ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Ghislain Printant, c’est le patron »

ASSE : Printant a la poisse, une équipe entière sur le flanc à Angers

Ancien responsable des sports au Progrès, Didier Bigard donne son point de vue sur la nomination de Ghislain Printant à la tête de l’ASSE et sur le Mercato des Verts.

« Est-il l’homme de la situation ? On ne le saura peut-être qu’au printemps, sans jeu de mots. Plus tôt, ce serait signe de fiasco, comme avec Alain Perrin, Oscar Garcia ou Laurent Roussey. Ou qu’il y a eu un manque de patience. Aujourd’hui, c’est plutôt le mot confiance qui doit êtremis en avant avec des décisions assez fortes pour asseoir l’autorité de l’adjoint devenu coach. Cela avait marché avec Christophe Galtier, cela a fonctionné cette saison à Rennes avec Julien Stéphan (qui était entraîneur de la réserve), deux exemples dont on peut tirer les leçons. Le premier a toujours eu les mains libres pour recruter ses adjoints, le second a demandé des garanties avant de prolonger son aventure à la tête de l’équipe bretonne. Il ne peut en être autrement pour construire un staff cohérent et solidaire. On imagine que Jean-Louis Gasset a donné ce conseil à l’ami qui prend sa suite. Lui a bossé au côté de Laurent Blanc, sans souffrir de son ombre, sans jamais non plus chercher à briller malgré un rôle essentiel à Bordeaux ou avec l’équipe de France. Et à Saint-Etienne, c’est un compère fidèle qu’il a choisi pour l’épauler, devant Julien Sablé, non pas par défiance envers ce dernier, mais par confiance envers l’ex-Bastiais.

La donne changée, les hommes ont appris à se connaître et l’intérimaire de décembre 2017 a montré en un an et demi qu’il était aussi loyal que fidèle à ses couleurs. Il n’empêche que Printant peut souhaiter un autre adjoint plus expérimenté. C’est lui, le patron, « le décideur numéro un » assène Bernard Caïazzo « on ne va pas commencer à choisir pour lui ».

David Wantier pourrait être amené à faire ses preuves

C’est le même raisonnement qui peut amener David Wantier à grimper une marche. Chargé du recrutement, il aura l’occasion de montrer qu’il est un prétendant crédible à un poste de directeur sportif. Il s’entendait bien avec Jean-Louis Gasset qui a mis en avant son rôle dans les transferts, et Ghislain Printant lui fait confiance. Dominique Rocheteau, relais entre sportif et actionnaires apportait de la sérénité à l’extérieur comme à l’intérieur. Sans avoir cette image, David Wantier a un côté rassurant pour le nouveau coach. Il aura juste à faire ses preuves cet été. Il lui faudra placer Diony, Jorginho, Lacroix, Diousse, Tannane, des hommes arrivés sous sa régence.

« Il n’y a pas urgence » a répété Bernard Caïazzo au sujet de ce poste de directeur sportif qu’il voudrait voir confier à un homme d’expérience capable de réaliser ce qu’a fait Olivier Pickeu à Angers ou Bruno Carrotti à Montpellier. Sans pour autant laisser les clés à un binôme trop puissant avec Frédéric Paquet, leçon du passage de Damien Comolli et Vincent Tong Cuong. Sans non plus faire peser une menace sur l’entraîneur en prenant un ancien homme de terrain… Question de confiance là aussi.

Toujours pas question de laisser partir Saliba

On en oublierait presque l’essentiel, le recrutement, mais c’est peut-être parce qu’il ne faut pas trop rêver. Si un effort sera fait pour dénicher un grand milieu de terrain et remplacer Selnaes six mois après, il n’y aura pas de folie. Les dirigeants estiment que la marge de progression de l’équipe existe, « jamais Rémi Cabella et Wahbi Khazri n’ont opéré à leur meilleur niveau au même moment de la saison ».

Sans doute espèrent-ils aussi l’éclosion de jeunes dans la foulée de William Saliba qu’il est toujours hors de question de laisser partir cette année, même en cas de transaction (il serait alors prêté à l’ASSE). Ce serait rassurant pour le joueur qui risquerait de se brûler les ailes en partant trop tôt, et pour le club qui démontrerait sa force en résistant aux sirènes.

Facile penseront ceux qui se sont penchés sur les droits télés et les 40m€ que va percevoir Saint-Etienne après sa quatrième place. Erreur dit-on à l’Etrat. Si cette manne est supérieure à celle budgétisée, elle se traduit par une opération blanche après distribution des primes. Paradoxalement, c’est avec la cinquième place que le club aurait été bénéficiaire sur l’exercice ! Mais personne ne va pleurer. L’Europe est là. On espère qu’elle le sera encore au printemps. La parole est au nouveau coach. »

Didier BIGARD