ASSE : Ce que n’a toujours pas digéré Laurent Paganelli, 35 ans après

Les plus jeunes le connaissent en tant que journaliste terrain sur l’antenne de Canal Plus. Les plus anciens se souviennent de Laurent Paganelli, jeune joueur stéphanois, lancé dans le grand bain du foot pro à seulement 15 ans.

Au même titre que Laurent Roussey, il est à jamais associé à la formation stéphanoise. Celle qui a longtemps permis au club alors dirigé par Roger Rocher, et entraîné par Robert Herbin, de dominer le football français. Il y eut la génération 1976, synonyme d’épopée et de finale perdue de Coupe d’Europe des Clubs champions contre le Bayern Munich. Puis il y eut la génération Roussey-Paganelli, lancée dans la grand bain de la première division à la toute fin des années 70. Paganelli, qui demeure à jamais marqué par ses Vertes années, a pourtant eu d’innombrables regrets. Qu’il a longtemps partagés et qu’il s’est permis de rappeler dans un entretien accordé à So Foot.

Une dernière question adressée à Herbin

En cause, notamment, le Sphynx de la grande époque, alias Robert Herbin. A qui, visiblement, il était pour le moins compliqué d’exprimer ses doutes et ses attentes. « Parfois je rêve la nuit que je m’engueule avec Herbin. Enfin, ce n’est pas que je m’engueule, mais je ne comprends pas, je n’ai pas de réponse. Ce qui m’a fait le plus souffrir, c’est que je n’ai jamais eu de réponses d’Herbin sur cette période-là. Je n’ai jamais eu quelqu’un pour me dire : « Ce que tu vis est normal, logique, il faut faire ça, il faut comprendre ça. » Le jour où Herbin ne m’a plus fait jouer sans m’expliquer, que la presse m’a descendu, enfin ce n’est pas le mot, mais a dit que je n’étais pas bon. Le fait que je ne correspondais au football professionnel, je le comprends très bien. La chose qui m’a embêté, c’est de ne pas avoir de réponse. J’ai toujours rêvé qu’Herbin me téléphone et me dise : « On a manqué ça, on a raté ça. » Plus de 35 ans après sa première apparition sur une pelouse, face au PSG à l’été 1978, alors qu’il n’a pas encore 16 ans, Paganelli aimerait bien adresser une toute dernière question à Herbin : « Pourquoi à un moment tu m’as laissé tomber ? «  On ne parle pas de foot, mais de rapports humains. Il peut me répondre : « Pour savoir comment tu allais réagir dans le dur.  » Mais je pense que tu ne peux pas agir de cette façon avec tout le monde. Pourtant, si je n’avais pas eu autant d’amour pour Herbin, je ne demanderais pas cette réponse. C’est quelqu’un que j’admire. Mais peut-être qu’il n’a pas la réponse, peut-être qu’il ne s’est pas rendu compte. Peut-être que ce n’était pas le meilleur moment de sa vie non plus. Mais c’est vrai que ça m’a (il souffle)… je te jure, je suis passé d’un joueur qui avait des capacités, « de talent » , à un joueur quelconque, en l’espace de 90 minutes. « 

Au prochain match des Verts dans le chaudron de Geoffroy-Guichard, et si il est retransmis sur Canal Plus, Paga n’aura seulement que quelques mètres à faire afin de poser sa question. Robert Herbin est à chaque rencontre installé en tribune de presse.

L.T.

TÉLÉCHARGEZ VOTRE APPLICATION 100% SAINTÉ.

La version IOS (iPhone) est disponible sur l’App Store

La version Android (Samsung) est disponible sur Google Play