ASSE – L’oeil de Denis Balbir : « Ces Verts peuvent jouer un rôle de trublion en Ligue 1 »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Focus sur la prestation encourageante des Verts face à l’OM vendredi dernier (2-2).

« On ne peut qu’être d’accord avec ce qu’a dit Kévin Monnet-Paquet à la sortie du match. C’est typiquement le genre de rencontres qu’une autre équipe de Saint-Etienne aurait perdu il y a quelques semaines. On a vu un Stéphane Ruffier sortir la balle de 2-3 à la fin, une équipe stéphanoise qui s’est révolté, un bon coaching de Jean-Louis Gasset avec le but de Robert Beric quatre minutes après son entrée en jeu… Dans les mouvements, il y avait de bonnes choses. C’est d’autant plus méritoire pour cette ASSE d’être revenu au score en étant privé de Yann Mvila et Rémy Cabella, sa « machine à laver » et son créateur. Revenir deux fois au score à la maison face à l’une des meilleures équipes de Ligue 1 actuellement, cela dénote d’une vraie force de caractère.

Romain Hamouma, symbole du renouveau

Ce 2-2 face à l’OM peut être un résultat fondateur dans la vie d’un groupe qui reprend confiance en lui et est en train de grandir mentalement. Sur le Mercato d’hiver, l’ASSE a su retrouver de l’ambition dans les joueurs recrutés et cela rejaillit sur les autres. Je prend l’exemple de Romain Hamouma sur qui le club comptait beaucoup et qui avait manqué son début de saison. Avec les arrivées de Debuchy, Ntep, Mvila, Beric et consorts, j’ai le sentiment qu’il a pris conscience qu’il n’est plus seul dans le bateau. Ce partage des responsabilités lui a fait du bien. Il n’y a qu’à voir ce qu’il a fait à Adil Rami sur l’égalisation de Kévin Monnet-Paquet. Si un Parisien, un Lyonnais ou un Marseillais avait fait le même geste technique, ça aurait fait cinq fois le tour de la planète Ligue 1. Mais ce geste de classe, c’est le symbole de ce qu’est en train de (re)devenir l’ASSE : une équipe qui ose à nouveau.

« Ce serait bien de donner l’envie à certains joueurs prêtés ou en fin de contrat de rester »

A mes yeux, l’ASSE est vraiment repartie sur de nouvelles bases. Elle n’est pas encore dans le rythme d’une équipe comme Bordeaux mais on peut commencer à faire le parallèle. Bordeaux s’est replacé dans la course à l’Europe. Est-ce que Saint-Etienne peut le faire ? Pourquoi pas ? Cette équipe ne va plus désormais jouer que des matchs de coupe. Je pense qu’au sein du vestiaire, il va se créer un challenge avec le staff. Avec ce que l’équipe a pu faire contre Marseille, on peut être un peu plus confiant. On ne parle plus de maintien. C’est déjà du passé. Là, il y a des échéances excitantes à venir pour l’ASSE : le derby retour, etc. Je pense que Saint-Etienne peut légitimement espérer jouer un rôle de trublion du championnat sur la fin de saison. Ce serait bien de donner l’envie à certains joueurs prêtés ou en fin de contrat de rester, de donner aussi envie aux dirigeants d’investir pour la saison prochaine.

Pour finir, un mot sur l’OM qui perd deux points avant le retour de la Coupe d’Europe et le match de Braga. Dans le jeu, je ne m’inquiète pas trop pour eux même s’ils ont été un peu bousculé par Saint-Etienne en seconde période. Pour moi, le gros point noir, c’est la blessure de Steve Mandanda. Même si Yohan Pelé est un bon gardien, Rudi Garcia a quand même perdu un joueur important de son effectif pour la double confrontation ainsi que pour les chocs contre Bordeaux et le PSG. »

Propos recueillis par Alexandre CORBOZ