ASSE : les Verts, sa forme, ses objectifs… Les confessions de Benoît Assou-Ekotto

Ce midi, Benoît Assou-Ekotto a fait face à la presse stéphanoise. Morceaux choisis de la première conférence de presse du nouveau latéral gauche des Verts.

Benoît, pourquoi avoir opté pour l’AS Saint-Etienne plutôt que un nouveau challenge à l’étranger ?

Benoît Assou-Ekotto : J’avais des clubs dans des pays plus exotiques durant ma période de chômage. Il y avait notamment la Turquie. Dans un premier temps, j’ai envisagé d’y aller. Je me suis alors posé la question : soit je partais pour une aventure de ce type-là pour prendre ce qu’il y a à y prendre, soit je continue le football. J’avais envie de jouer encore au foot un peu… Avec Saint-Etienne, je jouerais en France dans un championnat majeur. Contrairement à la Turquie notamment.

Comment avez-vous réagi quand l’ASSE vous a appelé ?

Je trouvais ça étrange. Je me suis dit : « Il y a encore des gens qui s’intéressent à moi ? » Mais c’était déjà ce type de réaction que j’avais quand j’étais à Tottenham et que je jouais tous les matches. J’étais toujours surpris quand mon agent me disait que tel ou tel club me suivait. Mieux vaut penser de cette façon que de faire preuve de prétention en disant que telle équipe ferait bien de s’intéresser à moi.

Comment vous sentez-vous physiquement après un an sans jouer ?

Très bien ! Je me sens même mieux qu’avant car j’ai eu un an pour récupérer de mes saisons à Tottenham. (Sourire) Durant cette période d’inactivité, comme je n’ai pas été blessé, j’ai profité de la période pour m’entraîner. Je tenais à éviter que la reprise avec un nouveau club ne devienne très très très très dure… C’était important que je me maintienne en bonne forme pour être opérationnel dès la reprise. Après, j’ai beau courir 10 kms à la maison, ça ne représente pas les efforts qu’on fait avec le club. Les premiers jours, j’avais les mollets qui sifflaient très forts. Là, c’est beaucoup moins le cas. Mon corps se réhabitue.

« J’ai une grande confiance en moi »

Pensez-vous avoir gardé votre esprit de compétition, votre rage de vaincre ?

Un garçon qui n’a pas la niaque à 20 ans, il ne l’aura pas davantage à 30 ans. Moi, je l’ai toujours eu. J’aurais pu arrêter dix ans le football que je l’aurais encore. Cela fait partie de mon état d’esprit.

Moralement, ça n’a pas été trop difficile à vivre ?

Non. Quand j’allume le journal de 13H et que je vois les horreurs qui se passent dans ce monde, je me dis qu’il y a bien pire. Dans la situation où j’étais à Tottenham, des personnes importantes ont essayé de me dégouter du foot. Mais je relativise toujours et très vite. J’ai pris les choses du bon côté. Et puis ça m’a permis de prendre six mois de vacances ! C’était bien ! J’ai profité (sourire)

Est-ce qu’à un moment vous avez douté pour la suite de votre carrière professionnelle ?

Non. Je ne doute jamais de moi. J’ai une grande confiance en moi. Peut-être que certains peuvent prendre ça pour de l’arrogance mais je n’ai eu aucun doute. Je ne me voyais pas arrêter le foot à 31 ans. Si je peux jouer jusqu’à 42 ans, j’irais jusqu’à 42 ans. C’est un beau métier…

Quels objectifs vous êtes-vous fixé ?

Faire une très belle saison. Que ce soit à titre personnel ou collectif.  Qu’est-ce qu’une bonne saison de l’ASSE ? Je suis novice en Ligue 1. Déjà si on pouvait faire comme l’année dernière. Mieux ce serait du bonus.

Qu’est-ce qui a changé dans votre jeu avec ce passage en Premier League ?

Au niveau de l’impact physique, j’ai beaucoup appris. Mais comme je me souviens un peu du jeu français et de l’arbitrage, on va essayer de l’appliquer ici modérément … (sourire) Les arbitres plus tatillons en Ligue 1 ? On va dire ça comme ça… (Rires)

« L’ASSE, je vais tout découvrir ! »

Avez-vous suivi l’ASSE ces dernières saisons ?

Non. Pas du tout ! Je vais tout découvrir. Et j’aurais répondu pareil sur les championnats espagnols et allemands. Je ne regardais pas les championnats en particulier…

Qui a fait le choix d’un contrat d’un an ? L’ASSE ou vous ?

C’était le meilleur compromis pour les deux parties. Saint-Etienne est en droit d’avoir un doute à mon sujet étant donné que je sors d’une saison blanche. Et c’est mieux pour moi ! S’ils veulent me donner une autre année l’été prochain, j’écouterais.

Vous vous voyez à l’ASSE sur le long terme si ça se passe bien ?

Avec des « si », on fait beaucoup de choses. On coupe du bois et on fait des cure-dents… On verra plus tard.

Recueilli par Alexandre CORBOZ, à L’Etrat.