ASSE : ses objectifs, l’Europe, le début de saison… Arnaud Nordin se confie

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A 21 ans, Arnaud Nordin espère confirmer sa belle fin de saison dernière et franchir d’autres paliers à l’ASSE. Entretien.

But : Arnaud, qu’avez-vous fait pendant les vacances ?

Arnaud NORDIN : J’en ai bien profité. Je suis parti avec des amis dans le sud de l’Espagne, à Marbella. Et ensuite, je suis allé passer quelques jours chez Théo Vermot dans le Midi. Il est de Fréjus. C’était sympa.

Ghislain Printant a succédé à Jean-Louis Gasset. En quoi lui ressemble-t-il et en quoi est-il différent ?

Ils ont quand même beaucoup de points communs. Ils ont travaillé longtemps ensemble et ils partagent la même philosophie, la même vision du foot. On est dans la continuité. Mais je dirais que Jean-Louis Gasset est peut-être plus posé. Il est plus âgé aussi, plus expérimenté.

Ghislain Printant est resté le même, même s’il est aujourd’hui n°1 ?

Oui. Il est toujours aussi proche de ses joueurs. C’est quelqu’un qui aime rigoler mais c’est aussi un gros bosseur, qui a le souci du détail. C’est un point commun avec le coach Gasset : ils cherchent toujours le petit truc qui peut faire basculer un match où vous faire progresser. Ils sont méticuleux, perfectionnistes. C’est ce qu’il faut car les matches se gagnent souvent sur des détails.

Jean-Louis Gasset aura compté pour vous. Il vous a fait confiance…

Oui, bien sûr. Il m’a laissé du temps, le temps de grandir. C’est le top pour un joueur de savoir que le coach est derrière lui. Dans ce groupe, j’ai la chance d’avoir des joueurs qui me font profiter de leur expérience comme Wahbi Khazri, Yann M’Vila. C’est plus facile de progresser dans un contexte comme ça.

Beaucoup de joueurs ont quitté le club. Parmi ceux-ci, qui vous manque le plus ?

J’étais proche de Yanis Salibur. Même si on jouait au même poste et qu’on était un peu en concurrence, il m’a beaucoup conseillé, dans mes gestes, tactiquement. On s’entendait bien. On était potes. Et là, il y a eu le départ de Rayan Souici à Genève. On est de la même génération. On était dans la même chambre au centre de formation. Mais bon, je l’ai tous les jours au téléphone, ça compense !

Parmi les nouveaux, avec qui avez-vous déjà le plus d’affinités ?

Franchement, avec tous. Le groupe vit bien. Je connaissais déjà Alpha Sissoko. On avait joué plusieurs fois l’un contre l’autre, et il vient de Paris lui aussi. Mais je m’entends bien aussi avec Zaydou Youssouf, avec Sergi Palencia. Ils sont tous cool. Harold Moukoudi aussi. J’avais joué contre lui avec Nancy.

Vous l’aviez dribblé ?

Bien sûr ! (rires) J’avais joué en pointe en plus ce match là, pour une fois. Mais honnêtement, le club n’a recruté que des bons mecs. Ils se sont vite intégrés. Ils ne se prennent pas la tête.

A 21 ans, comment vous situez-vous dans ce groupe ? Vous êtes toujours le petit jeune ou plus tant que ça ?

Je le suis un petit peu moins que la saison dernière. Je vieillis ! Il y a des plus jeunes maintenant : Charles Abi, Bilal Benkhedim. On va dire que je suis quand même encore un jeune. Un jeune qui doit confirmer. Je vais m’y employer.

Charles Abi, Bilal Benkhedim, vous les conseillez ?

Quand j’ai des petits trucs à leur glisser, je n’hésite pas. Mais ce n’est pas une question d’âge. Eux aussi peuvent me donner des conseils. On s’entraide. On est une équipe.

Comment avez-vous vécu la victoire en Coupe Gambardella ?

Ça m’a fait super plaisir. J’étais trop fier d’eux ! C’est un trophée important. Tous les jeunes veulent gagner la « Gambard ». Pour le club, les supporters et pour les joueurs, c’était magnifique. En plus, il y a eu un bel engouement.

A titre personnel, vous avez réalisé une belle fin de saison. Votre but à Caen (5-0) a-t-il été un déclic ?

Il m’a fait du bien. Ce but, je l’attendais. J’avais manqué de réussite. Il y avait eu des poteaux, de super arrêts des gardiens. C’était un ouf de soulagement parce que franchement, je n’avais pas eu de chance. On dit souvent que le plus dur, c’est le premier. Derrière, j’ai bien fini. Ça a été un peu le déclencheur.

Vous avez marqué deux jolis buts de la tête à Monaco (3-2) et contre Marseille (1-2) en amical, à Washington. Vous êtes-vous surpris vous-même ?

Non, pas tant que ça. Je ne suis pas grand mais j’ai une bonne détente. Ce qui compte à la tête, ce n’est pas seulement la taille. C’est aussi une question de timing et d’envie.

A Monaco, vous aviez eu vraiment envie !

C’est vrai que c’est un super souvenir ce but là. C’était un but important, un match important. On était menés à la mi-temps et derrière on ramène les trois points. Ça a été un tournant dans la course à l’Europe.

Quels domaines devez-vous travailler le plus pour poursuivre votre progression ?

Tous, même mes points forts. Il faut les perfectionner. Mais là où je dois m’améliorer le plus, je pense que c’est dans le dernier geste, la finition. Le travail défensif aussi. J’essaie de gommer mes défauts pour être le plus complet possible.

Vous avez encore des modèles ?

Toujours. J’aime bien Hazard, Neymar. Leur aisance, leur façon de provoquer. Ils sont spectaculaires mais pas pour amuser la galerie. C’est toujours dirigé vers l’efficacité.

Et à l’ASSE ?

Il y a des choses à prendre chez tout le monde. Dans l’idéal, j’aimerais avoir le jeu long de Yann M’Vila, l’efficacité de Wahbi Khazri, la patte de Ryad Boudebouz. Et le sang-froid de William Saliba.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour cette saison ?

Jouer le plus possible. Quand on est joueur, on a tout le temps envie d’être sur le terrain. Après, je ne me suis pas fixé un nombre de buts ou de passes. Mais j’espère être le plus décisif possible.

L’Europe, vous y avez déjà goûté ?

Un petit peu, la dernière année de Christophe Galtier. Je n’avais pas joué contre Manchester United, mais j’étais titulaire à Anderlecht (3-2) et contre Mayence (0-0). Je suis invaincu en Ligue Europa… J’espère que ça va continuer !

Le tirage au sort de la phase de groupes est programmé à la fin du mois. Contre qui aimeriez-vous jouer ?

Je n’ai pas vraiment regardé qui était qualifié, mais j’ai vu que Krasnodar avait éliminé Porto, alors pourquoi pas Porto ? Ou alors un bon club anglais. Ce serait bien d’avoir une grosse équipe avec nous dans le groupe. Ça promettrait deux gros matches.

La Ligue Europa ajoute un plus à la saison ?

Bien sûr. Un gros plus, même. On va jouer en semaine. Ce n’est pas le même rythme, la même préparation. On attendait tous ce retour sur la scène européenne. L’Europe, c’est un peu l’ADN de l’ASSE. C’est des sensations particulières. Le stade sera plein plus souvent. On va avoir des ambiances incroyables. On joue au foot pour ça.

NDLR : La suite de l’entretien est à retrouver dans But Saint-Etienne

 

Laurent HESS