ASSE : De la Ligue Europa aux portes de la L2, les dessous du fiasco stéphanois (2ème partie)

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4e de L1 la saison dernière, l’ASSE n’est qu’à 2 points du barragiste alors que la fin de saison s’approche. Retours aux origines du fiasco.

Puel secoue le cocotier, les jeunes au pouvoir

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Ce qui devait arriver arriva : comme redouté, l’ASSE réalise un début de saison catastrophique et Printant ne passe pas l’automne. Le duo présidentiel donne les clés du camion à Claude Puel, qui arrive avec « son » Directeur général, Xavier Thuilot. Les deux hommes intègrent le Directoire. Dès son premier match contre Lyon (1-0), Puel casse les codes en laissant certains cadres sur le banc. Il lance des jeunes (Abi, Fofana) et l’ASSE remonte de la 20e à la 4e place grâce à une série de 9 matches sans défaite.

Une série en trompe l’oeil

Les débuts de Puel sont prometteurs. Le Castrais a redistribué les cartes et remis tout le monde au travail. L’équipe enchaîne de bons résultats mais elle reste pourtant à la peine dans le jeu. Son parcours en Ligue Europa confirme ses difficultés, celles de ses recrues notamment, Bouanga et Youssouf étant les seuls nouveaux à s’imposer. La première défaite en L1 de l’ére Puel, à Rennes (1-2), le 30 novembre, marquera un tournant. Depuis, l’ASSE, redescendue de la 4e à la 16e place, réalise un parcours de relégable : elle a le plus mauvais bilan après celui de la lanterne rouge, Toulouse.

Des blessés, encore des blessés, toujours des blessés

En novembre, contre Montpellier (0-0), l’ASSE compte jusqu’à 11 joueurs blessés. L’hécatombe dure depuis le début de l’année, l’infirmerie ne désemplit pas. Il faut faire sans Bouanga, Saliba et Khazri, notamment, en décembre. Et alors que les blessés retrouvent le groupe à tour de rôle en janvier, Khazri et Hamouma rechutent. Nordin se blesse aussi. Et Youssouf est forfait jusqu’à la fin de la saison.

Un management qui déplait

Les dents grincent à L’Etrat. Puel est fidèle à sa réputation : exigeant avec ses joueurs, il leur demande beaucoup d’efforts et n’hésite pas à les bousculer, y compris les cadres. Ruffier et Khazri se font notamment remonter les bretelles. Puel insiste avec les jeunes, soucieux de les développer. Les cadres se sentent négligés. Ils reprochent au successeur de Printant son manque de communication, son manque de transparence dans ses choix, et un turn over que certains ont du mal à comprendre ou à accepter.

Beric poussé dehors, Kolo écarté, l’ambiance se tend encore

Le groupe ne vit pas bien certaines décisions de Puel, le départ de Beric notamment. Très apprécié des anciens du vestiaire (Perrin, Moulin, Hamouma), le Slovène est poussé vers la sortie. Kolo, lui, est montré du doigt après la victoire en Coupe de France au Paric FC (3-2), et écarté. Un autre cas qui divise le vestiaire. Un vestiaire qui fait bien moins front derrière Puel aujourd’hui que derrière Gasset il y a un an. Ce qui s’explique aussi par le fait que de nombreux joueurs savent pertinemment qu’ils n’entrent pas dans les plans, pour l’avenir, et que la porte leur sera grande ouverte en fin de saison. Elle l’était déjà dès cet hiver, pour certains.

Laurent HESS

Journaliste à But! depuis 2000