ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Il y aura des perdants »

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Didier Bigard revient cette semaine sur les récentes déclarations de Claude Puel, la politique qu’il souhaite mettre en place à l’ASSE et les conséquences de la crise sanitaire et économique, pour les Verts…

« Nous aurions pu évoquer ici la Coupe de France. Mais puisque Claude Puel a employé les mêmes mots que ceux qui avaient fait un titre de cette rubrique « le cœur et la raison », il n’y a pas débat. Si elle est bien programmée, les Verts joueront la finale, avec ou sans public. Noël Le Graet avait d’ailleurs déjà été rassuré par les dirigeants stéphanois. Si on comprend Roland Romeyer et les ultras quand ils luttent contre le huis-clos, on ne peut pas imaginer les joueurs passer à côté d’une possible consécration après avoir sorti Monaco et Rennes. Ou alors il ne faut plus faire de sport de compétition. On ne peut pas non plus ignorer la chance européenne qui se présente. Et qu’on ne parle pas d’opération transparente sur le plan financier sous prétexte que les recettes de la finale seraient absorbées par les primes accordées aux joueurs. Il y a quand même le prestige et derrière lui une image redorée ou plutôt actualisée après quarante ans d’attente. En cette période, ce n’est pas négligeable pour les commerciaux qui vont aller à la pêche aux contrats.

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Ni galéjade ni babiélage

Sur la même thématique « Jouer ou non », nous aurions pu disserter sur ce championnat qui s’est terminé en queue de poisson ou de virus. Si le sujet a déjà été abordé ici, les dirigeants du football français ont joué les prolongations avec une imagination débordante. Nous avions plaisanté sur une première proposition de Jean-Michel Aulas en écrivant que s’il prônait pour une saison blanche, ce n’était pas du tout parce qu’il songeait aux intérêts de l’Olympique lyonnais, mais qu’il voyait là un bon moyen de sauver l’ASSE. Le dernier épisode du feuilleton confirme qu’il aide les petits puisqu’il veut qu’Amiens et Toulouse restent en Ligue 1… Plus sérieusement, on se dit que le président lyonnais redoute les retombées de cette crise qui semble d’abord économique pour certains. Il y a le classement, la porte européenne fermée mais aussi l’exploitation du stade, les manifestations qui doivent le rendre rentable et le développement de toute la zone qui l’entoure. Tout risque d’être freiné et le contexte renforce la réflexion de ceux qui, comme Frédéric Paquet, doutent de l’intérêt d’être  propriétaire de son stade.

 

Ce n’est pas pour autant que son successeur a moins de soucis. Et nous ne parlons pas seulement de sa difficulté à se faire toute sa place dans un organigramme que la passion de Roland Romeyer embrouille, ce qu’ont traduit les interviews accordées au Progrès ou à l’Equipe par Xavier Thuilot et Claude Puel. A défaut d’être éclairé sur la fluidité des rapports entre les uns et les autres, au moins a-t-on été rassuré par la volonté du club de communiquer. Dans un club populaire, c’est nécessaire pour garder un lien direct avec le public. A condition de parler vrai et pas comme les dirigeants marseillais quand ils mettent en pointillés l’avenir de Villas- Boas. A l’ASSE on a évité la galéjade et tout babiélage.

Tout le monde pense gagner de l’argent avec le trading

Cela nous permet d’entrevoir plus précisément la politique future du club qui est aussi celle qui a fait sa force dans le passé, la formation à laquelle on ajoute maintenant le recrutement de jeunes en devenir. Après l’explosion du budget, sur la lancée de l’opération sauvetage de Jean-Louis Gasset, Puel est conscient de la situation. « L’ancien mode de fonctionnement ne pouvait plus durer. Le club s’est beaucoup endetté, a fait des efforts financiers hors normes. On n’a plus la manne financière des exercices précédents ».

La nouvelle donne n’est pas pour lui déplaire, il aime bâtir. Mais s’il a les pleins pouvoirs, il a aussi des objectifs,  sportifs : « Il faut retrouver une cohérence tout en essayant de conserver toute l’ambition du club », et financiers avec la valorisation de l’effectif. Problème, le trading, c’est comme le Mercato pour lequel Pierre Garonnaire avait cette formule : « Tous imaginent se renforcer, donc certains s’affaiblissent ». Désormais, tout le monde pense gagner de l’argent. Mais il y aura des perdants. »

Didier BIGARD