ASSE : Claude Puel aurait refusé les Verts l’été dernier !

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Dans les colonnes de « L’Equipe », Claude Puel est longuement revenu sur son intronisation à l’AS Saint-Etienne. Le Castrais a fait quelques confidences sur son projet.

Saint-Etienne, une prise de risque ?

« Si je suis carriériste, je ne viens pas, car il y a des choses à faire dont je ne vais pas pouvoir bénéficier à court terme pour « performer ». Ce qu’on peut mettre en place et développer pour atteindre le très haut niveau, tout en obtenant des résultats, m’intéresse. Le challenge est là. J’ai connu ça, à Lille (…) Il faut calibrer le projet aux dimensions du club, s’y tenir, et préparer l’avenir. »

Sur son côté bâtisseur rigoureux

« J’ai horreur de subir les choses. Je dois être l’acteur du devenir d’un club. D’en être l’initiateur. Sinon, ça ne va pas. Je suis libre dans ma tête. Jamais personne ne m’a mis de pression, ni imposé les choses. Les entraîneurs vont à l’essentiel : « performer » pendant la durée de leur contrat. Je ne suis pas comme ça. J’ai toujours voulu transmettre et laisser une trace aux clubs. Je me mets minable, dans des choix compliqués (…) Je me heurte à des gens en place. Mais non, personne n’a son pré carré. Car à un moment, cela a ses limites. »

Il aurait refusé l’ASSE l’été dernier

« Quand j’ai quitté Leicester (en février), dans ma tête, c’était pour repartir sur un projet à l’étranger. Je ciblais l’Angleterre ou l’Espagne. Ça a failli se faire en Espagne et j’ai refusé beaucoup de choses, en France et à l’étranger. Là, ça faisait des mois que j’étais tranquille, je m’étais ressourcé. J’étais prêt à accepter des projets comme celui de Saint-Étienne. Mais pas en juin. Pourquoi ? Parce que le club, l’équipe restaient sur une très bonne saison et, par rapport à ce que je ressentais de l’extérieur, les gens n’auraient pas été à l’écoute. Dans leur tête, après la quatrième place, il fallait terminer troisième. Je ne sentais pas la capacité de l’équipe à performer à ce point. Mon message n’aurait pas porté. »

Son remplacement de Ghislain Printant

« Il y a une certaine compréhension et solidarité entre entraîneurs. Si ce n’est pas moi qui viens, c’est un autre. Ça fait partie du métier. Par contre, j’essaie toujours de respecter les entraîneurs en place, ce qu’a été leur travail, parce que c’est un métier difficile, qu’on bosse tous et qu’on essaie d’apporter notre pierre à l’édifice. »

Sur la rumeur Monaco avant de signer

« Je n’ai pas envie de répondre. J’ai observé ça de loin. Monaco, ça a failli se faire deux fois dans le passé. Si, un jour, je peux boucler la boucle, pourquoi pas. Mais je ne suis pas en attente. »

Sa présence au directoire

« Avec Xavier (Thuilot), on peut initier des orientations. Mais si on demande des choses particulières ou financières, les présidents resteront, au final, les décisionnaires. Car ils demeurent les actionnaires du club. Il y a une volonté de se donner les moyens de faire quelque chose. »

La Ligue des Champions à Geoffroy-Guichard, un rêve ?

« Ce n’est pas parce que Saint-Étienne n’a pas le même argent que certains que c’est inenvisageable (…) Je ne sais pas si on va y arriver, mais il faut s’en donner les moyens (…) Chaque club doit suivre son modèle et le calibrer. Il faudra voir l’évolution financière par rapport aux dépenses engagées. Aujourd’hui, je n’ai pas de vision. Le budget initial (109 M€) n’est pas anodin. Si on est capables de le maintenir, je signe à deux mains. Mais j’en doute. »

Arnaud Carond

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008