PSG – OM (1/4) : pourquoi il faut terrasser les Parisiens
Dimitri Payet lors du dernier PSG-OMCredit Photo - ICON SPORT
par Raphaël Nouet
CLASICO DES OPINIONS

PSG – OM (1/4) : pourquoi il faut terrasser les Parisiens

Dimanche, l'OM se rend au Parc des Princes pour y défier l'ennemi parisien. Si le Clasico a perdu tout intérêt avec le dopage financier en vigueur dans la capitale, une victoire serait quand même célébrée comme il se doit. Pour (au moins) quatre bonnes raisons. Voici la première.

Ah, ils font les fiers, les Parisiens, avec leur série d'invincibilité de huit ans et on ne sait plus combien de matches. Bien sûr, cela n'a rien à voir avec le dopage financier des Qataris, qui fait que le budget du PSG est quatre fois supérieur à celui de l'OM. Un Julian Draxler, qui ne sert plus à rien à Paris, a coûté plus cher que le plus gros transfert de l'histoire des Phocéens (Payet, 30 M€, contre 40 M€ à l'Allemand), l'indemnité de Neymar ou Mbappé est supérieure au budget marseillais mais, à les entendre, leur supériorité n'a rien à voir avec le domaine financier. Ben voyons…

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, affirme le diction. Cela se vérifie avec cet infâme QSG, qui aligne les quadruplés saison après saison sans la moindre once d'émotion. Malgré cela, ses footix de supporters continuent de fêter les victoires dans le Clasico. Pourquoi ? Parce qu'ils savent au fond d'eux-mêmes que sans l'argent de leur propriétaire, ils ne sont rien. Du côté de l'OM, on prend son mal en patience, même si chaque défaite est douloureuse. Des raisons de vouloir terrasser cet ogre-baudruche sont légion mais nous en avons retenu quatre. Voici la première…

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Parce qu’ils traitent les autres de rageux mais ils ont inventé le concept

Au soir de "l'historique" qualification du PSG pour la finale de la Champions League (les guillemets sont là pour souligner l'ironie du propos), ses supporters ont fait la fête dans les rues de la capitale. Une photo a circulé sur le net : on en voit certains danser devant une banderole sur laquelle on peut lire "Fuck les rageux". Une phrase visant les gens qui, comme l'auteur de ces lignes, estiment que les triomphes parisiens sont achetés et n'ont aucun mérite. Une phrase que ses auteurs auraient surtout dû laisser mûrir un peu plus dans leur cerveau avant de la coucher sur une banderole. Car s'il y a une autre chose que les supporters du PSG savent faire après retourner leur veste, c'est bien rager contre les autres.

Hier contre l'OM…

Hier, c'était évidemment contre l'Olympique de Marseille. Mais oui, vous savez, ce club que la plupart des quadras qui se définissent comme parisiens aujourd'hui soutenaient dans leur enfance. Trois abonnés de la tribune Auteuil pré-plan Leproux ont fêté la victoire en Champions League en 93 avant de retourner leur veste à l'arrivée de Canal+. A lire aujourd'hui Daniel Riolo nous raconter son "histoire passionnée avec le PSG" dans un livre ou Jérôme Rothen nous faire croire qu'il arpentait les tribunes du Parc plus jeune, on se demande où était ce beau monde avec la reprise du club par la chaîne cryptée. La réponse, on vous l'a donnée : dans le camp d'en face.

Ceux qui ont assisté au 8e de finale de Coupe de France au Parc en 1991 peuvent en témoigner : à l'époque, hormis le kop Boulogne, tout le reste du stade était marseillais. Si les "supporters" parisiens détestent autant l'OM, c'est parce qu'ils veulent taire leur secret honteux. Et pour cela, ils sont prêts à toutes les inepties. Bernard Tapie a tout acheté entre 1989 et 1993, les Marseillais étaient dopés, les arbitres étaient complaisants, etc. Si c'est pas de la rage, ça y ressemble drôlement. Du coup, une question : quand les Parisiens écrivent "Fuck les rageux", est-ce une insulte visant leurs ennemis ou la suite du programme de leur soirée ?

…aujourd'hui contre les Espagnols…

A l'heure actuelle, le footix a fait son nid au Parc des Princes. Et quand on lui parle de dopage financier, son premier argument est : "Oui mais le Real ou le Barça le font aussi". Argument aussi ridicule que sa banderole. Et qui prouve bien que les rageux sont non seulement à Paris mais qu'ils gobent tout ce qu'on leur donne… Déjà, se comparer au Real ou au Barça quand on n'a qu'une pauvre Coupe des Coupes à son palmarès et qu'on est incapable d'avoir un stade de plus de 47.000 places dans une mégalopole de 12 millions d'habitants, c'est de l'indécence condamnable.

Mais passons… En quoi le Real ou le Barça ont-ils triché financièrement ? Voilà deux clubs qui ont bâti des stades immenses, les ont remplis et ont ainsi gagné de l'argent pour recruter des stars. Quand ils ont été au bord de la faillite, ils ont été obligés de vendre ou de faire des cures d'austérité. N'en déplaise aux rageux, le roi d'Espagne n'a jamais épuré les comptes du Real. Auquel cas, la Catalogne et le Pays basque auraient fait sécession depuis longtemps. Dire "Mais les autres, ils ont fait pareil" quand on se fait taper sur les doigts parce qu'on a fait une bêtise, c'est typiquement un comportement de rageux. Et de mauvais rageux, en plus, parce que les autres n'ont rien fait de mal.

…et aussi Aulas

Parisiens et Marseillais ont un point commun : ils n'aiment pas l'OL et Jean-Michel Aulas. Mais du côté de l'OM, on est suffisamment censé pour reconnaître que le président des Gones est l'un des meilleurs de l'histoire du championnat de France. Il a pris un club en L2 et en a fait l'un des plus titrés de l'Hexagone, propriétaire de son stade ainsi que de son centre d'entraînement. Désormais, l'OL a des fondations ultra-solides, ce dont ni l'OM ni le PSG ne peuvent se vanter. Alors, certes, il passe son temps à allumer les autres. Mais ça fait partie du jeu et on le lui rend bien.

Mais à Paris, c'est différent. Quand JMA pointait du doigt le dopage financier des Qataris, les rageux de la capitale allumaient n'importe comment, notamment en se moquant de ses ratés en matière de recrutement. Comme si Jesé, Draxler, Krychowiak ou Stambouli avaient joué à Lyon. Comme si tous les clubs français pouvaient débourser 222 M€ pour un joueur et dérégler l'ensemble du marché des transferts. La caractéristique première du rageux est de manquer de discernement. On imagine que les Parisiens redeviendront lucides (et iront voir ailleurs) le jour où les Qataris partiront. En attendant, ce serait bien qu'ils soignent un peu le contenu de leurs banderoles…