par Alexandre Corboz

RC Lens : pourquoi l’Atlético Madrid n’est pas une menace

L’Atlético Madrid peut-il nuire à moyen terme au développement du RC Lens et empêcher le club de retrouver une stature européenne ? A priori, non.

Lundi prochain, la société luxembourgeoise Solférino, sur laquelle plane l’ombre de l’Atlético Madrid  au travers de deux de ses administrateurs Ignacio Aguillo et Miguel Angel Gil Martin, devrait récupérer le RC Lens à l’issue de la procédure de « prepack cession » lancée par Gervais Martel auprès du tribunal de Commerce de Paris.

Beaucoup de questions en suspens

A terme, ce changement de direction peut transformer le Racing en « filière de l’Atlético de Madrid » qui détiendrait alors 34,6% des parts du club sous réserve que le conseil d'administration des Colchoneros valide cette perspective. Pour beaucoup de supporters des Sang et Or ainsi que pour les Socios de l’Atlético, ce rapprochement suscite une crainte. Est-ce que Madrid peut être pénalisé par ce partenariat ? Est-ce que la dominance espagnole n’est pas un risque pour les desseins européens du RC Lens ? En effet, que se passerait-il alors si les deux clubs se retrouvaient qualifiés pour la Coupe d’Europe en même temps ? L’UEFA laisserait-elle faire sans mot dire ? Peut-elle taxer les clubs de conflit d’intérêts ?

Ce ne serait pas un cas unique en Europe

Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est que ce mode de fonctionnement n'est pas unique dans les annales en Europe. Ainsi, la franchise Red Bull, s'affiche à la fois à Salzbourg en D1 autrichienne, dans un championnat qu'elle domine de la tête et des épaules, mais également en Bundesliga dès l'an prochain avec la montée de Leipzig. En Italie, la famille Pozzo détient même trois clubs dans trois championnats différents : l'Udinese en Série A, Grenade en Liga et Watford en Premier League. Reste que le cas de deux qualifiés simultanés pour la même compétition européenne ne s'est pas encore présenté. Difficile dans ce cas de lire avec précision l'attitude de l'UEFA ou celle des clubs concernés. Par ailleurs, beaucoup de clubs - y compris en France - bénéficient d'intérêts économiques communs. Ne serait que l'AS Saint-Etienne (Ligue 1) et les Chamois Niortais (Ligue 2), engagés dans une convention de partenariat. Ou désormais l'Olympique Lyonnais (Ligue 1) et le club de Bourg-en-Bresse (Ligue 2). Ni la LFP, ni la FFF ne crient au scandale contre ces rapprochements locaux. Alors pourquoi y aurait-il un malaise avec "l'Atlético de Lens".

Chelsea et le Vitesse, premier cas sujet à enquête

Sur tous les précédents, il n'y a pas eu de gros scandales à dénombrer. L'affaire la plus notable ? Le business mis en place entre Chelsea et son club satellite aux Pays-Bas du Vitesse Arnhem. En 2014, un ancien actionnaire du club néerlandais avait provoqué une enquête, expliquant que les Blues avaient signifié aux dirigeants du Vitesse qu’ils devaient éviter une qualification en Ligue des Champions. L’enquête sur un éventuel arrangement faussant l'équité de l’Eredivisie n’avait alors abouti sur aucune charge contre les deux clubs. Le risque de sanctions parait de toute façon trop grand pour qu’un club censé se permette de balancer des matches ou qu’un grand club demande au petit de se coucher. En cas de triche, les deux clubs risqueraient une relégation administrative.

La jurisprudence Marc Coucke (LOSC)

Beaucoup plus près de chez nous, le voisin lillois a indirectement connu ce type d’histoire de conflits d’intérêts lorsque le belge Marc Coucke, président du club d’Ostende (D1 belge), est arrivé dans l’actionnariat. A l’époque, le LOSC avait dû se séparer de son club satellite de Mouscron. Le problème était même encore plus marqué car les deux clubs évoluaient en même temps en Jupiler League. Pourtant, pendant un an, Lille avait pu accompagner Mouscron, le temps de mettre en place le désengagement. Une permission de la Fédération belge sans doute plus ouverte sur la question que ne l'est l'UEFA. Précision importante :  Marc Coucke était actionnaire minoritaire du LOSC… Comme le sont Aguillo et Gil Martin dans Solférino.

La cession des parts finalement pas si compliquée ?

Bref, le danger pour l’Atlético comme pour Lens, est somme toute assez limité à court et moyen terme. Et, s’ils venaient tous deux à se qualifier pour des compétitions de l’UEFA, le RC Lens et l’Atlético feraient en bonne intelligence avec un désengagement progressif et pourquoi pas une reprise des actions pour d’autres membres du pool d’investisseurs Solférino. Après tout, de ce que l’on en sait, Gilles Fretigne et sa société Amber Capital ne sont pas liés aux Colchoneros. Un rachat d'actions le moment venu (ce qui voudra dire, si Lens est européen, que le club est redevenu "bankable") et le tour est joué !

Alexandre CORBOZ

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L’Atlético Madrid peut-il nuire à moyen terme au développement du RC Lens et empêcher le club de retrouver une stature européenne ? A priori, non.

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