OL – Mercato : les Anglais éliminés de la course au « nouveau Kadewere »
Tino KadewereCredit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
ENQUÊTE BREXIT

OL – Mercato : les Anglais éliminés de la course au « nouveau Kadewere »

Le règlement des transferts vers l'Angleterre a évolué suite au Brexit. Le cas concret du lyonnais Tino Kadewere nous permet de bien comprendre les principales évolutions appliquées au football français.

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Pour bien comprendre la subtilité des règlementations anglaises, le cas du lyonnais Tino Kadewere (25 ans) est intéressant. Lorsqu'il était meilleur buteur de Ligue 2 avec Le Havre (20 buts en 24 matches en 2019-20), le Zimbabwéen aurait pu être transféré directement vers un club anglais plutôt qu'à l'OL. A niveau de performances égales, ce ne sera plus possible depuis le 1er janvier dernier.

Avec le Brexit et les changements de réglementation, l'international A zimbabwéen (hors du Top 50 de la FIFA et donc pas éligible au permis de travail automatique) n'aurait pas pu obtenir – même en jouant 100% des matches de L2 - plus de 12 points sur les 15 nécessaires au « GBE ». Bien sûr, une commission aurait pu étudier son cas particulier et lui permettre de jouer en Grande-Bretagne... Mais au prix d'une bataille complexe à l'issue incertaine. A contrario, le simple fait de passer par une étape intermédiaire en L1 change complètement la donne avec une obtention quasiment automatique du « GBE » du fait du prestige de l'élite française (voir les explications concernant le permis de travail).

Le réveil possible d'une concurrence étrangère sur les pépites L2 ?

D'un côté, on aura donc une Ligue 2 quasiment sortie de la course aux grosses ventes anglaises. De l'autre, une Ligue 1 qui peut en profiter pour aller chercher les meilleurs talents (à des prix inférieurs à ceux pratiqués par les clubs de Premier League et de Championship) pour les valoriser et toucher le jackpot un ou deux ans plus tard. Pour autant, et comme le rappelle Olivier Jarosz, ancien membre de l'ECA (European Club Association) désormais Managing Partner chez Club Affairs, ce changement de réglementation n'est pas une aubaine que pour les clubs de L1 :

« Le fait d'éliminer une source de revenus qui écrasait les autres concurrents, cela ne veut pas dire qu'on élimine les autres concurrents pour autant. Les Espagnols ou les Italiens peuvent être tentés d'offrir des contrats. Jusqu'ici, ils étaient à la masse, dans l'incapacité de suivre sur les offres anglaises. Il se peut aussi que cela profite aussi à l'Allemagne ou à quelques structures autrichiennes sur le modèle de ce que fait le Red Bull Salzbourg. En fermant le marché anglais, on va créer l'appétit dans d'autres clubs et d'autres championnats ».

En revanche, ce qui est certain, c'est que « l'élimination » des Anglais à la course sur ce type de joueur va mécaniquement faire baisser les prix et les salaires réclamés... Même si la crise économique et sanitaire de la Covid-19 avait déjà commencé sa campagne de « démolition » de cette bulle spéculative.