ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Perrin connaît le chemin et ses embûches »
par Laurent HESS

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Perrin connaît le chemin et ses embûches »

Comme chaque semaine, Didier Bigard évoque l'actualité de l'ASSE. Il revient sur la retraite de Loïc Perrin, la première d'Adil Aouchiche, mais aussi la disparition de « Bibiche » Aulanier...

« Loïc Perrin a tourné la page. Moins d’une semaine après avoir quitté la pelouse du Stade de France, le visage fermé, c’est la tête haute qu’il part, réhabilité par la famille Mbappé. Ce n’est pas un tacle mal maîtrisé qui peut entacher une carrière marquée du sceau de la correction autant que du talent et de la fidélité à ses couleurs. Qui sait qu’il a joué cette finale amoindri par des douleurs aux adducteurs qu’il a fait taire, comme si souvent dans le passé, en capitaine qui ne bat pas en retraite?

Sera-t-il un jour président comme le souhaite Bernard Caiazzo quand Roland Romeyer susurre juste « pourquoi pas »? On verra mais Perrin n’aura pas besoin de mentor pour lui indiquer un chemin semé d’embûches, au risque de le voir s’allonger de quelques détours. Il sait que le football est fait de dribbles y compris dans ses instances et que l’esprit collectif se manifeste plus sur le terrain que dans les sphères qui tournent autour.

Nathalie Boy de la Tour n’abondera pas dans ce sens, pas tout de suite du moins, par honnêteté contractuelle qui bloque les épanchements du cœur. Tout au plus lâche-t-eIle « Les attaques sexistes dont j’ai été l’objet sur les réseaux sociaux sont inacceptables ». Elle a résisté, jusqu’à ce  départ programmé par ceux qui croyaient en faire une marionnette sous la main d’un Didier Quillot, également menacé pour s’être émancipé. Restera à ceux qui font les rois à s’entendre. Ce n’est pas gagné même si les présidents de L1 ont déjà éliminé une force d’opposition en échange du versement de 25 millions d'euros supplémentaires de droits télé à la L2 et au National. La démocratie a un prix dans le football.

Les fulgurances d’Aouchiche, la forme d’Hamouma

Les grands savent compter, mais aussi trouver les bons chiffres selon ce qu’ils veulent en faire. Pour expliquer que le football professionnel a besoin d’un soutien de l’Etat, le syndicat Première Ligue s’appuie sur une étude évoquant une perte de 605 millions d’euros quand le président de la DNCG, Jean-Marc Mickeler la situe (dans l’Equipe), à 289 M€. Il estime que « le coût de la crise sanitaire est de 173 M€, hors transferts », et « l’impact comptable positif de 17 M€, grâce notamment aux aides gouvernementales ». Tous les dirigeants faisant confiance à la DNCG quand elle valide leurs budgets, sans doute seront-ils rassurés et admettront-ils que d’autres secteurs d’activité sont plus mal lotis... Et quand le Mercato va rouvrir, on compte sur leur sens du trading.

A l’ASSE, justement, comme dans bien des clubs, acheter au juste prix, former, faire grandir et valoriser est une politique obligée. On a eu face au PSG un aperçu de ces paris sur l’avenir avec la prestation prometteuse de Neyou puis devant Bordeaux samedi en amical avec les fulgurances d’Aouchiche. On ne va pas s’emballer même si, dans le même match, Hamouma a étalé sa forme en combinant avec Khazri et Boudebouz, même si Abi a encore marqué et que Moulin a assuré.

Bibiche Aulanier dévorait la vie comme le ballon

Claude Puel a relevé « l’envie, la concentration, le respect des principes, la volonté de faire des efforts ensemble tout en prenant du plaisir ». Mais, il sait bien qu’il aura  besoin de quelques ajustements dès la réouverture du marché des transferts. Il manque un latéral gauche et il faudra alléger cet effectif qu’il qualifie de « déjà assez large » et que va vite pleinement rejoindre Monnet-Paquet qui a marqué avec la réserve face au Puy.

On aurait aimé terminer sur cette note d’espoir apportée par KMP. Mais voilà... Bibiche Aulanier nous a mis un contrepied dont il avait le secret. Sa disparition a voilé l’été des Verts, bien au delà de son village, Cellieu, de Saint-Etienne, de Nice et de tous les clubs qu’il a traversés, brillant, s’amusant, riant, dévorant la vie comme le ballon. »

Didier BIGARD