ASSE : l’union sacrée existe-t-elle toujours chez les Verts ? 

L’ASSE a donné une piteuse image d’elle-même lors du derby face à l’OL (0-5). Il ne sera pas facile de se relever de ce naufrage et de reconquérir des supporters écoeurés.

Bernard Caiazzo et Roland Romeyer n’ont même pas eu le courage d’aller devant les médias dimanche soir à l’issue du derby. Certains leur reprocheront de ne pas avoir assumé leurs responsabilités mais après pareil fiasco, les deux présidents ont sans doute préféré se cacher, de honte. Il y avait de quoi avoir honte. Tout un peuple a été gagné par ce sentiment dimanche soir. Six mois après le 5-0 infligé par le PSG, Geoffroy-Guichard a vécu une humiliation encore plus terrible. Le cauchemar a pris forme avec ce corner invraisemblable de Romain Hamouma sur l’ouverture du score de Memphis Depay et tout s’est enchaîné : le deuxième but de Nabil Fékir, après s’être engouffré comme dans du beurre dans une défense gruyère, puis l’expulsion de Léo Lacroix, puis trois autres buts lyonnais et cet envahissement du terrain à la 86e minute provoqué par la célébration de Fékir, héros lyonnais de la soirée.

L’union sacrée n’est plus de mise

A ce moment-là, les Green Angels avaient déjà quitté leur tribune, et pas qu’eux. On gardera longtemps en mémoire ces quatre dernières minutes de la rencontre, après plus d’une demi-heure d’interruption, dans un Chaudron quasi vide, avec les supporters lyonnais qui ont fait entendre leurs chants… Piteuse ASSE Se relever d’un tel naufrage s’annonce délicat, tant le navire est parti à vau-l’eau. Son équipage espagnol est de plus en plus contesté. Il ne fait l’unanimité ni auprès des supporters, ni dans le vestiaire, ni dans les bureaux. Des tensions existent à tous les niveaux. Le manque d’investissement de certains joueurs a surpris dimanche soir et l’écart technique entre les deux équipes était saisissant. Sans Stéphane Ruffier et ses arrêts, les Verts auraient pu en prendre dix, alors qu’ils n’ont eu qu’une seule véritable occasion,  d’entrée, sur le face-à-face entre Romain Hamouma et Anthony Lopes. La suite, on la connaît et on n’est pas près de l’oublier. Ce derby fera date. Il est historique par son score.

L’ASSE a déjà perdu bien des batailles mais celle-ci a soulevé une véritable onde de choc. Les supporters ont réclamé “une équipe digne de son public”, ils ont fait entendre leur mécontentement, leur colère. Pas sûr que la simple lecture du classement puisse les calmer ou les rassurer. L’ASSE reste 6e de L1. Ce qui relève du miracle vu son premier tiers de saison. Mais ce qui rassure le plus, un peu, c’est que Loïc Perrin et Rémy Cabella devraient être là après la trêve internationale. Avec eux, Stéphane Ruffier ne sera plus tout seul. Il faudra trouver d’autres “braves” pour inverser la tendance, mais certaines recrues vont quand même bien finir par se réveiller. Et Oscar Garcia va peut-être bien se montrer un peu plus inspiré dans ses choix. Il sera de toute façon impossible, pour tout ce joli petit monde, de faire pire que ce qu’on a vu dimanche soir, lors du derby de la honte.

Laurent Hess, à Saint-Étienne