ASSE – L’oeil de Joss Randall : « En 10, j’aimerais bien voir Khazri »

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Chroniqueur sur le site Peuple Vert, Joss Randall évoque sa passion pour l’ASSE et pose son regard sur les premiers choix de Claude Puel.

But Saint-Etienne : Joss, d’abord, pourquoi ce pseudo ?

Joss RANDALL : Pour garder l’anonymat, déjà, pour vivre heureux vivons cachés, et puis Joss Randall parce que j’aimais bien la série, Au Nom de la loi. Je suis né dans les années 70. Normalement c’est Josh Randall, mais moi c’est Joss. C’est mon frère qui m’appelait comme ça. Il était encore plus fan de la série. Le prénom est resté. Je l’aime bien. La référence à Steve Mac Queen me plait.

Vous avez grandi à Saint-Etienne ?

Oui. Enfin pas très loin, à Saint-Héand. J’ai passé les vingt premières années de ma vie dans la région. J’étais au Lycée à « Sainté », à Saint-Louis. Ensuite j’ai pas mal bougé, pour le boulot. Je suis allé à Nancy, à Montréal, à Tours, à Lyon, à Paris. Et là, depuis 2010, je suis de retour.

Vous continuiez d’aller au stade pendant vos périodes d’exodes ?

Bien sûr. Dès que je pouvais. Et aujourd’hui je suis abonné en Henri Point, Carré légende.

De quand datent vos premières chroniques ?

Les premières, c’était il y a 25 ans. On refaisait les matches avec mon pote Nico, supporter rennais, qui vit aujourd’hui à New York. Mais c’était entre nous, ça restait confidentiel. C’était un délire entre potes. En 2015, j’ai eu envie de m’amuser à écrire et de profiter d’Internet pour donner mon opinion sur les Verts. J’ai contacté un blog, Diable Vert. J’ai envoyé une chronique mais on m’a dit : « C’est pas mal mais j’ai trouvé quelqu’un d’autre ». C’est là que j’ai vu une petite annonce du site Peuple Vert. Et Alexandre, le webmaster, m’a dit « OK » de suite. C’était en août 2015.

Vous avez votre style bien à vous, fait d’humour et de références…

Je m’amuse. C’est du plaisir. J’essaie d’allier mon opinion avec une certaine dose d’humour. J’ai carte blanche. Avec Alex, il n’y a pas de censure. Il m’avait changé un titre une fois et ça m’avait fait bondir. Depuis, il ne change plus une virgule ! Pierre Ménès trouve que les chroniques sont un peu longues. Mais je ne m’auto-censure pas ! On avait écrit la 100e chronique ensemble, en collaboration. C’était sympa.

Etant plutôt du genre poil à gratter, certains de vos écrits ont dû vous attirer des remontrances…

Alex a eu des retours du club, mais ce n’est jamais remonté jusqu’à moi. La seule fois, c’était avec Ghislain Printant. Il avait harcelé Alex pour avoir mon numéro. On a eu une discussion tendue au début, puis très cool à la fin. Je lui ai expliqué qu’il ne fallait pas tout prendre au premier degré. Je ne m’en prends pas aux homes mais à ce qu’ils font sur le terrain, aux joueurs.

« On a pris du retard. Plusieurs clubs ont pris de l’avance sur nous. C’était un peu le dernier moment pour monter dans le train mais je crois que l’attelage Puel-Thuilot peut nous amener vers un club plus vendable. En l’état, il ne l’est pas. Il y a tout à refaire, du sol au plafond. »

Ghislain Printant justement. Qu’avez-vous pensé de son éviction ?

On l’a tous vue venir. Après, j’ai trouvé les déclarations de Roland Romeyer pas terribles. Sur le fond, je pense que tout le monde était d’accord avec lui, mais la forme… Il s’est lâché, il a réglé ses comptes. Quand il est sous tension comme ça, Romeyer peut être destructeur pour l’image du club. Caiazzo et lui auraient simplement dû dire : « On a essayé avec Printant mais ça n’a pas marché. Merci, bon vent. On s’est trompés, on repart sur autre chose. Point barre. »

Claude Puel, est-ce un bon choix selon vous ?

Je pense que c’est un excellent choix dans le contexte actuel. Dans le jeu proposé, sa philosophie, il ne m’a pas toujours fait rêver. Ce n’est pas un chantre du spectacle, je ne crois pas. Et il est un peu raide dans sa communication. Mais dans l’état où est le club, il n’y avait pas plus désigné que lui. Il va faire bosser tout le monde. Il va faire de la place aux jeunes, on va en voir émerger. C’est un bâtisseur. Il est là sur du long terme. Le club était en déliquescence organisationnelle. On avait un président du Directoire et un coach, mais personne entre les deux. Là, on a un manager général qui arrive avec son directeur général. Il n’y aura plus d’ingérences des actionnaires. On peut faire confiance à Puel pour bâtir. C’est l’homme de la situation : il va restructurer l’ASSE. Plusieurs clubs ont pris de l’avance sur nous. C’était un peu le dernier moment pour monter dans le train mais je crois que l’attelage Puel-Thuilot peut nous amener vers un club plus vendable. En l’état, il ne l’est pas. Il y a tout à refaire, du sol au plafond.

Que pensez-vous des débuts de Puel ?

Il a déjà fait des choix forts. Il a mis Khazri plusieurs fois sur le banc, il a titillé Ruffier et M’Vila. C’est bien. Il marque son territoire d’entrée. Il montre que les statuts ne suffisent plus. Par contre, je le trouve un peu clément vis à vis de M’Vila. Il y a du mieux dans l’implication mais il ne casse plus les lignes, son apport dans le jeu est insuffisant. Il souffre de la comparaison avec Youssouf, qui prend plus le jeu à son compte. Je trouve M’Vila moins rayonnant depuis le départ de Selnaes, mais avec Youssouf, on a trouvé un joueur du niveau du Norvégien. Et plus jeune, en plus. C’est une bonne pioche.

« On va voir comment Boudebouz va finir l’année mais je trouve qu’il manque d’intensité. Il n’élimine pas. A part quelques éclairs, il n’a pas montré grand-chose. Il n’a pas de coup de reins. »

Puel fait jouer les jeunes…

C’est ce qu’il faut. Abi est très bon. Il est physique, technique. C’est l’attaquant moderne. Il me rappelle un peu Bafé Gomis, en plus léger. Il est capable de jouer dos au but et de prendre la profondeur. C’est vraiment dommage qu’il se soit blessé. Fofana, j’aime beaucoup aussi. Il est bien meilleur que Moukoudi. Je le préfère largement.

Moukoudi a disparu, Trauco aussi…

Ce sont deux déceptions. Moukoudi a montré des limites. Il ne va pas vite, il ne relance pas bien. Ce n’est pas Saliba ! J’espère qu’il a encore une marge de progression mais j’en doute. Ce n’est pas un joueur pour viser le Top 5. Et Traucone m’a pas convaincu non plus. Il défend peu, il ne centre pas bien.

Vous aimeriez voir Bilal Benkhedim ?

Tout à fait. Il a montré qu’il était talentueux. Mais Est-ce qu’il a le coffre, je n’en suis pas sûr.

Puel insiste avec Ryad Boudebouz…

Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose. On va voir comment Boudebouz va finir l’année mais je trouve qu’il manque d’intensité. Il n’élimine pas. A part quelques éclairs, il n’a pas montré grand-chose. Il n’a pas de coup de reins. En 10, j’aimerais bien voir Khazri. Je rejoins Puel quand il dit que ce n’est pas un 9. C’est plus un accélérateur, un perforeur. Il n’est pas encore à 100% de ses capacités physiques, contrairement au début de saison dernière, et c’est ce qui fait qu’il a du déchet, qu’il rate ses dribbles. Mais j’aimerais le voir en soutien de deux ou trois attaquants. Sa relation avec Bouanga est intéressante.

Bouanga en piston, vous aimez ?

Je suis partagé. Avec les aller-retours qu’il fait, j’ai peur qu’il se crame. Et je trouve que c’est un peu le brider. Je le verrais plutôt devant, avec Hamouma.

Qu’avez-vous pensé des déclarations de Gilles Favard sur Jessy Moulin ?

Favard, le crachat, c’est son fond de commerce. A travers ce qu’il a dit sur Moulin, on sent bien ses accointances. Ruffier a des références que Moulin n’a pas, mais à chaque fois qu’il a joué, Moulin a été performant et ça se saurait s’il était une pleureuse et la taupe du vestiaire. Il n’est ni l’un ni l’autre. Ces attaques étaient gratuites et dégueulasses.

Laurent HESS