PSG – OM : pourquoi il faut terrasser les Parisiens (2/4)
Supporters de l'OMCredit Photo - ICON SPORT
par Raphaël Nouet
CLASICO DES OPINIONS

PSG – OM : pourquoi il faut terrasser les Parisiens (2/4)

Dimanche, l'OM se rend au Parc des Princes pour y défier l'ennemi parisien. Si le Clasico a perdu tout intérêt avec le dopage financier en vigueur dans la capitale, une victoire serait quand même célébrée comme il se doit. Pour (au moins) quatre bonnes raisons. Voici la deuxième.

Dans la semaine ayant précédé la finale de la Champions League, le 23 août, les médias français en ont fait des caisses sur le ressentiment de Marseille à l'encontre du PSG. Le décret préfectoral interdisant les maillots parisiens sur le Vieux Port le jour même a été critiqué avant d'être retiré, les menaces des ultras phocéens de faire une descente pour passer l'envie à certains de faire la fête ont été pointées du doigt. Il n'est venu à personne l'idée de condamner les manifestations de joie des "supporters" du PSG à Marseille et nulle part ailleurs en France. Ou de souligner à quelle point cette ville était la seule dans notre pays à faire corps à ce point avec son club. Mais passons…

Si cette finale de Champions League a provoqué autant de sentiments contraires à Marseille, c'est parce que l'OM brandi comme un étendard sa victoire dans la plus belle des compétitions. La seule d'un club français jusqu'à présent. Et sans doute pour toujours. Car avoir autant d'éléments favorables que les Parisiens en C1 en 2019/20 oblige à saisir sa chance, elle ne risque pas de se représenter de sitôt…

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A jamais les premiers… et les seuls

Les supporters du PSG détestent cette expression, "A jamais les premiers". Mais ils devraient détester tout autant le fait que l'OM sera sans doute le seul club français à avoir remporté la Champions League. Le train est passé pour nos équipes. S'il y avait un moment pour décrocher la C1, c'était dans les années 70-80, quand l'argent n'était pas encore prédominant et que, justement, les écuries hexagonales, largement abreuvées par les municipalités, proposaient parmi les meilleurs salaires d'Europe. Mais ni les Verts, ni l'OM (déjà), ni les Girondins n'ont su saisir leur chance.

Désormais, tout est une question de budget. En dessous de 500 M€, merci de passer ton chemin et de tenter ta chance en Europa League. Si le PSG croit aujourd'hui en sa bonne étoile, c'est uniquement parce qu'il est dopé financièrement. Quand les Qataris auront remballé leurs Ooredoo, Aspire et autres QNB, quand ils ne diront plus à All de lâcher des sommes indécentes, ils se satisferont de sortir des poules. S'ils parviennent à arriver jusque-là puisqu'on rappelle qu'avant les Qataris, ils n'avaient pas goûté à la C1 depuis une décennie…

Trop peu de moyens…

Ceux qui pensent qu'un club français peut se hisser financièrement à la hauteur des Anglais, du Bayern, du Barça ou du Real feraient bien de se demander pourquoi ça n'a pas été fait auparavant. La réponse est évidente : parce que la France n'est pas une terre de foot. Les recettes aux guichets ne seront jamais aussi élevées que chez nos voisins, le merchandising idem, les grandes entreprises françaises n'investissent pas dans le foot, etc, etc. Le seul en France, pour le moment, qui se rapproche d'un vrai grand club étranger dans sa façon de travailler, c'est l'OL. Jean-Michel Aulas a fait en sorte de diversifier les sources de revenus des Gones tout en les rendant propriétaires de leur stade. Et il plafonne à 350 M€…

Admettons que le PSG et l'OM aient un potentiel plus important que celui de l'OL. Il n'empêche qu'ils ne pourront pas aller au-delà des 400 M€. Si t'as pas d'argent, t'as pas de grands joueurs. Et si t'as pas de grands joueurs, t'as pas de résultats à l'échelle européenne. C'est aussi simple que ça. Reste la possibilité d'une épopée à la FC Porto en 2004. 

…et pas assez d'idées

Mais là, on se heurte à une autre limite du football français : son absence d'idées. Pourquoi le FC Porto est-il monté sur le toit de l'Europe en 2004 ? Parce qu'il avait donné sa chance à un entraîneur inexpérimenté mais novateur (José Mourinho), parce qu'il avait formé de futures stars qu'il avait fait mûrir avant de les vendre et parce qu'il avait recruté des pépites sud-américaines à prix cassés. Le tout a donné un mélange détonnant.

Les clubs français, frileux au possible quand il s'agit de donner leur chance à des coachs novices ou à des jeunes, ne risquent pas de reproduire pareil exploit. Dommage… pour les autres. A Marseille, la Champions League, on l'a déjà. On le fait savoir bien fort, souvent, afin que ça embête le maximum de monde. A jamais les premiers et sans doute à jamais les derniers. Désolé, messieurs les Parisiens !