ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Ouf, les clubs étrangers vont pouvoir acheter… »

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Spécialiste de l’ASSE, Didier Bigard estime que la reprise des championnats étrangers est une bonne nouvelle pour les finances des clubs français, celle des Verts en particulier.

« Vous voulez savoir dans quel sens souffle le vent ? Rien de plus simple, prêtez l’oreille à quelques dirigeants du football français. Nous écrivons bien « quelques » parce qu’on ne voudrait surtout pas faire une généralité qui déboucherait sur un dégagisme populiste. Dans le sport comme dans la politique l’exception ne fait pas la règle. Problème, dans tous ces secteurs (la presse aussi) ceux qui s’expriment le plus brouillent parfois le message quand ils ne s’embrouillent pas eux mêmes. Pas facile de prendre du recul, d´entendre son libre arbitre quand le dernier qui parle… parle fort.

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A Lyon, Aulas n’a qu’un but

Comme tous ceux qui aiment le ballon quand il roule, pas seulement quand il les fait vivre, nous aimerions parler des choix tactiques de Claude Puel, de politique de formation, de Mercato. On aurait évoqué les départs acquis ou espérés de Lacroix, Aholou, Diousse, Diony, Moukoudi, Palencia, Trauco, Ruffier; les arrivées concrétisées ou souhaitées de Krasso,  Aouchiche, du

souhait de Perrin de faire une saison de plus, pas de trop. Mais voilà… Les présidents ne lâchent rien, pas un pouce du terrain qu’ils occupent depuis plus de deux mois avec pour certains un plaisir un peu cabotin. On suggère à la Ligue de commander une étude pour établir le palmarès des intervenants. Pas des interventions car on ne voudrait pas à ce petit jeu des contradictions mettre ces sommités sorties du confinement dans l’embarras.

Nous apercevons déjà des Stéphanois se lever et montrer d’un doigt pointé sur Givors et la frontière, le patron de l’OL. Facile car il est le plus actif, le plus inventif, celui qui propose le plus de solutions, pas vraiment défavorables à son club. Ce n’est pas nouveau, même s’il ne se contente plus d’interpeller la Ministre via Twitter. Il lui écrit désormais et arrose les sénateurs de ses suppliques. Il est dans son rôle et si sa tactique est changeante, elle a toujours le même but : l’Europe qui a échappé à ses joueurs sur le terrain.

On oublierait que Caiazzo préside l’ASSE

Bernard Caïazzo est aussi dans son rôle, avec son costume de fondateur et président de Première Ligue qui lui ouvre bien des colonnes et des micros. Lui ne joue pas perso, se place au dessus de la mêlée, au point qu’on oublierait qu’il est actionnaire de l’ASSE et président de son Conseil de surveillance. Est-ce mieux? Son discours, en tout cas, est aussi changeant que celui de son voisin et on a eu du mal à suivre son cap, à la lecture de sa dernière interview sur Eurosport « Nous pensions que tous les championnats allaient suivre mais en voyant que tout reprend, j’avoue que les clubs français l’ont de plus en plus mauvaise… Le gouvernement nous a tiré une balle dans le pied. On se demande aujourd’hui pourquoi on nous a demandé d’arrêter notre championnat ».

Pourtant, le 6 mai, il semblait savoir quand, dans Le Progres, il répondait « ne pas comprendre les présidents qui disent que la décision d’arrêter la saison de Ligue 1 a été prise trop tôt. Ce n’est pas le football qui doit commander, c’est la santé. À un moment donné, le gouvernement, qui a une responsabilité sanitaire, te dit qu’il faut arrêter le championnat. Nous n’avions pas le choix. D’ailleurs 95 % des clubs ont voté pour. Aucun match de football ne vaut la peine de subir un mort».

Le sens du vent a changé

Qu’y a-t-il de changé ? Le sens du vent qui vient d’Allemagne, d’Espagne, d’Angleterre et d’Italie d’où, on nous dit, que le Covid a gagné Lyon, en même temps que la Juventus s’y inclinait. « Fallait-il jouer ce match » s’interrogent les mêmes qui prônent la reprise? En fait rien n’a changé, on n’a aucune certitude, et rien ne changera. Les clubs français vendront pour équilibrer leurs comptes comme implicitement annoncé par Bernard Caiazzo sur le site de France Inter, le 15 mai « Notre souhait, c’est que nos voisins continuent leur championnat. Sinon, ils se retrouveraient dans une situation économique extrêmement difficile, et cela aurait des répercussions sur le Mercato. Comme nous sommes plutôt des vendeurs, et les Anglais, Italiens, Allemands et Espagnols des acheteurs de nos joueurs, on en subirait des conséquences fortes qui se chiffreraient par des centaines de millions d’euros de moins-values»… »

Didier BIGARD