PSG – L’oeil de Denis Balbir : « Un titre attendu… Et mérité »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Focus sur le 8e titre du PSG, glané avec une semaine de retard ce dimanche.

« Même si on savait que le PSG serait champion de France dès le mois de juillet, le dénouement a été long à se dessiner. Ces dernières semaines, Paris n’a pas été épargné par les blessures ni par les distensions au sein du club. Dans les dernières déclarations de Thomas Tuchel, on sent bien que le traumatisme de la Ligue des Champions n’est pas encore digéré. Pour se consoler, on pourra toujours se dire que si le PSG était passé face à Manchester United, cela aurait quand même été difficile de voir plus loin vu la cascade de pépins qui s’est abattu sur cette équipe. On sait désormais que pour passer un cap, le PSG devra bâtir une équipe beaucoup plus forte physiquement et mentalement mais on n’en est pas encore là…

Dimanche, le PSG a validé son titre champion de France sans jouer avec le match nul du LOSC (0-0 à Toulouse). Les Parisiens l’ont néanmoins dignement fêté au Parc des Princes en battant l’AS Monaco (3-1) grâce à un grand Kylian Mbappé, auteur d’un triplé, avec les retours de Neymar et d’Edinson Cavani sur le terrain. Ce succès entérine un titre attendu et mérité… Un titre qui va faire du bien à Thomas Tuchel.

« Malgré cette période difficile, Tuchel restera l’une des bonnes surprises de la saison »

Ces derniers, les critiques se sont abattues sur lui. Jusqu’à présent, on connaissait le Tuchel calme et jovial, serein dans ses explications notamment sur les cas sensibles (Adrien Rabiot par exemple). Au cœur de la mini-crise traversée par le PSG, on a vu l’Allemand plus agacé. Même dans son pays d’origine, tout le monde est surpris de ses réactions par rapport aux dirigeants, aux blessures, aux absents, au recrutement…Je pense que Thomas Tuchel est encore à vif par rapport à l’élimination en Ligue des Champions et qu’il ne parvenait tout simplement plus à se canaliser face à un titre de champion qui lui échappait de match en match avec une équipe diminuée, humiliée puis blessée physiquement et psychologiquement. Ce craquage est compréhensible.

Maintenant cela n’enlève rien à son bilan. Pour moi, il restera l’une des bonnes surprises de la saison. Je trouve qu’il a fait du bon travail avec une équipe qu’il a fallu remodeler, sans véritable numéro 6, avec des blessés importants. A mes yeux, il garde l’image d’un entraîneur passionné, qui a su gérer son vestiaire et avoir quelques idées. Tout n’est pas parfait. Certains de ses choix (Kehrer à droite, Meunier sur le banc) m’ont interrogé mais il mérite d’être revu.

« Une finale plus ouverte qu’il n’y paraît »

Outre le 8e titre de champion de France, la bonne nouvelle pour le PSG c’est que les joueurs majeurs sortent tous de l’infirmerie. Des retours qui tombent à pic avant cette finale de Coupe de France face à Rennes, dernier grand objectif de Paris sur cette fin de saison. Avant d’aborder ce match, on constate que les deux finalistes affichent beaucoup de fébrilité. Cela annonce une finale plus ouverte qu’il n’y paraît.

Le PSG ne peut pas se permettre de perdre cette Coupe après être sorti de la Coupe de la Ligue. Ce serait une tâche de plus dans la saison… Les Franciliens ont une grosse pression sur les épaules d’autant qu’il n’y aura plus l’excuse des blessés, le groupe étant quasiment au complet pour ce match. Côté Rennais, cela joue certes moins bien depuis un moment mais il faut attendre des hommes de Julien Stephan qu’ils donnent tout sur cette finale. En Ligue 1, les Bretons n’ont plus rien à espérer et ils vont jouer leur saison sur un match. On l’a vu en Ligue Europa : Rennes est capable d’être spectaculaire face à n’importe qui (Arsenal, Bétis…) et veut vraiment regoûter aux belles ambiances européennes dans son Roazhon Park. Ce ne sera pas un adversaire facile pour le PSG. »

Recueilli par Alexandre CORBOZ