par julien.perez

ASSE : faut-il laisser les clés du jeu des Verts à Tannane ?

Recruté au mercato hivernal par l’ASSE, le milieu offensif Oussama Tannane a du feu dans les jambes.

Recruté au mercato hivernal par l’ASSE, le milieu offensif Oussama Tannane a du feu dans les jambes. Faut-il pour autant lui laisser les clés du camion ? C’est notre débat de la semaine dans But! Saint-Étienne.

« Oui, c’est l’assurance de faire sauter la première ligne adverse »

« Plusieurs années durant, je me suis demandé pour quelle raison l’ASSE évoluait sans véritable numéro 10. Il y eut, lors du retour de Robert Herbin à la fin des années 80, un certain Mustapha El-Haddaoui. Une saison et puis s’en va. Ensuite, et par la seule force son talent, Lubomir Moravcik parvenait de temps à autre à prendre le jeu à son compte, même s’il avait parfois tendance à se positionner sur l’aile. Avec Christophe Galtier, pas un joueur n’a été missionné pour être le dépositaire du jeu. Renaud Cohade ? Son activité défensive, évidente, l’empêche d’avoir la lucidité nécessaire pour distiller d’excellents ballons. Si le football moderne exige un repli de tous les instants et que Galtier demande beaucoup à ses troupes, il faudrait, à mon sens, un milieu de terrain exclusivement destiné à une tâche offensive. Joueur de ballon, capable, avec ses deux pieds, de trouver les décalages et d’orienter le jeu.

J’ai longtemps cru que Valentin Eysseric pouvait remplir la fonction. Je me suis trompé. Or, lorsque je vois Oussama Tannane, il me paraît clair que l’ancien d’Heracles a les capacités. Tannane est vif, adroit, lève la tête et, surtout, est en mesure d’éliminer en un contre un. Ce qui, à l’heure actuelle, n’est pas du luxe. Depuis plusieurs saisons, la richesse des Verts a été de pouvoir s’appuyer sur des milieux de terrain et des ailiers rapides, servis dans la profondeur. C’est (beaucoup) moins le cas cette saison, l’ASSE ne se procurant par le même nombre d’occasions. Oussama Tannane, en numéro 10, c’est l’assurance de faire sauter la première ligne adverse. La possibilité, également, de créer le surnombre au travers de ses coups d’œil.

Evident ? Certainement pas. Mais à l’heure où notre équipe se doit impérativement de prendre des points et de marquer des buts afin de rejoindre l’Europe la saison prochaine, pourquoi ne pas essayer ? Autant être honnête, je doute fortement que Galtier adhère au propos. Il a trop confiance dans son trio Lemoine-Cohade-Clément. Mais je reste persuadé que ce pourrait être une solution. Une bonne solution. Et je suis également persuadé qu’avec Tannane en véritable numéro 10, nous n’aurions pas attendu la 75e minute pour trouver la faille contre la lanterne rouge troyenne.”

Benjamin DANET

« Non, j’aime assez son utilisation sur un côté »

« Quand on a la chance d’avoir un bon gaucher offensif, il est toujours préférable de l’utiliser dans un couloir. Surtout quand, dans le cœur du jeu, vous avez déjà deux éléments pour tenir le poste de meneur (Valentin Eysseric, Benjamin Corgnet) et que votre équipe joue sans n°10 comme c’est le cas actuellement dans le 4-3-3 mis en place par Christophe Galtier. Certes, le Marocain est clairement le joueur d’élimination et d’étincelle dont l’attaque a besoin mais ce n’est, à mon sens, pas une tare de le faire jouer sur un côté. Si les coaches de Tannane l’ont toujours fait jouer sur un côté à Heerenveen, Heracles, Saint-Etienne et maintenant avec la sélection du Maroc, c’est qu’il y a une raison. Même si on sent le natif de Tétouan un peu bridé par la ligne de touche et les exigences de son coach qui lui demande de faire le travail sur le plan défensif, j’aime assez son utilisation en “faux pied” et ses permutations à gauche. Pour moi, c’est un peu la même problématique que lorsqu’on suggérait à Romain Hamouma de revenir dans un rôle plus axial : serré de plus près, face à un secteur plus dense que le couloir, le “puncheur” Tannane aurait, à mon sens, plus de mal à prendre de la vitesse et à éliminer. »

Alexandre CORBOZ

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