ASSE – le rendez-vous de Didier Bigard : « Pas facile d’entrer dans la famille »

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ASSE : Roland Romeyer s'inquiète pour l’avenir du club

Ancien responsable des sports au Progrès, Didier Bigard évoque le départ de Frédéric Paquet, le directeur général de l’ASSE… qu’il oppose à la longévité du tandem Caiazzo-Romeyer.

« Lorsque Frédéric Paquet, aujourd’hui sur le départ, avait pris ses fonctions en janvier 2018, Roland Romeyer, tout sourire, l’avait présenté comme un fils adoptif, et pas seulement parce qu’il a le même prénom que le sien, le vrai. Mais même quand on choisit sa famille, l’entente n’y règne pas toujours. En tout cas, ce n’est pas une garantie. Le président du Directoire et celui qui dit être son frère, Bernard Caïazzo, peuvent en témoigner. Le couple qu’ils forment n’en finit pas de traverser des turbulences, si on en croit les petites piques qui prêtent à interprétation. Mais ils tiennent bon.Tellement qu’ils sont devenus un gage de stabilité, défiant les pronostics et les commentaires. Ils sont même en train de battre un record de longévité. Plus de 15 ans pour le président du Conseil de surveillance, à peine moins pour celui qui est l’opérationnel du duo et peut se vanter d’avoir été avant cela dirigeant de la réserve et sponsor sauveur du club. Seul Roger Rocher a tenu plus longtemps  (21 ans) et même Pierre Guichard a fait moins (14 ans) tout comme André Laurent (10 ans)…

« Les présidents restent, les autres passent »

C’est là tout le paradoxe de l’ASSE citée si souvent en contre-exemple pour sa direction bicéphale et guettée pour ses soubresauts qui cependant ne font s’effondrer que les cloisons des étages du dessous. Un coup, c’est le vestiaire de l’entraîneur qui tremble avec une liste déjà bien fournie de locataires, Antonetti, Baup, Hasek, Roussey, Perrin, Galtier, Garcia, Roussey, Gasset et Printant. Une autre fois, c’est le bureau du directeur, qu’il soit sportif ou général qui est vidé avec parmi les occupants successifs Villanova, Comolli, Da Fonseca ou Tong Cuong, Tessier, Saez et maintenant Paquet.

L’histoire était-elle écrite? Disons que l’épilogue se dessinait depuis des mois. Un premier couac s’est produit lors de l’annonce de l’arrivée éventuelle des Américains de Peaks 6. Frédéric Paquet n’aurait pas alors vraiment appuyé le maintien à son poste de Jean-Louis Gasset que les deux actionnaires du club voulaient au contraire imposer dans le deal avec le nouvel investisseur. Il lui a été aussi reprocher de promouvoir la responsable de la billetterie, secteur pourtant pas assez performant aux yeux de beaucoup dans la club.

« Le retour aux affaires de Romeyer lui a été fatal »

De même l’arrivée de Jean-Michel Vandamme, ancien du LOSC, a été mal interprétée. Enfin, on avait compris à travers des critiques sur les recettes et la politique commerciale qu’il ne répondait plus aux attentes alors que les deux actionnaires l’avaient annoncé comme «le meilleur choix parmi les nombreuses candidatures étudiées». Ils étaient alors pleins d’espoirs : « Frédéric Paquet a une excellente connaissance du football professionnel, une grande expérience dans la gestion d’un club et une vraie culture internationale. Nous sommes convaincus qu’il saura impulser le nouvel élan dont l’AS Saint-Etienne a besoin pour continuer à progresser dans la durée.»

Roland Romeyer avait alors décidé de ne plus assurer la direction exécutive, avant de revenir aux affaires ces derniers mois, traduction d’un dysfonctionnement ou au contraire accélérateur de celui-ci? Frédéric Paquet n’a pas fait l’unanimité, c’est une évidence. À Lille déjà, il ne mettait pas tout le monde d’accord ainsi que l’avait relevé 20 minutes. Alors que Vandamme affirmait « Quand on ne le connaît pas, on retient son allure stricte et rigoureuse, mais il est aussi très humain. Il prend le temps d’échanger et c’est un vrai bon manager», Grégory Tafforeau, ancien défenseur lillois, le qualifiait au contraire « de très dur, très sanguin, sachant jouer de son physique. Il ne fait pas du tout dans l’humain. »

Si Vandamme se voulait rassurant « Les Stéphanois n’ont pas à avoir peur, Frédéric est là pour les aider », ce n’est pas ce sentiment qui l’a emporté. L’ère Paquet a été très positive, mais les mérites en ont été attribués à Gasset qui s’est lui si bien identifié aux Verts quand le directeur général en semblait si éloigné. Pas facile d’entrer dans cette famille… »

Didier BIGARD

Laurent HESS

Journaliste à But! depuis 2000