par julien.demets

ASSE - Mercato : les secrets de la nouvelle politique de recrutement des Verts

Longtemps réfractaire à l'arrivée de joueurs étrangers, l'AS Saint-Étienne a opéré depuis 2014 un virage à 180° en recrutant Ricky, Beric, Söderlund ou Tannane.

Décryptage.

Il y a encore un an et demi, un moyen très simple permettait de séparer le bon grain de l'ivraie parmi les rumeurs de transfert entourant Saint-Étienne : la nationalité des joueurs concernés. À l'image de Jérémy Clément, Fabien Lemoine, Renaud Cohade, Vincent Corgnet ou Kevin Monnet-Paquet, l'équipe dirigeante se faisait un devoir de recruter des joueurs français ou rompus aux joutes de Ligue 1 (comme Brandao ou Mevlüt Erding). Depuis, Ricky Van Wolfswinkel, Robert Beric, Alexander Söderlund et Oussama Tannane ont posé leur valise dans le Forez. À quoi imputer cette ouverture vers l'international ?

Une cellule de recrutement plus performante

Le recrutement estampillé L1 de l'ASSE jusqu'en 2014 était une stratégie par défaut. Ne disposant pas d'une cellule de recrutement performante, Christophe Galtier limitait les risques au maximum en attirant des éléments dont il connaissait déjà la valeur pour les avoir vus évoluer dans l'Hexagone, se soustrayant ainsi à l'examen de leur profil. Les rares paris tentés à l'époque sur des joueurs étrangers s'étaient d'ailleurs soldés par autant d'échecs, faute d'une supervision approfondie : qui se souvient d'Andreas Laudrup, Ibrahim Sissoko, Erik Birkelund ou Danijel Aleksic ?

Les choses ont évolué avec le renforcement des moyens humains mis au service du recrutement stéphanois. Le nouveau rôle de superviseur endossé par Alain Blachon, l’ancien adjoint, mais aussi l'arrivée de David Wantier dans un rôle de conseiller (celui qui s'occupe également des intérêts de Romain Hamouma a fourni à l'état-major stéphanois une liste impressionnante, poste par poste, de joueurs susceptibles d'améliorer l'effectif) coïncident avec celle de plusieurs scouts quadrillant certaines zones bien précises en France ou hors de nos frontières.

Gagnée par le tout-technologique, l'ASSE s'appuie en outre, depuis quelques mois, sur une banque informatique où sont stockés tous les renseignements concernant d'éventuels renforts, ainsi que des extraits de matches disputés aux quatre coins du globe à partir desquels César Arghirudis, le Monsieur vidéo du club, compile leurs meilleures actions. S'y ajoute "l'ASSE Lab", un logiciel conçu par la société clermontoise Innovation Performance Analytics dont le préparateur physique Thierry Cotte se sert pour comparer les performances des membres de l'effectif actuel avec celles d'éléments pistés.

La chasse aux bonnes affaires

Désormais, Saint-Étienne a un œil sur le monde. Mais pourquoi aller chercher dans des pays lointains ce que Christophe Galtier trouvait jadis en France ? Question d'argent, forcément. Les ambitions en hausse de l'ASSE, qui vise aujourd'hui le Top 5 du championnat, l'obligent à recruter en conséquence. Mais en France, les bons joueurs coûtent cher. Entre 7 et 10 millions d'euros seraient par exemple nécessaires à la venue de Wissam Ben Yedder, de même que les émoluments de l'attaquant toulousain briseraient le salary cap. Mieux vaut donc se rabattre sur Beric (6 M€) ou Söderlund (2,5 M€), deux buteurs aux stats ronflantes dans des championnats où les prix sont moins élevés.

Le centre de formation également concerné

Cette internationalisation du recrutement se répercute jusqu'au centre de formation. Sous l'impulsion de Bernard Caïazzo, président de conseil de surveillance, le club stéphanois a développé son réseau sur plusieurs continents. L'entremise de Bouba Koné, l'agent de Mustapha Bayal Sall, a par exemple permis de mettre le grappin sur le prometteur Erin Pinheiro et son compatriote cap-verdien Kenny Rocha Santos. L'arrivée en juillet dernier de l'ailier gauche lituanien Dovydas Virksas faisait suite, quant à elle, aux recommandations de Christian Larièpe, resté proche de Gérard Fernandez, le responsable du recrutement chez les jeunes.

De quoi, peut-être, faire oublier l'échec des filières sénégalaise et burkinabée : Germain Sanou, Boubacar Mansaly, Maodomalick Faye, Abdoulaye Coulibaly ou Sidy Sagna n'ont pour leur part jamais percé sous le maillot vert. L'ASSE dispose désormais des moyens d'éviter à l'avenir ces accidents de parcours.

JD (avec AC et LH)

Pour résumer

Longtemps réfractaire à l'arrivée de joueurs étrangers, l'AS Saint-Étienne a opéré depuis 2014 un virage à 180°. Décryptage.

julien.demets
Rédacteur
julien.demets
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