8 idées reçues sur le Clasico (2/8) : le Real Madrid a toujours été un club riche

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Le Clasico, qui devait avoir lieu le 26 octobre, a été reporté à mercredi prochain. Pendant toute cette semaine, Butfootballclub va tordre le coup à quelques idées reçues sur le FC Barcelone et le Real Madrid.

La puissance financière des deux géants du football espagnol fait rêver la planète entière. Cette année, le FC Barcelone est devenu le premier club de sport à franchir la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires. Un montant incroyable que même les immenses franchises américaines comme les Los Angeles Lakers en basket, les Dallas Cowboys en football américain ou les New York Yankees en baseball ne peuvent approcher.

Mais si les Blaugranas sont les plus riches aujourd’hui, ils le doivent essentiellement à la formidable popularité de Lionel Messi ainsi qu’à la génération dorée de Xavi, Iniesta, Piqué, etc. Les dirigeants barcelonais ont compris qu’ils avaient de l’or entre les mains et ils ont eu l’intelligence de le faire fructifier. Mais avant cela, le plus riche des deux géants, c’était le Real Madrid. Cependant, contrairement à ce qu’on entend souvent, les Merengue ne sont pas nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, fruit de l’amour du Roi d’Espagne pour le club.

S’ils sont devenus riches, c’est grâce au génie de Santiago Bernabeu. Avant la guerre civile (1936-39), le Real était déjà un club qui comptait dans le panorama espagnol mais il n’était pas plus riche que le Barça, l’Atlético, Valence ou, surtout, l’Athletic Bilbao, qui écrasait la compétition à l’époque. La guerre civile l’a laissé exsangue. Pour rappel, si la Catalogne se présente comme la grande victime des troupes de Franco, c’est bien Madrid qui est tombée la dernière face au dictateur.

Le Real s’est alors retrouvé sans dirigeants, beaucoup étant tués ou en fuite, sans stade car le sien avait été donné à l’Atlético (le club de l’armée de l’air…) et la plupart de ses trophées avaient été volés ! Il était au bord de la disparition pure et simple quand Santiago Bernabeu, ancien joueur, entraîneur et dirigeant du club, a été élu président. Pour ce visionnaire, le Real ne pouvait s’en sortir qu’en construisant un stade immense.

Cure d’austérité dans les années 60-70

Sans aucune aide l’Etat, il a donc emprunté des sommes conséquentes aux banques pour faire bâtir Chamartin. Puis, il s’est attelé à recruter des stars afin de remplir les 120.000 places. Cette politique a mené à l’immense équipe ayant écrasé l’Europe de 1956 à 1960. Seulement, malgré les recettes aux guichets, malgré des matches d’exhibition aux quatre coins de la planète, malgré les succès, le déficit devenait de plus en plus alarmant.

Si bien qu’au début des années 60, Bernabeu décida de faire davantage confiance à la formation ainsi qu’aux joueurs espagnols. Pendant deux décennies, le Real a été en cure d’austérité avant de recommencer à investir massivement dans les années 80, de creuser à nouveau sa dette, jusqu’à l’arrivée de Florentino Pérez à la présidence, qui a vendu la Ciudad Deportiva pour combler le déficit.

Des comptes à l’équilibre

Donc, non, le Real Madrid n’a pas toujours été un club riche. Et surtout, s’il génère toujours énormément de recettes, il est obligé, comme toute entreprise, de présenter des comptes à l’équilibre. Quand ce n’est pas le cas, soit il connaît une période d’austérité, soit il doit réaliser une grosse opération financière (vente de joueurs ou de terrains). Ce qui est très loin de l’image de nabab qui lui est souvent accolée…

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001