ASSE : retour sur les 9 finales de Coupe de France des Verts (partie 2)
par butfootballclub

ASSE : retour sur les 9 finales de Coupe de France des Verts (partie 2)

Avant la finale contre le PSG, vendredi, Butfootballclub propose de revivre les 9 premières finales de Coupe de France de l'ASSE, avec la collaboration de Philippe Gastal, le conservateur du Musée des Verts.

ASSE-Nantes (5-0)

31 mai 1970, Stade Yves-du-Manoir (Colombes)

32894 spectateurs

ASSE: Carnus - Durkovic, Herbin, Bosquier, Polny - Larqué, Jacquet - Parizon, H.Revelli, Keita, Bereta. Entraîneur: Albert Batteux

Le contexte

Cette finale est la 10e rencontre de la compétition pour les Verts qui ont dû avoir recours à un match d'appui pour écarter Nîmes. Dans leur parcours, il y a notamment une victoire écrasante contre Metz (5-0) avec un triplé de Salif Keita, au sommet de son art. Pour la quatrième année consécutive, les Verts sont champions de France après leur victoire à Valenciennes (3-0) et le club vient aussi de remporter la Gambardella contre Lyon, la veille de la finale à Saint-Ouen, avec la moitié de l'équipe qui sera vice-championne d'Europe six ans après.

Une année faste que les protégés d'Albert Batteux vont finir sur les chapeaux de roue, à Colombes, face à des Nantais, 12es de D1, qui atteignent la finale pour la deuxième fois de leur histoire et comptent de nombreux internationaux. (dont Henri Michel et le capitaine Roger Lemerre).

Le matchParizon, qui fêtera ses 20 ans quatre jours plus tard, ouvre le score sur une passe de Georges Bereta, qui fait le break après avoir tiré sur le poteau. Herbin ajoute un 3e but de la tête, servi par Bereta, et Hervé Revelli y va ensuite de son doublé, sur deux services de Keita, pour une victoire écrasante des Verts. Le chant "Cui cui cui, les Canaris sont cuits !" résonne dans les travées du stade de Colombes ! L'ASSE remporte sa 3e Coupe de France et réalise son 2e doublé Coupe-Championnat.

« En possession c'était exceptionnel, avec Keita qui sublimait l'équipe. Il y avait du Pelé en lui. On aurait dit le Barça. Pour moi cette équipe là est la plus forte de l'histoire de l'ASSE en talent pur », estime Philippe Gastal. Le 3e doublé pour Albert Batteux, qui en avauit fait un avec Reims avant de rejoindre l'ASSE.

L'homme du match

C'est la première finale de Keita, qui va être le premier malien à remporter la Coupe de France. Keita fait la Une de L'Equipe, pour la première fois en couleurs, peu avant la Coupe du monde au Mexique, la plus belle de l'Histoire à ce jour. Mais l'homme du match est Georges Bereta, dans tous les bons coups. « C'est ma première finale, témoigne Philippe Gastal. Au Musée, nous avons cinq sweats de la finale, et cinq shorts. C'est la seule fois où le noms des Verts étaient gravés sur le maillot ». 100 000 Stéphanois fêtent l'équipe dans les rues de « Sainté ». Un record ! Les Verts sont sur un semi-remorque pour parader, après une nouvelle bonne soirée au Lido. Le lendemain naitront officiellement les Membres Associés.

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ASSE-Monaco (2-1)

8 juin 1974 Parc des Princes45 813 spectateurs

ASSE: Curkovic - Repellini, Piazza, Lopez, Farison - Larqué, Bathenay (Merchadier 58e) - P.Revelli, Bereta, Janvion, Synaeghel. Entraîneur : Robert Herbin

Le contexte

L'ASSE s'est hissée en finale en écartant Gueugnon (D2), Boulogne (D2), Angers (D1), Nantes (D1) et Reims (D1). Elle a une revanche à prendre face à Monaco puisque pour sa toute première finale de Coupe de France, elle s'était inclinée face aux Monégasques (2-4 a.p). Avant la finale, le club de la Principauté, 16e de D1 après une saison difficile, est assuré de disputer la Coupe des Vainqueurs de Coupe l'an prochain, l'ASSE étant déjà championne de France. En super forme, les Verts abordent la finale sur une série de 5 victoires contre Lyon (2-0), Lens (3-2), Sochaux (2-0), Bastia (6-1) et Marseille (3-1). Jean-Michel Larqué et Georges Bereta sont les seuls rescapés de la victoire en 1970.

Le match

Privés de Christian Sarramagna et de Hervé Revelli, blessés, les Verts, pour cette première finale de l'Histoire en nocturne, vont inscrire leurs deux buts par Christian Synaeghel, qui ouvre le score de la tête un centre de Patrick Revelli, et Alain Merchadier, entré pour suppléer Dominique Bathenay (touché en première mi-temps).

Le Toulousain double la mise sur une balle relâchée par Montès sur un tir de Gérard Farison. Delio Onnis réduira le score mais la réaction monégasque fut trop tardive pour empêcher Georges Bereta, capitaine depuis l'arrivée de Robert Herbin sur banc, de soulever la Coupe, remise par le Président Giscard d'Estaing. La famille princière est encore là. Mais contrairement à 1960, il rentrera déçue sur le Rocher...

L'homme du match

C'est la 4e Coupe de France pour les Verts et leur 3e doublé Coupe-Championnat. « Oswaldo Piazza a été excellent ce soir là, témoigne Philippe Gastal. Il avait gagné son duel d'Argentins avec Delio Onnis ». Monaco avait joué en contre-attaques. Les Verts étaient émoussés après une longue saison mais ils avaient pu préserver leur avance jusqu'au bout. Le 3e doublé en six ans pour l'ASSE, le 1er doublé pour Herbin, pour sa 2e saison en tant qu'entraîneur.

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ASSE-Lens (2-0)

14 juin 1975, au Parc des Princes, Paris

44725 spectateurs

ASSE : Curkovic – Janvion, Piazza, Lopez, Farison – Larqué, Bathenay, Synaeghel (puis Santini) – P. Revelli, H. Revelli, Sarramagna. Entraîneur : Robert Herbin

Le contexte

Pour la troisième fois en deux semaines, le Parc des Princes affiche complet. Après l’accueil de la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions entre le Bayern de Munich et Leeds, et la réception de la demi-finale de Coupe de France entre l'ASSE et Bastia (2-0), l'ambiance s'annonce festive. Les Verts viennent d’échouer en demi-finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions contre le Bayern et de remporter leur huitième titre de champion de France, le deuxième d’affilée. Lens atteint sa deuxième finale après celle perdue en 1948 face à Lille. Cette finale de Coupe de France est la première diffusée en couleurs à la télévision. Elle reste l'une des plus belles de tous les temps, à ce jour encore.

Le match

Ivan Curkovic fait parler toute sa classe en détournant sur la transversale un tir à bout portant de Daniel Leclercq, auteur d'un grand match, peu avant la mi-temps. C’est le tournant du match. En deuxième période, les Verts marquent une première fois par Oswaldo Piazza, suite à une chevauchée irrésistible et à un une-deux avec Hervé Revelli. Et c'est Jean-Michel Larqué qui inscrit le but du break en fin de rencontre. Un but exceptionnel, d'une reprise de volée de toute beauté sur un centre de Gérard Janvion. Le geste parfait.Ce but, dont la photo fera la une de l’Equipe le lendemain sous le titre « La fête que la coupe attendait », est aujourd'hui encore considéré comme le plus beau but inscrit lors d'une finale de Coupe de France.

L'homme du match

Cette cinquième Coupe de France pour l'ASSE, remportée malgré la belle prestation des Lensois, est marquée par le sauvetage de Curkovic mais aussi par celui de Christian Lopez, juste avant la mi-temps, en surgissant devant Casimir Zuraszek, seul face au but vide. Leclerq encense Piazza après la rencontre mais c'est bien le but de Larqué qui marque les esprits. « Un chef d'oeuvre d'une pureté absolue », d'après L'Equipe. « Ce geste symbolise le grand technicien qu'était Jean-Michel », estime Philippe Gastal. Larqué avait l'habitude de prolonger les séances d'entraînement avec Hervé Revelli pour perfectionner ce genre de gestes. « C'était un instant de grâce, dans une finale de Coupe de France. C'est comme un rêve », témoigna Jean-Michel Larqué. C'est le 4e doublé de l'ASSE, le dernier à ce jour.

 

PS : retrouvez la 3e partie des finales de Coupe de France disputées par l'ASSE dès demain à 6h sur notre site