Girondins – L’oeil de Denis Balbir : « Paulo Sousa ne peut pas faire de miracles »

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Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Retour sur la dynamique inquiétante des Girondins de Bordeaux, une nouvelle fois battus par Angers (0-1).

« Samedi, les Girondins de Bordeaux se sont encore inclinés au Matmut Atlantique. Face au SCO Angers cette fois-ci (0-1). Bordeaux est devenu une équipe très quelconque de notre Ligue 1. Elle l’était déjà auparavant à cause de ses joueurs moyens et de ses bouleversements sur le banc mais cette équipe donne encore l’impression de se chercher à trois journées de la fin.

Quand on voit les débuts compliqués de GACP, on ne peut que féciliter après coup M6 d’avoir été aussi présent dans les belles de Bordeaux et d’avoir réalisé une belle vente… Si ce public a beaucoup été gâté à une certaine époque et jusqu’au passage de Laurent Blanc, on ne voit pas comment la solution peut arriver du côté des Girondins. Il y a eu beaucoup de changements de coachs ces derniers mois, peu d’arrivées marquantes au sein d’un effectif… Aujourd’hui, on a du mal à voir une ossature se dégager de cet effectif. Cette saison, on s’ennuie fortement à regarder les Girondins.

« Bordeaux n’a pas de soucis à se faire pour son maintien mais…»

Pour ce qui est de la lutte pour le maintien, je pense que c’est plié et que Bordeaux n’a pas de soucis à se faire. On ne peut pas dire d’un côté que Toulouse est sauvé et s’inquiéter pour les Girondins qui ont un point de plus au classement. Bien sûr, les Bordelais vont aller à Lille lors de la prochaine journée mais il leur restera la réception de Reims et le voyage à Caen. Il y a matière à prendre encore quatre points. Je m’en fais pas pour leur pérennité en Ligue 1 cette saison, surtout qu’il y a encore quatre équipes derrière (Amiens, Toulouse, Monaco et Caen) et que Bordeaux dispose d’un meilleur goal-average par rapport à toutes ces équipes.

Reste que la saison prochaine se prépare dès aujourd’hui et, cet été, il y a une profonde reconstruction à effectuer. Comme Lille par le passé, il faut rebâtir pièce par pièce. Il y a un travail collectif à réaliser pour attirer les joueurs à Bordeaux. Faire venir des joueurs au Haillan, ce n’est pas difficile dans le sens où il y a une grosse qualité de vie en Gironde. Maintenant les faire venir pour le football, ça reste compliqué. Les joueurs n’ont pas forcément la même envie que lorsqu’on leur parle de Marseille ou de Lyon. Bordeaux, c’est gentil, sans pression et cela reste une équipe qui évolue dans un grand stade difficile à remplir… Tout est à recommencer.

« Sur le banc, des erreurs de casting répétées »

Pour finir, un petit mot sur les débuts laborieux de Paulo Sousa (5 pts en 7 matches, pire démarrage d’un coach de Bordeaux depuis 1972). En même temps, il ne peut pas faire de miracles. Pour moi, le plus inquiétant ce n’est pas que le Portugais ne trouve pas la solution. C’est plutôt que Bordeaux ne trouve pas un entraîneur. On a pris Ricardo, Poyet, Sousa… Que des entraîneurs qui ne connaissent que très mal la Ligue 1 d’aujourd’hui. Tout le monde sait qu’à Bordeaux, c’est Eric Bedouet (préparateur physique) qui faisait tout le travail jusqu’à présent. On ne peut pas espérer réaliser des résultats en Ligue 1 sans un entraîneur charismatique sur le banc. Bordeaux souhaite prendre un étranger ? Ok. Mais autant prendre quelqu’un de charismatique comme un Rafael Benitez.

Je respecte beaucoup Paulo Sousa pour sa carrière de joueur mais qu’a-t-il fait de grand sur le banc ? Gustavo Poyet idem. Qu’avait-il fait avant d’arriver à Bordeaux à part claquer la porte de tous les clubs qui lui ont donné sa chance ? Pour moi, il y a des erreurs de casting répétées. Il va falloir que ça cesse… Est-ce que Bordeaux va pouvoir construire quelque chose autour de Paulo Sousa ? Je ne sais pas, peut-être… Je n’ai pas dit que c’était un incapable. Mais quand on est Bordeaux, on dispose d’un club historique et d’une carte de visite. C’est quelque chose qu’il faut faire perdurer. Il ne faut pas s’amuser à aller aux quatre coins de l’Europe chercher un entraîneur en partant du seul prétexte qu’on est actionnaire américain et qu’on n’y connait rien au ballon. Pour construire quelque chose, il faut démarrer par la première pierre pas par le toit… »

Recueilli par Alexandre CORBOZ

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008