ASSE : Robert Nouzaret valide le choix de Ghislain Printant… tout en taclant les dirigeants

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L’ancien coach stéphanois Robert Nouzaret, de retour à Montpellier depuis trois ans, revient sur le travail effectué par Jean-Louis Gasset à l’ASSE. Avec le sentiment que l’aventure s’est terminée trop rapidement, même s’il valide le choix de Ghislain Printant…

But : Robert, vous connaissez bien Jean-Louis Gasset. Son départ de l’ASSE vous a-t-il surpris ?

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Robert NOUZARET : Oui. Je connais Jean-Louis depuis très longtemps. Tout jeune déjà quand il était en Juniors je le voyais jouer et je l’ai eu dans mon équipe. C’était un numéro 6. Il avait une bonne technique et une très bonne intelligence de jeu avec l’agressivité qu’il fallait. Il se posait déjà énormément de questions sur le plan de jeu. C’était dans sa tête de devenir entraîneur. Pour moi, Jean-Louis aime bien trop le football pour arrêter comme ça, sur un coup de tête. Je comprends qu’il soit épuisé, que sa famille lui manque, mais arrêter sans vivre une saison avec la Coupe d’Europe, ça parait incroyable…

Vous pensez que les dirigeants n’ont pas tout mis en œuvre pour qu’il reste ?

Je pense que c’est surtout ça oui, plus que la fatigue. Que doit faire de plus un entraîneur comme lui pour que ses dirigeants fassent réellement tout ce qu’ils peuvent pour le garder ? Il a fait le maximum pour Saint-Etienne. Il a redressé le club et il part avant de savourer les fruits de son travail. Je trouve ça vraiment dommage.

Pour lui ou pour le club ?

Pour les deux. Jean-Louis, son travail ne se limite pas aux pros. Lorsqu’il termine l’entraînement, il regarde un peu ce qu’il se passe autour. Ça a permit à des jeunes comme Saliba de percer. Et pas qu’à lui. Si on a vu que l’ASSE avait de bons jeunes, c’est parce qu’il y a eu du bon travail de fait au centre de formation, mais aussi parce que Jean-Louis n’a pas hésité à les intégrer à son groupe et à les faire jouer.

« Je trouve que c’’est bien mieux de nommer Ghislain que d’aller chercher un nouveau coach. Il connaît le groupe, le club, le contexte. Il a déjà de l’expérience en tant que numéro 1. C’est une bonne décision des dirigeants. »

Il vous ressemble dans sa façon de coacher ?

C’est possible. On a des points communs dans la passion qu’on l’on met, les valeurs. On a été éduqués comme ça par Nicollin à la Paillade. La différence entre Jean-Louis et moi, c’est que je n’ai jamais été numéro 2. Il a pu apprendre aux côtés de Luis Fernandez, Laurent Blanc. Ce sont ces expériences qui ont fait que c’est un très bon entraîneur aujourd’hui. On aurait pu douter qu’il réussisse en tant que numéro 1 au vu de ses tentatives à Caen et Montpellier. Mais à Saint-Etienne, il a cartonné ! Ce qu’il a fait est formidable. Il est arrivé dans un club au plus bas, il a rassemblé des joueurs complémentaires que Saint-Etienne n’aurait peut-être jamais imaginé avoir. Et il faut associer Ghislain Printant à cette réussite. C’était le travail d’un duo.

Ghislain Printant était-il la meilleure solution pour prendre la relève ?

L’avenir le dira. Mais je trouve que c’’est bien mieux de nommer Ghislain que d’aller chercher un nouveau coach. Il connaît le groupe, le club, le contexte. Il a déjà de l’expérience en tant que numéro 1. C’est une bonne décision des dirigeants. Ghislain a appris beaucoup de choses aux côtés de Jean-Louis et il la mentalité pour entraîner Saint-Etienne.

Son expérience de n°1, c’était à Bastia…

Oui mais justement : entraîner Bastia, ce n’est pas évident !

Qu’est-ce qui fait un bon coach selon vous ?

Le relationnel avec le groupe, le club et le staff joue beaucoup. Quelle que soit la qualité que vous avez, l’important c’est de bien distribuer les rôles à ceux qui vous entourent dans le staff. Il faut que chacun s’exprime dans son domaine pour que le numéro 1 puisse choisir la bonne équipe et donner les bonnes consignes le jour du match.

Après toutes ces années, quel souvenir gardez-vous de Saint-Etienne ?

J’ai vécu une aventure à Saint-Etienne que je n’oublierai jamais. Cette passion, cette fièvre verte… Le trio que nous formions avec Alain Bompard et Gérard Soler était exceptionnel. Les supporters stéphanois se sont rendu compte que j’étais un bosseur, avec un caractère et que j’y mettais du coeur. C’est très important pour les supporters d’être un bosseur. Et Ghislain en est un, comme Jean-Louis.

 

Nathan VACHER, avec LH

Laurent HESS

Journaliste à But! depuis 2000