ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Puel tranche, Kolo découpé ! »

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Didier Bigard pose son regard sur l’actualité de l’ASSE, où Claude Puel, désireux de réduire son effectif, vient de pointer du doigt Timothée Kolodziejczak.

« En ce début de Mercato… » le confrère qui a commencé ainsi sa question au point presse avant le match de Coupe de France de l’ASSE vendredi dernier a vu Claude Puel sursauter. En relevant qu’on était quand même déjà le 16 janvier le Manager des Verts en a plus dit qu’il n’y parait de son impatience et implicitement de la pression qu’il met sur la cellule chargée d’orchestrer des mouvements au sein du club.

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Ici, on n’est pas à l’OM. Pas de Paul Aldridge nommé par le président pour faire de l’argent, pas de psychodrame, pas d’états d’âmes, mais une exigence et une autorité qui s’affirment au fil des semaines avec celui qui est sorti renforcé par le soutien apporté par le Président du conseil de surveillance, Bernard Caïazzo via un sms qu’il nous a adressé « Crédit total à Claude Puel. C’est lui qui aura raison à la fin ».

Deux jours plus tard, le président du Directoire, Roland Romeyer, renchérissait, de façon très formelle, devant les partenaires du club «En dix ans, nous avons doublé notre budget et atteint les limites de notre potentiel économique…  Il y a une autre voie pour réussir des performances, celle de la formation, du développement de jeunes talents. C’est la voie que nous avons choisie avec Claude Puel, notre manager général, et Xavier Thuilot, notre Directeur général des services ».

Tant pis pour ceux qui rêvaient d’une équipe allant titiller l’OL cette saison, le club est engagé sur un autre chemin et son nouveau patron technique, au sens très large, entend bien écarter tous les cailloux qui pourraient faire trébucher sa démarche.

Il veut d’autres départs

La feuille de route de David Wantier pour ce mois de janvier était claire : alléger la masse salariale, écrémer un groupe qu’il a largement contribué à élargir à la demande de Ghislain Printant (il nous l’avait bien précisé cet été) mais aussi un effectif considérablement renchéri, entre autres avec Jean-Louis Gasset. A chaque période ses exigences, sa politique et son discours. Wantier s’adapte tant bien que mal. Robert Beric est parti, très heureux d’être à Chicago, et Puel s’en félicite puisque « les deux parties sont satisfaites », mais il veut voir d’autres joueurs changer de ciel, et pas seulement Diony et Lacroix.

Il n’a pas voulu évoquer le sort de M’Vila ce qui veut dire beaucoup, mais moins que sa déclaration sur Kolodziejczak samedi soir à Charlety « Vous allez le voir de moins en moins. Pourquoi ? Parce que je veux garder le bon état d’esprit de l’équipe comme j’ai vu, ce soir. Vous en tirez les conclusions que vous voulez ». De là à entamer des négociations du côté du Mexique, il n’y a qu’un pas. Le contrat de prêt de l’ex-joueur des Tigres, assorti d’une option d’achat de 5 M€ va être étudié de près. Roland Romeyer avait tiqué devant ce montant et fait traîner les discussions. Peut-être avait-il raison au vu des prestations de l’intéressé. C’est aussi un message adressé à tout le groupe par son entraîneur. Yohan Cabaye qui l’a connu à Lille n’est pas surpris « Il a cette réputation. C’est lui qui décide. Et il n’a pas changé ». Kolo qui était à Lyon puis à Nice avec lui aurait dû s’en souvenir…

Il distribue des bons points à Cabaye, Khazri, Debuchy, Abi

Puel ne manie toutefois pas le seul bâton. Après le Paris FC, il a distribué des bons points, à Abi « Il a fait de bons appels, a permis de garder des ballons haut sur le terrain. Il a eu du déchet, mais est resté dans son match », et à trois de ses cadres, Khazri, Cabaye, Debuchy « des exemples», comme pour mieux répondre à ceux qui évoquent une fracture avec les anciens. On affirme qu’il ne travaille qu’avec les jeunes, après une séance devant le but avec Abi (alors que dix jours avant, khazri et Beric avaient effectué le même travail)? Lui répète que sa « volonté de développement individuel concerne les jeunes et les moins jeunes » avec pour exemple Perrin.

Difficile de prétendre pour autant que tout va bien. L’équipe pointe à une 15eme place qui crispe les sourires. On va donc attendre Nîmes, comme Debuchy « on a montré du caractère et c’est bien de s’être qualifié mais on va voir si on a bien rectifié le tir et notre force mentale ».  On va aussi retrouver le vrai Geoffroy-Guichard après le huis clos de Nantes. En attendant de découvrir un renfort offensif. Mais, là, on se répète… »

Didier BIGARD

Laurent HESS

Journaliste à But! depuis 2000