par Alexandre Corboz

RC Lens – Mercato : Guirassy, Cuisance, Grbic... Les Sang et Or prennent le pari du culot

Cet été, le RC Lens se montre très ambitieux au niveau du Mercato, n'hésitant pas à cibler des joueurs ne figurant pas, sur le papier, dans ses moyens.

De retour en Ligue 1 après cinq ans d'absence, le RC Lens entend marquer le coup et ne pas se faire la moindre frayeur concernant son maintien. Avec un budget largement revu à la hausse et un nouvel investissement signé de son actionnaire Joseph Oughourlian, le Racing s'est doté de quelques moyens lors de ce Mercato d'été 2020. On estime en effet entre 12 et 13 M€ (hors ventes) l'enveloppe dévolue au recrutement. Une enveloppe que les Sang et Or n'entendent pas dépenser n'importe comment et où chaque dépense se négocie au plus serré malgré tout.

Des paris de l'impossible ?

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Néanmoins, ce qu'on constate depuis le début du marché, c'est que le club artésien fait preuve de beaucoup d'ambitions sur ses pistes. Clair dans ses priorités (Azor Matusiwa, Gaël Kakuta), le RCL tente aussi quelques coups. Des coups qui paraissent très difficiles sur le papier vu l'exigence actuelle des clubs vendeurs (ou prêteurs). Ainsi, sur ces dernières heures, les noms de Serhou Guirassy (SC Amiens, valorisé à 20 M€ par son club) ou encore Michaël Cuisance (Bayern Munich) se sont ajoutés à ceux déjà cités. S'empilant au dessus du dossier Adrian Grbic (Clermont, 23 ans), qui, dès l'entame, vu la concurrence et les demandes auvergnates (supérieures à 10 M€), paraissait complexe. Ou encore sur la piste Maxime Gonalons (Grenade, 31 ans) dont le seul salaire romain (entre 260 000 et 280 000€ brut par mois) donnerait le tournis aux cadres du vestiaire de Franck Haise...

Une stratégie du culot qui rappelle le Nice pré-Ineos

A Lens, le tandem Pouille – Ghisolfi prend des risques et contacte des joueurs à priori inaccessibles. Il faut dire que le Racing peut vendre sa ferveur et Bollaert comme tremplin. Une stratégie du « gros poisson » qui n'est pas sans rappeler ce qu'avait fait John Williams du côté d'Amiens (avec le pari Ganso notamment) ou encore le tandem Rivère – Fournier avant l'arrivée d'Ineos à l'OGC Nice. Cette audace, qu'elle soit fructueuse ou non, marque en tout cas un vrai tournant de la politique lensoise. Un club qui, jusqu'à présent, capitalisait surtout sur son lien très fort avec Toulouse (4 arrivées de Haute-Garonne en 2019-20). Jugé sur ses résultats et la conclusion de ce Mercato particulier en plusieurs phases, le RC Lens ne se précipitera pas à dépenser son trésor de guerre et c'est bien là le principal enseignement de l'été concocté par les Sang et Or : il faudra être patient pour lire le jeu du board artésien.