ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Les  problèmes dépassent le cadre du terrain »

Selon Didier Bigard, ancien responsable des sports au Progrès, le début de saison poussif de l’ASSE provoque des remous au sein du club.

« On se pose des questions sur les résultats de l’équipe, mais aussi sur le climat pesant qui règne autour de Ghislain Printant, sur un jeu de pouvoir dangereux. « Parce que c’était un match important », Roland Romeyer avait annoncé vouloir parler aux joueurs avant Toulouse. Il espérait clouer le bec aux observateurs qui avaient relevé – très justement – que l’ASSE réalise son plus mauvais départ depuis dix ans. « Si on gagne dimanche on comptera plus de points que la saison dernière après cinq journées et avec trois déplacements », argumentait-il en maniant le conditionnel. Raté parce qu’après Brest (1-1), les Stéphanois ont concédé un nouveau nul à domicile et qu’ils pointent à la quinzième place à la veille de leur première rencontre de Ligue Europa. Sans qu’on puisse incriminer le calendrier, il est vrai doublement aberrant puisque l’equipe n’a joué qu’une fois à Geoffroy-Guichard cet été alors qu’on sait que de nombreux supporters des Verts profitent des vacances pour s’y rendre.

Printant mis sous pression

L’ordinateur de la Ligue a bafouillé même si des paramètres avaient été suggérés par Bernard Caïazzo, à savoir rencontrer des équipes du haut de tableau, style Lille et Marseille. Mauvais calcul. Mauvaise tactique aussi que la mise sous pression de Ghislain Printant par médias interposés avec tour à tour des remarques qu’il aurait formulées sur la jeunesse de son staff puis des fuites sur les états d’âme de joueurs relégués sur le banc, une façon de mettre en cause ses choix. Qui en est à l’origine?

Bernard Caïazzo, cible du kop

En pointant Bernard Caïazzo sur une banderole le kop nord manifeste sa défiance envers celui dont Roland Romeyer avait laissé entendre qu’il « parle trop ». Mais à  quoi jouent les « deux frères »? Une bannière peut-elle être déployée sur la largeur d’une tribune sans que le club en ait connaissance? Idem pour celle affichée à l’extérieur d’une stade proclamant avec humour « il ne manquait plus que le départ de BC pour faire un bon mercato ». On ne sait pas si le retrait du président du Conseil de surveillance serait bénéfique, mais au moins celui du Directoire doit-il être flatté de voir qu’on qualifie de « bon » son marché d’été. Malgré l’absence du buteur recherché depuis plusieurs saisons! Son service com n’aurait pas été plus efficace. On ne doute pas que les deux présidents sauront vite afficher leur unité pour faire taire toutes ses supputations et il le vaudrait mieux parce que pendant ce temps, les tribunes ne se remplissent pas voire restent fermées comme les Snella, Paret et Henri-Point supérieures dimanche (24000 spectateurs seulement). Il le vaudrait mieux parce que l’équipe a plus besoin de soutien que de débats et qu’il y a suffisamment de problèmes à régler sur le terrain.

Boudebouz inexistant

Ghislain Printant a la pression et n’a ni la bouteille d’un Jean-Louis Gasset, ni la gouaille d’un Christophe Galtier pour y résister. Il n’a pas caché son inquiétude, devra resserrer les rangs au sens propre et figuré. Son dispositif a laissé trop d’espaces avec des défenseurs à 25 mètres les uns des autres, un milieu sans meneur, Boudebouz, (peut-être blessé par Vainqueur) étant inexistant.  Bien sûr, il y a eu deux buts plus deux refusés et un penalty incroyablement oublié, mais coller Bouanga sur la ligne de touche et garder Khazri en pointe est-il le meilleur choix?  La réponse viendra des intéressés, de Cabaye sans doute sur ce qu’on a entrevu, de M’Vila aussi, qui avait fait campagne pour Printant comme beaucoup d’autres. Il est temps de montrer que c’était une bonne idée. »

 

Didier BIGARD