OL – ASSE (3-0) : le témoignage édifiant de Georges Bereta après son agression

Comme notre site le révélait hier matin, l’ancien joueur de Saint-Étienne Georges Bereta, qui assistait dimanche soir au derby entre l’OL et l’ASSE (3-0), a été agressé par quelques supporters lyonnais en quittant l’enceinte de Gerland dans son véhicule. Ce matin, dans les colonnes de L’Équipe, le légendaire gaucher raconte ce qu’il a vu.

« Je me trouvais avec Philippe Gastal, le conservateur du Musée des Verts, et une bénévole du club, qui a travaillé à la préfecture de la Loire pendant 30 ans. On s’est dépêchés de quitter le stade afin d’éviter la foule. Mais en partant au volant d’une voiture du club, j’ai tourné à droite au lieu de filer tout droit et je me suis retrouvé dans les embouteillages. Des gens, qui sortaient de la tribune, ont vu que j’étais immatriculé 42 et qu’il y avait un petit logo de l’ASSE sur le pare-brise. Il l’ont arraché pour coller celui de l’OL et ils se sont mis à mettre des coups de pied dans la voiture. (…) J’ai ouvert ma fenêtre et je leur ai dit : ‘Je suis Georges Bereta. J’ai disputé seize derbies et je n’ai jamais eu aucun problème. Vous allez trop loin.’ Des gars ont alors dit : ‘Laissez-le passer.’ Mais quand un groupe s’arrêtait de cogner contre la voiture, un autre arrivait de plus loin et recommençait. (…) Cela a duré une vingtaine de minutes, le temps qu’on appelle les CRS et qu’ils arrivent. Ça n’a pas été une rigolade. J’ai cru que j’étais cuit. Parce qu’entre-temps, ils ont cassé la vitre arrière et fêlé celle de devant. D’autres gars, plus virulents, ont ouvert la porte passager de Gastal. Heureusement qu’on a perdu ce derby. Si on avait gagné, ils auraient mis la voiture sur le toit. »

Bereta annonce également sa volonté de porter plainte et déplore la détérioration du climat entre les deux clubs, lui qui a connu le derby du temps où la rivalité n’empêchait pas une certaine complicité avec l’adversaire.

« Ce que je compte faire ? Porter plainte. On a loupé quelque chose dans le football. Avant, on traversait le stade après être allés s’échauffer sur l’annexe. J’ai gagné douze de mes seize derbies. Eh bien, jamais je n’ai été bousculé et encore moins agressé. Après, on allait boire un coup avec Fleury Di Nallo et Bernard Lacombe. Pourtant, on jouait dur. Mais on se respectait. »