ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Un buteur et ça change tout »

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Ancien responsable des sports au Progrès, Didier Bigard pointe les lacunes offensives actuelles de l’ASSE et son Mercato…

« Le plus difficile dans le football, c’est marquer des buts». Ghislain Printant peut reprendre cette formule si souvent utilisée par ses prédécesseurs. Comme Christophe Galtier après les départs de Brandao et Aubameyang, comme Jean-Louis Gasset qui a attendu en vain un avant-centre, en plus du latéral qu’il réclamait avant de lâcher prise, le nouveau coach de Verts s’est heurté au problème pendant que ses attaquants butaient sur les défenses de Brest, Lille et Marseille.

Les calculs en ce début de saison sont vite faits et on comprend pourquoi, Printant, avant même d’aller à Lille, prévenait « il n’y aura pas de bilan après quatre journées ». Il avait anticipé les soucis et était tout aussi conscient des lacunes de son équipe que des problèmes liés au calendrier même si, diplomate avec ses joueurs, il ne mettait en avant que celui-ci « On savait que le départ risquait d’être difficile avec trois déplacements sur quatre matches ».

Oui, on peut s’inquiéter

On comprend aussi pourquoi l’objectif, confirmé par Loïc Perrin avant Brest, était de prendre six points lors des deux premières journée avant une périlleuse traversée nord-sud de la France. Faire tourner le compteur, c’était même une obsession avant d’aller au LOSC et ne parlons pas de celle de mettre fin à quarante ans sans victoires au vélodrome. Raté et raté.

Doit-on s’inquiéter en consultant le classement? Oui, parce que cette 16e place à cinq longueurs de Paris, Rennes, Nice, Angers ne traduit pas seulement une impuissance face aux ténors du championnat, comme l’an dernier, puisque les Brestois sont passés par là. «Ils n’ont gagné qu’à Dijon qui est en grande difficulté » ont relevé les consultants de Canal Plus privés de débat sur le jeu stéphanois tant il y a eu consensus.

Beric a souffert de la comparaison avec Benedetto, forcément

Les acteurs avaient donné le tempo avec Yann M’Vila dès la mi-temps « On arrive bien à manier le ballon mais on pêche ensuite dans les trente derniers mètres. Il faut être plus rigoureux devant pour conclure nos actions ». Le milieu de l’ASSE a donné l’exemple avec une frappe détournée en corner, mais cela n’a pas suffi. Mathieu Debuchy l’a constaté pendant que les Olympiens fêtaient leur succès avec leurs supporters. « On a tout mis dans le jeu pour réussir quelque chose, mais il manque ces quinze derniers mètres où on aurait dû être plus tranchant, aller plus vers le but ».

Le défenseur parle de « ce petit truc qui aurait permis de prendre un point ou de gagner » et pas besoin de longs discours: deux mots suffisent « finition, justesse ». L’OM a résolu l’équation comme le relève Laure Boulleau en mettant en avant Benedetto « Il a du tempérament et surtout il marque des buts. C’est ce qui manquait cruellement aux Marseillais ». C’est ce qui a fait la différence et forcément, Robert Beric a souffert de la comparaison, Habib Beye parlant même de problème pour le jeu de l’ASSE face à la défense olympienne « tout ce qu’ils font avant, c’est bien, mais Beric est inoffensif, c’est insuffisant pour valider un bon contenu».

Bouanga apporte de la verticalité

L’évidence n’a pas échappé à Ghislain Printant « on s’est créé des situations mais on n’a pas su conclure » mais il ne pointe évidemment personne, même s’il a bien du remarquer que la rentrée de Bouanga avait poussé la verticalité qu’il souhaite dans le jeu, au delà des vingt mètres adverses. Reste maintenant à trouver le ou les finisseurs. Parce que même si Laurent Paganelli explique que « le football, ce n’est pas seulement marquer des buts, c’est aussi ne pas en prendre». On aime bien voir les filets adverses trembler. Pour ceux des Marseillais on va patienter un an de plus. Peut-être que l’ASSE aura trouvé son Benedetto… »

Didier BIGARD