PSG : le passé européen de l’Atalanta plaide pour les Parisiens

true

Adversaire du PSG en quarts de finale de la Champions League, l’Atalanta Bergame n’est pas une spécialiste des compétitions européennes.

Depuis hier, on n’entend plus qu’eux : les « spécialistes » jurent que l’Atalanta Bergame est un rival dangereux pour le PSG et que les Parisiens auraient grand tort de se croire d’ores et déjà qualifiés pour les demi-finales de la Champions League. Effectivement, la Dea réalise une nouvelle saison magnifique ; c’est vrai, le jeu qu’elle propose est spectaculaire ; et oui, enfin, elle aura rejoué entre la crise de la Covid-19 et le quart de finale de C1, contrairement aux hommes de Tuchel. Mais passés ces trois constats implacables, cet excès de prudence est totalement déplacé. Il ressemble à la réaction d’un enfant dont le rêve est sur le point de se réaliser mais qui refuse d’en croire ses yeux.

A lire aussi : Tous les articles sur le PSG

Un nain européen

Pour commencer, l’Atalanta Bergame est un nain européen. Les mauvaises langues diront que le PSG n’est pas un géant pour autant mais l’histoire le montre : le club de la capitale est en tout cas plus grand que son homologue lombard. L’Atalanta ne dispute que sa septième campagne continentale. Coincée dans un championnat hyper compétitif, où les trois premières places sont traditionnellement dévolues à la Juventus, à l’AC Milan et à l’Inter, où le Napoli, la Lazio et la Roma se battent pour les suivantes, il lui a longtemps été impossible de se qualifier ne serait-ce que pour la Coupe de l’UEFA. Sa première expérience fut une participation à la Coupe des Coupes en 1963-64. Trois matches contre le Sporting Portugal (2-0 ; 1-3 ; 1-3) et ce fut tout. Il lui fallut attendre ensuite 24 ans pour retrouver les fastes de l’Europe.

Lors de ses six premières participations européennes, elle a été éliminée par le Sporting, Malines, le Spartak Moscou, l’Inter Milan, le Borussia Dortmund et le FC Copenhague. Elle n’a encore jamais réalisé un seul exploit européen. Sortir Valence en 8es de finale cette saison n’en était pas vraiment un compte tenu de la crise profonde que traverse le club Ché.

Budget limité, forme en trompe l’œil

En plus de l’histoire, il y a le budget, tellement déterminant de nos jours : selon transfertmarkt, il s’élèverait à 266,5 M€. Deux fois moins que le PSG. Pas de quoi lui permettre de s’offrir des stars comme Kylian Mbappé ou Neymar qui font la différence lorsque les matches à très fort enjeu se profilent. Chez la Dea, au contraire, il y a fort à craindre que les éléments les plus en vue supporteront difficilement la pression d’un quart de finale de Champions League sur terrain neutre, eux qui ont l’habitude de jouer dans la quiétude du Gewiss Stadium (22.500 places).

Dernier élément d’importance : sa forme du moment. L’Atalanta reste sur neuf victoires consécutives avant le choc face à la Juventus ce soir. C’est un record pour elle mais attention : ses performances sont loin d’être abouties. Elle a été menée 2-0 par la Lazio avant de s’imposer 3-2. Et quand elle a battu le Napoli (2-0) le 2 juillet, ce sont les Azzurri qui ont dominé toute la première période et auraient mérité d’ouvrir le score. Ballottée, la Dea a survécu uniquement en raison du manque de réalisme d’Insigne, Mertens et compagnie. Face à Neymar ou Mbappé, ses largesses du moment ne pardonneront pas…

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001