SC Bastia – ASSE- Exclu : Ce que dévoile l’avocat de Brandao

Fidèles lecteurs de But! Sainté, chaque mardi et chaque jeudi dans vos kiosques, vous êtes habitués à découvrir les analyses de notre dévoué chroniqueur Dominique Bréard . Choqué par la sanction d’un mois de prison ferme dont a écopé l’ancien Vert Brandao pour son coup de boule sur le Parisien Thiago Motta, Dominique Bréard, avocat, a pris son téléphone pour contacter son collègue, Maître Martin, qui a plaidé en faveur du joueur de Bastia dans cette affaire. Extrait de cet entretien à lire dans But! Sainté de ce jour.

Dominique BREARD : Brandao à dû avoir un sacré choc en apprenant le jugement rendu à son encontre. Comment a-t-il réagi ?
Olivier MARTIN : Il a eu un sacré choc, ce d’autant plus que lorsque la décision a été rendue, il sortait de la salle d’opération et se trouvait en salle de réveille du fait d’une anesthésie générale de sorte qu’il n’était pas dans le meilleur état physique. Il considère que cette décision est absolument injustifiée au regard du geste qu’il a commis. Nous pensions, lui et moi, qu’après avoir passé les étapes de la procédure disciplinaire dans les conditions dans lesquelles nous les avions affrontées, le Tribunal correctionnel aurait eu une appréciation plus modérée de sa responsabilité en redonnant aux faits leur vraie dimension, c’est-à-dire un coup ponctuel, sans conséquence pour la victime, sans plainte, sans constitution de partie civile et porté par un homme sans casier judiciaire.

Selon vous, qu’est-ce qui a motivé cette décision du Tribunal ?
C’est la dictature de l’image. Cette image a été vue en boucle, commentée et analysée dans le monde entier. Le poids de cette image et les commentaires qui ont suivi ont fait que la Justice a voulu frapper fort et être à la hauteur du buzz que cela a fait. Si c’est Dupont qui met un coup de tête à Durand à la sortie de l’école parce que leur deux enfants se sont engueulés dans la cour, si Durand ne porte pas plainte et que Dupont n’a jamais porté de coup à qui que ce soit, il n’y a même pas d’audience mais juste une médiation pénale. Là, on est au Parc des Princes, c’est un joueur professionnel, devant les caméras, ça fait un mois ferme. La surmédiatisation est à l’origine de cette sanction.
Doit-on craindre une autre dérive qui ferait que des clubs ou des joueurs en provoquent d’autres pour pousser à ce genre de sanctions ?
Aussi bien devant les instances disciplinaires que devant le Tribunal correctionnel, le grand absent de ce dossier aura été la provocation. Même s’il n’a pas reconnu toutes les insultes qu’il avait proférées, Thiago Motta en a reconnu une partie admettant ainsi qu’il avait provoqué Brandao, c’est totalement acquis. Certes, l’excuse de provocation n’existe plus dans le code pénal mais je regrette qu’on soit passé à côté du fait que Brandao n’a été que dans la réaction à un comportement qu’il a dû subir. Alors, quand je vois aujourd’hui qu’il y a sur le parvis de Beaubourg une statue de Zidane mettant un coup de tête à Materrazzi et que Brandao se prend un mois ferme, je me dis qu’on est passé à côté…

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans But! Saint-Étienne, depuis ce matin dans vos kiosques.

 

 

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008