PSG – OM : pourquoi il faut terrasser les Parisiens (4/4)
Parc des PrincesCredit Photo - ICON SPORT
par Raphaël Nouet
LE CLASICO DES OPINIONS

PSG – OM : pourquoi il faut terrasser les Parisiens (4/4)

Dimanche, l'OM se rend au Parc des Princes pour y défier l'ennemi parisien. Si le Clasico a perdu tout intérêt avec le dopage financier en vigueur dans la capitale, une victoire serait quand même célébrée comme il se doit. Pour (au moins) quatre bonnes raisons. Voici la quatrième et dernière.

Dans 24 heures, ce sera le moment autrefois tant attendu par les supporters marseillais, désormais redouté à cause du dopage financier. L'explication aura lieu au Parc des Princes, qui n'a jamais aussi bien porté son nom que depuis que Nicolas Sarkozy est allé chercher son ami émir pour sortir son club de l'impasse. Grâce aux milliards versés, le PSG s'est acheté un palmarès, mais pas d'âme ni de crédibilité. Cela tient aussi au fait que son stade n'est en rien un temple du football. Or, cela fait beaucoup dans la réputation d'un club…

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Un monstre de béton

On entend déjà les hurlements scandalisés des Parisiens : "Quoi, le Parc n'est pas un stade légendaire ?!?". Bah non… On persiste et signe. Déjà, à l'image du club qu'il héberge, il est tout jeune (réouvert en 1972) comparé au Vélodrome, à Bollaert ou à Geoffroy-Guichard, et on ne vous parle même pas des grands stades étrangers. Ensuite, toujours à l'image du club qu'il héberge, il n'a que rarement enflammé les nuits de la capitale. Les Parisiens vont encore ressortir le PSG-Real de 93 ? Oui, bravo. Mais c'était face à l'une des équipes merengue les plus faibles de l'histoire. L'exploit, ce n'est pas d'avoir marqué le but victorieux dans les arrêts de jeu, c'est de ne pas y être arrivé avant.

Quoi d'autre ? L'auteur de ces lignes a assisté à PSG-Liverpool en demi-finales de la C2 97. Pour soutenir les Reds, bien sûr. L'ambiance avait été très belle, c'est vrai, mais le Parc était loin d'être plein. Oui, pour une demi-finale de Coupe d'Europe… Douze millions d'habitants et pas moyen de vendre 45.000 billets. Vous parlez d'une ville de foot ! Esthétiquement, le Parc est réussi, rien à dire. Mais enclavé dans le XVIe arrondissement, il est difficile d'accès. Il faut passer plusieurs barrages, prendre des rues différentes. Tout ça ressemble à un labyrinthe. Quand on le compare avec la fièvre qui s'empare du boulevard Michelet à Marseille, où tous les supporters se réunissent avant les affiches, ça fait mal. Et ça le ramène à sa juste place…

Des tribunes sans identité

Au Vélodrome, depuis 30 ans, l'identité des virages est établie et rien ne peut la changer. Au Parc ? Une vaste blague. En fait, tout dépend du propriétaire. Francis Borelli a dit "On s'en fiche, il faut des supporters". Alors, il y a eu la période du Kop of Boulogne, avec bastons et croix gammées. Canal+ a dit "Il faut des supporters moins violents". Alors, le virage Auteuil a été créé. Leproux a dit "Trop de violences entre ultras". Alors, il n'y a plus eu de kops. Nasser a dit "Nous, on veut des consommateurs qui ne font pas de bruit". Alors, il n'y a plus eu d'ambiance du tout. Puis Nasser a dit "En fait, un kop, ce serait bien". Alors, le CUP a vu le jour.

A Paris, les ultras font ce que les responsables du club disent. Ça n'arrivera jamais à Marseille et, pour être honnête, ce n'est pas toujours une bonne chose. Mais cela participe à la très forte identité de l'OM, à son enracinement au sein de la ville. Le PSG, lui, n'a pas d'identité. Il est passé de sa période racailles avec Anelka et Abriel au bling-bling d'aujourd'hui. Son stade suit le mouvement, sans moufter. Pour une fois qu'il gagne, il ne faudrait pas tout gâcher en ayant des revendications…

Le prince, c'est le Parc, le roi, c'est le Vél'

Avant la réfection du Vélodrome et la construction d'une toiture, le débat sur la meilleure ambiance de France était ouvert. Désormais, il ne fait plus aucun doute que c'est Marseille qui a la meilleure. Et ce alors que les groupes de supporters ne chantent pas à l'unisson. Imaginer un Vélodrome où 67.000 gosiers s'uniraient pour reprendre chaque chanson comme le "Aux Armes" donne des frissons. A Paris ? Eh bien, le projet qatari est à ce point démesuré qu'il n'y a que les grands d'Europe qui parviennent à sortir le Parc de sa torpeur. A l'occasion, c'est pas mal. Mais c'est dans les moments difficiles que l'on reconnaît les vrais publics. Et il nous revient en mémoire ces dernières minutes de la finale de l'Europa League 2018 quand 25.000 supporters marseillais avaient lancé un bruyant "Hissez haut les drapeaux" alors que la défaite était consommée contre l'Atlético.

Ce cri du cœur est la raison pour laquelle le Vélodrome sera toujours le stade numéro un en France. Même s'il n'a plus assisté à un sacre en championnat depuis 2010. Même s'il doit encore attendre trente ans. A Marseille, le foot est une religion ; à Paris, un événement mondain. Si le PSG domine actuellement en trichant financièrement, son Parc ne reste qu'un Prince d'une cour où le roi se nomme Vélodrome.