’aller chez le leader au Parc des Princes, mercredi.

« Cette ambiance vous est offerte par la commission de discipline de la LFP ! » pouvait-on lire sur une large banderole déployée dans un virage Loire déserté par ses pensionnaires, interdits de s’y asseoir après avoir allumé des fumigènes pour célébrer les 20 ans de la Brigade lors de la réception de Saint-Etienne, il y a deux semaines, et à qui Abdoulaye Touré a rendu hommage (« sans la BL, c’est un match différent, je voulais lui dédier cette victoire »).

C’est donc dans une Beaujoire a moitié pleine (ou vide, donc) que le FC Nantes a réceptionné Toulouse, hier, avec l’espoir de renouer avec le succès. Un espoir pas si démesuré que cela, malgré la mauvaise série (quatre défaites et un nul). Déjà, le retour du duo Girotto-Pallois laissait supposer une solidité défensive retrouvée. Et puis en face, le Téfécé, bon dernier de la L1, affichait des statistiques plutôt rassurantes quand on se retrouve opposé aux joueurs de Kombouaré.

Pire défense de l’élite (y compris à l’extérieur) avec une moyenne de deux buts encaissés par match et aucun succès loin du Stadium depuis l’entame des hostilités, en août. Seule donnée qui sauve un peu l’honneur : Mathieu Dossevi est celui qui centre le plus dans notre championnat. Sauf que son coach lui a préféré Kouadio Koné dans son onze de départ, reléguant le frère de l’ex attaquant du FCN sur le banc pour ne le faire entrer qu’à un quart d’heure de la fin. Le technicien a peut-être senti que l’un de ses meilleurs éléments avait l’esprit encore pollué par le torrent de haine qui s’est écoulé sur lui de la part de supporters togolais sur les réseaux sociaux après la récente défaite des Eperviers face aux Comores…

Toujours est-il que ce choix s’est révélé catastrophique puisque son jeune remplaçant a été expulsé à la 23e minute, laissant ses partenaires réduits à dix pendant plus d’une heure à essayer d’éviter une neuvième défaite. En vain, contrairement au FC Nantes qui, lui, n’avait plus gagné depuis le 5 octobre et un succès contre Nice (1-0) ayant propulsé le club en deuxième position avec des étoiles plein les yeux. Mais voilà, depuis, hormis la démonstration en Coupe de la Ligue face à un Paris FC digne d’une DH (avec tout le respect que l’on doit à ce niveau !), la formation de Gourcuff était comme prisonnière d’une sorte de trou noir duquel elle n’arrivait plus à voir le jour, ce qui est le principe après tout.

Après le PSG, c’est l’autoroute vers la trêve

Il y a bien eu une petite éclaircie sur la pelouse de Brest (où seul le PSG s’était imposé cette saison), mais l’erreur grossière d’Alban Lafont dans le Finistère l’avait éclipsée. La lumière a donc été rallumée en ce premier dimanche de décembre, grâce à des buts de Touré (sur penalty) et de Blas (avec l’aide de la transversale), et malgré la réduction du score dans les (très longs) arrêts de jeu de Leya Iseka, également sur penalty.

Les Jaune et Vert ont ainsi retrouvé des couleurs et regagné deux places au classement pour repasser devant (Saint-Etienne) ou revenir à la hauteur (Bordeaux) d’équipes contre qui ils avaient perdu durant ce laborieux intervalle. Espérons maintenant que ce succès face à Toulouse constituera un nouveau départ, comme la saison dernière. En corrigeant le TFC, 4-0, le 20 octobre 2018, les partenaires de Sala (auteur d’un triplé ce jour-là) avaient mis fin à une série de quatre matchs sans victoire (dont trois défaites) pour enchaîner avec un cycle de quatre rencontres sans perdre en championnat (cinq avec la Coupe de la Ligue).

Ce sera sans doute difficile de faire aussi bien puisque c’est le PSG (qui n’a pas joué hier à Monaco en raison de la météo dans le Sud est) qui se dresse mercredi sur son chemin au Parc des Princes. Mais après ce passage dans la capitale, il restera au FCN à négocier trois ultimes rendez-vous en L1 avant la trêve face à des rivaux a priori à leur portée…

Charles Guyard, à Nantes

Bastien Aubert

Journaliste à But! depuis 2013