ASSE-Débat : Bonneau, bonne idée ou pas pour remplacer Wantier ?

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Notre débat de la semaine concerne les changements annoncés à l’ASSE au recrutement, où Gérard Bonneau est en pôle pour succéder à David Wantier.

Pour moi, c’est l’idée du siècle !

« De par mes fonctions entre Saint-Etienne et Lyon, j’ai beaucoup côtoyé Gérard Bonneau lorsqu’il était responsable du recrutement chez les jeunes. J’ai énormément échangé avec lui à cette époque-là même si ce n’était pas quelqu’un qui était très en lumière à Lyon. Il y a toujours eu chez moi une fascination pour la manière dont il recrutait. Sur son œil qui lui permettait de voir plus vite que tout le monde des potentiels comme ceux de la génération dorée 1991 qu’il avait façonné, comme Anthony Martial, Yassine Benzia, Nabil Fekir et tant d’autres.

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Gérard Bonneau, c’est le héritier de José Broissart et d’Alain Thiry, les deux hommes qui ont bâti sur leurs idées l’académie de l’OL, pépinière de talents offensifs. Parfois, je rigolais avec lui du fait qu’il ne parvenait pas à sortir de défenseurs centraux pour Lyon mais lui, son truc, c’était la vision du jeu, l’intelligence de jeu, la technique…

Bref, il ne s’intéressait qu’aux joueurs « bankables » et pas aux grands costauds. Quand son nom est sorti, je me suis immédiatement plongé dans mes archives, relire les nombreuses interviews dont je disposais de lui. En 2011, il pensait déjà le footballeur de 2020 avec la justesse qui est sienne.

Bonneau a relevé le Servette

Est-ce qu’un bon recruteur chez les jeunes (le meilleur français pour moi), fait forcément un bon responsable du recrutement ? Pas forcément mais la meilleure des réponses de Gérard Bonneau se trouve du côté du Servette FC. Le club où il a rebondi suite à son départ de l’OL en 2018 (un départ aussi invraisemblable que discret et honteux dans la manière). Quand il a pris le poste de directeur sportif à Genève, le Servette végétait en D2 suisse.

En l’espace d’un an et demi, il l’a ramené par ses recrutements judicieux à la 4e place de D1, aux portes de l’Europe et à seulement trois points du FC Bâle. Quand je regarde l’équipe qu’il a construite en peu de temps, je vois la « patte Bonneau » : Timothée Cognard, une sorte de Maxence Caqueret ramené de Lyon ou Varol Tasar, un milieu gaucher très technique (6 buts) déniché du côté d’Aarau. En Suisse, du côté des fans du Servette, une vraie levée de bouclier s’est montée sur les réseaux sociaux après l’annonce d’un intérêt de l’ASSE. Signe de l’image qu’il s’est forgé là-bas… »

Alexandre CORBOZ

Il faut du changement au recrutement, c’est évident

« Alexandre connait bien mieux Gérard Bonneau que moi. Personnellement, je constate que les dernières campagnes de recrutement, hormis celles de 2018 orchestrées par Jean-Louis Gasset, ont été des échecs retentissants. Et David Wantier étant le responsable du recrutement, il se retrouve logiquement en première ligne. L’ancien agent de Romain Hamouma était déjà montré du doigt à la fin de l’ère Galtier, par « Galette » lui-même, quand il était allé chercher Jorginho.

Wantier n’a pas eu que des flops, mais son bilan n’est pas bon

Wantier n’a pas eu que des flops. C’est lui qui était allé chercher Robert Beric, Kévin Malcuit ou encore Neal Maupay. Mais la liste des flops du club ces dernières saisons est longue, de quoi faire toute une équipe avec les Lacroix, Janko, Katranis, Silva, Diousse, Diony, Hernani, Saivet, Soderlund, Jorginho, etc… Certaines décisions ont été collégiales mais quand même. Wantier paye surtout les transferts de Diousse et Diony, qui ont coûté 12 M€ à eux deux, et le fait de ne pas avoir réussi à les « recaser » cet hiver, de même que Lacroix. A l’heure où Puel veut restructurer l‘ASSE, il n’y a rien de surprenant à ce qu’il repense la cellule de recrutement. Et Wantier, comme David Friio, ne devrait pas être le seul à payer la note, car la restructuration, c’est sûr, ne va pas se limiter qu’au recrutement. »

Laurent HESS

Laurent HESS

Journaliste à But! depuis 2000