ASSE : Robert Herbin ouvre la boîte à souvenirs pour ses 80 ans

Hier, samedi 30 mars, Robert Herbin a fêté ses 80 ans. L’occasion pour la légende verte, ancien milieu, défenseur puis entraîneur, de se rappeler les bons souvenirs.

Sur le terrain ou sur le banc, Robert Herbin a participé à la conquête des dix titres de champion de France de l’ASSE. Pour ses 80 ans, il était naturel que Le Progrès lui consacre une grande interview dans laquelle le « Sphinx » a pu faire la preuve qu’il avait de la mémoire. Voici quelques morceaux choisis par rapport aux moments forts de l’épopée verte.

« Je n’ai rien gardé, ni même un maillot ou une coupe. J’ai tout donné à part le trophée qui m’a été remis à l’issue de la finale perdue de Glasgow. Cette défaite, je ne l’ai pas digérée. Je n’ai jamais revu ce match. J’étais outré par l’arbitrage et ce coup franc. À l’époque, le Bayern Munich rayonnait et avait une emprise sur tout. Ça m’a profondément marqué. La plaie n’est pas cicatrisée. Il m’est arrivé d’en rêver. J’ai toujours été très attaché à Saint-Étienne. J’avais envie de faire progresser l’équipe en tant que joueur puis entraîneur. Mon seul échec, c’est ce truc-là. « 

« La rupture avec Roger Rocher ? Quelques années après, on s’est retrouvé avant un match à Geoffroy-Guichard et nous nous sommes donné une franche accolade. Je ne lui en veux pas du tout. J’étais exigeant, lui aussi. Je fumais un gros cigare et, lui, la pipe. Ça ne me gênait pas qu’il soit à mes côtés pendant le match. C’est dans ma nature de ne pas montrer mes sentiments. Tout se passait à la mi-temps. Je poussais un coup de gueule parfois. Mais il n’y avait pas de gros problèmes. C’était une belle époque et chaque fois à la fin de saison, on était invité par Roger Rocher à Saint-Genest-Malifaux, dans sa maison de campagne. C’était un moment très agréable. »

« La meilleure équipe stéphanoise de tous les temps ? Ma préférence va à celle dont je fus capitaine avec dans ses rangs Keita, Bereta, Bosquier, Carnus, Mekloufi… Elle est belle, cette équipe. Superbe. Je me suis régalé. On était imprégné de cette idée de gagner encore et toujours. C’était jouissif, oui. Si je n’avais pas connu cette blessure grave au genou, je crois que je jouerais encore… Après ce tacle du milieu de terrain anglais Nobby Stiles lors de la coupe du Monde 1966, je n’ai jamais retrouvé l’intégralité de mes moyens. Quand je vois le défenseur central de Montpellier qui joue à 40 ans, je me dis que j’aurais pu en faire de même jusqu’à 40, voire 45 ans ! (rires)« 

R.N.