ASSE – Exclu BUT ! : Mercato, nouvel investisseur, objectifs… Bernard Caiazzo fixe le cap

Dans un entretien exclusif acordé à But Saint-Etienne, le président du conseil de surveillance estime que le développement du centre de formation est la clé de la réussite de l’ASSE pour les saisons à venir. Il cite l’Ajax Amsterdam en exemple.

But : Bernard, en tant que président du conseil de surveillance et actionnaire principal, comment jugez-vous l’ASSE d’aujourd’hui ?

Bernard CAIAZZO : J’aime bien reprendre cette expression : « Quand je me regarde je m inquiète mais quand je me compare je me rassure ». Tous, nous les premiers, nous voulons toujours  plus et on aimerait tellement voir l’ASSE un jour disputer la Ligue des champions. Mais sincèrement je suis fier de ce que fait le club, et pas seulement depuis 18 mois. Parfois par ignorance j’entends des critiques alors que le  bilan sportif et financier depuis neuf saisons est très bon comme les chiffres le prouvent : Top 5 sportif de Ligue 1, Top 1 en image, avec des résultats financiers jamais déficitaires Quel club avec le 8e ou 9e budget fait mieux sur 9 saisons cumulées ? En toute modestie les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Jean-Louis Gasset a beaucoup apporté…

Bien sûr. Galtier puis Gasset ont fait un excellent travail avec une loyauté exemplaire vis à vis de l’Institution. Ce sont des hommes des vrais, pas des profiteurs.

Vous pensez que Ghislain Printant sera de la même veine ?

Absolument. Ghislain Printant possède les mêmes valeurs que Christophe Galtier et Jean-Louis Gasset, si bien que nous sommes en confiance avec lui. C’est le choix de la continuité. Le club a progressé cette saison à tous les niveaux. Pour rester sur sa dynamique, le choix de nommer Ghislain était naturel et juste.

Certains médias ont avancé que vous aviez rencontré d’autres entraîneurs…

C’est faux. Nous avons d’ailleurs publié un démenti sur le site officiel. On n’a jamais sollicité qui que ce soit. On l’aurait fait si Ghislain avait refusé mais dans mon esprit comme celui de Roland, le successeur de Jean-Louis, ce devait être lui. C’était notre priorité. On voulait rester dans la continuité. On se serait tournés vers quelqu’un d’autre si on avait été en fin de cycle. Le vœux de Jean-Louis était de voir Ghislain prendre le relais. Venant d’un homme qui nous a fait passer de la 16e à la 4e place en 18 mois, pourquoi ne lui aurait-on pas fait confiance ?

Quel est le potentiel de progression de l’ASSE ?

Roland et moi sommes très exigeants. Nous n’étions pas contents des résultats de la formation il y a quelques années et nous sommes aujourd’hui parmi les meilleurs en France. Sur la saison dernière, il y a eu une très belle victoire en Gambardella, méritée. Mais nous devons encore progressé dans deux domaines importants. Je pense à l’achat et la vente de joueurs même s il y a un mieux. Nous restons en dessous de nos concurrents comme nos supporters nous le font remarquer avec juste raison en pointant du doigt notre difficulté  à découvrir de nouveaux talents avec des jeunes joueurs recrutés à l’extérieur. Cependant je suis optimiste car je pense qu’ à l’image de ce qui s est passé avec les jeunes, nous allons faire un bond en avant dans ce domaine aussi. Les choix de recrutements qui ont été faits lors de ce Mercato me paraissent très judicieux et cohérents comme je l’ai dit à David Wantier. Egalement nous devons aussi progresser au niveau du développement marketing et commercial, mais on commence à ressentir une amélioration à ce niveau aussi. Frédéric Paquet qui a la charge de cette mission en plus de la Direction Générale de Gestion fait avec ses équipes de gros efforts dans ce domaine où nous avons un beau potentiel. De jeunes talents vont venir de plus en plus améliorer nos services.

« Roland et moi ne prendrons pas le risque de nous associer à un partenaire qui ne soit pas dans l’aventure humaine sportive voulue par tous ceux qui aiment les Verts. Nous n’avons aucune urgence et nous saurons faire le bon choix même si nous devons attendre plusieurs mois. »

Le budget va être revu à la hausse ?

Oui. Il progresse saison après saison. L ASSE a toujours mis tous les moyens possibles au niveau sportif et même on peut dire tous ses moyens. A l’époque de Christophe Galtier, le budget était  de 75 millions. Il est passé à 84 puis à 88 millions avec Jean-Louis Gasset ce qui a permis d’obtenir de meilleurs résultats. Et il va passer cette saison à 95 millions ce qui est un nouveau record historique pour l’ASSE. Si on arrive à mettre le trading joueurs et le développement commercial comme je le crois au niveau supérieur sur 2020-21 nous pouvons nous situer à 105 millions. C’est énorme pour l’ASSE.

Peut-on à ce niveau budgétaire envisager d’accrocher la Ligue des champions ?

Je pense que oui sous certaines conditions. Si les jeunes continuent de progresser et jouent plus en Ligue 1 ils seront prêts pour la C1. Car pour jouer la C1 un club comme l’ASSE n’a pas les moyens de payer 20 joueurs a très gros salaires. La seule solution est d’avoir dans l’effectif un tiers au moins de jeunes comme Saliba, Fofana ou Nordin. Les jeunes sont vraiment au cœur du projet. Ils ont le potentiel, la qualité, et s’ils ajoutent le travail et l’ambition, ils pourront prétendre au plus haut niveau. C’est juste une question de volonté et de force intérieure pour chacun. Quand on voit ce que fait un club comme l’Ajax, on ne peut qu’être admiratif.

C’est l’exemple à suivre ?

C’est un bel exemple, c’est sûr. Dans notre stratégie de club, il n’y a pas 36 solutions. Sauf à avoir des moyens colossaux, notre avenir passe par un fort développement de la formation. Ce doit devenir une marque de fabrique pour les Verts comme dans les années 70.

La vente de William Saliba est-elle programmée ?

Non. Nos comptes sont à l’équilibre. Il n’est donc pas vital de le vendre. On sait qu’il y a des sollicitations et que son avenir passe sans doute par un départ vers un des Top club européens. Mais il n’y a pas d’urgence.

Il sera toujours stéphanois en 2019-20 ?

Oui. C’est une condition impérative, si on venait à trouver un accord pour son transfert. On a clairement défini les conditions. C’est aussi le souhait de William. Il a envie de porter le maillot vert cette saison, de jouer la Ligue Europa. Et c’est son intérêt de continuer de s’aguerrir avant de partir. Il sera là pour la saison, oui.

Où en est-on de l’arrivée d’un investisseur étranger ?

Nous sommes prudents et souhaitons un partenaire qui vienne pour 30 pour cent dans un premier temps. Vis à vis des Institutions et des supporters il s’agit de ne pas faire d’erreurs avec des partenaires qui ne seraient pas en phase avec nos valeurs. A l’ASSE, l’humain passe avant l’argent. Roland et moi ne prendrons pas le risque de nous associer à un partenaire qui ne soit pas dans l’aventure humaine sportive voulue par tous ceux qui aiment les Verts. Nous n’avons aucune urgence et nous saurons faire le bon choix même si nous devons attendre plusieurs mois. Nous ne sommes pas demandeurs car nos finances sont saines. C’est bien plus important que tout.

L’intégralité de l’interview est à retrouver dans But Saint-Etienne

LH