PSG, OM, OL, ASSE, FC Nantes : après-Mediapro, l'appel d'offres a échoué, les scénarios possibles
Vincent Labrune (LFP)Credit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
DROITS TV

PSG, OM, OL, ASSE, FC Nantes : après-Mediapro, l'appel d'offres a échoué, les scénarios possibles

Faute de disposer d'un nouveau diffuseur pour ses droits TV de Ligue 1 et de Ligue 2, la LFP va décider dans les prochaines 48 heures de la marche à suivre.

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Dans un communiqué publié ce lundi soir, la LFP a confirmé le résultat infructueux de son appel d'offres pour les droits TV de Ligue 1 et de Ligue 2. Face à l'absence d'offre de Canal+, beIN Sports et du groupe Altice (RMC Sport), le comité de pilotage de la Ligue ne s'est retrouvé qu'avec des offres en dessous du prix de réserve.

Comme annoncé plus tôt, en plus de l'offre indépendante de Jean-Michel Roussier (Téléfoot) au nom de Mediapro, la LFP a reçu des propositions de trois groupes internationaux majeurs - Amazon, Discovery et DAZN – sans qu'aucun d'entre eux ne mette un prix permettant à la Ligue de sauver la face face à l'abandon du contrat à un milliard d'euros de Mediapro.

Trois pistes à étudier

« La LFP se laisse désormais 48 heures pour définir les prochaines étapes de la commercialisation de ses droits », peut-on lire dans le communiqué. Voici les divers scénarios envisageables :

1 – Le plus envisageable est une négociation « de gré à gré » avec les diffuseurs sans nouvel appel d'offres. Une offre proche du prix de réserve d'Amazon ou d'un autre diffuseur peut très bien être acceptée sur un ou plusieurs lots. En revanche, si la LFP décidait de modifier ses lots pour par exemple permettre à M6 ou TF1 de faire une offre pour un seul match (ce que Nicolas de Tavernost propose pour OM – PSG dimanche), elle s'exposerait à des poursuites d'autres diffuseurs. Une situation compliquée dû aux règles très strictes édictées par un appel d'offres sous contrôle d'huissiers.

2 – Il existe aussi l'option d'un second appel d'offres en remettant en jeu le fameux lot 3, propriété de beIN Sports mais cédé à Canal+ pour 330 M€. Une manière de remettre tout le monde sur un pied d'égalité. En position de force malgré la présence d'Amazon, DAZN et Discovery, la chaîne cryptée va pouvoir dicter ses conditions et réclamer une situation de monopole sur une longue durée contre le prix qui sauvera le foot français (aux alentours de 600 M€). Problème, cela prendrait du temps et mettrait des clubs, déjà à l'agonie financièrement, au bord de la cessation de paiement.

3 – L'ultime solution jusqu'au-boutiste serait pour la LFP de lancer sa propre chaîne de télévision et de garder ses lots. Un plan qui prendrait sans doute quelques semaines et imposerait une solution transitoire dont Téléfoot – prêt à diffuser gratuitement plus longtemps – ou les chaînes non payantes (TF1, M6, France Télévisions) pourraient profiter afin d'éviter l'écran noir sur 8 des 10 affiches par semaine. Sauf que sans rentrées d'argent liées aux droits TV, c'est aussi la mort assuré du foot français.

Dans tous les cas, si un éventuel accord est trouvé avec un autre candidat que Canal+ (qui n'a pas participé à l'appel d'offres), il existe un risque que celui-ci soit dénoncé par le tribunal de Commerce de Paris le 19 février prochain. Pour rappel, la chaîne cryptée a attaqué la Ligue en justice avec l'argument que son lot 3 soit aujourd'hui largement surévalué par rapport au prix de la Ligue 1, réclamant que l'option 2 soit appliqué avec un appel d'offres remis à zéro. C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle le média du groupe Bolloré ne s'est pas déplacé ce lundi.