ASSE – L’oeil de Didier Bigard : « Jean-Louis Gasset à Lyon ? Vous plaisantez ! »

Ancien responsable des sports au quotidien régional Le Progrès, Didier Bigard évoque l’avenir de Jean-Louis Gasset et la rumeur qui l’envoie à l’OL aux côtés de Laurent Blanc.

« On parle beaucoup de l’OL depuis huit jours à Saint-Étienne. Pas de derby en vue, mais les derniers résultats ont placé les Lyonnais en ligne de lire des Verts alors qu’il y a quelque semaines, ils semblaient intouchables, eux qui se voyaient déjà coiffer les Lillois sur le poteau. Tout va très vite dans le foot et Loïc Perrin a bien raison de le rappeler alors que les esprits s’enflamment autour de Geoffroy-Guichard et chez quelques suiveurs.

Il n’est pas interdit de rêver, mais parfois les songes tournent au cauchemar quand on porte le regard vers les voisins.

C’est le cas depuis que Bruno Genesio a officialisé ce que tout le monde aurait dû comprendre le soir même de l’élimination de la Coupe de France par Rennes. Quand l’entraîneur des Gones, grise mine à côté de Jean-Michel Aulas, parlait d’institution comme jamais sur les bords du Rhône, et qu’il concluait les propos de son président en grinçant « Je vais tout faire pour laisser le club dans l’état où je l’ai trouvé, à savoir qualifié en Champions league ».

« Celui qui a gagné le titre de président sur le terrain a toujours eu pour premier ministre un certain Jean-Louis Gasset. Et là, ça grince sérieux du côté de l’Etrat… »

Sans doute cette petite phrase n’avait-elle pas eu assez de résonance et fallait-il mettre les points sur les « i » pour qu’Aulas puisse ouvertement évoquer des noms de successeurs. C’est fait et le premier nom sorti est celui de Laurent Blanc. Qu’il ait porté le maillot vert ne gênera personne, ni d’un côté, ni de l’autre, parce qu’il n’est pas vraiment marqué d’une couleur, sinon le bleu de l’équipe de France et qu’il a fait briller tant de maillots prestigieux ou marqués du sceau de la fidélité à ses racines, qu’il est au dessus de toutes les mêlées. Mais alors pourquoi en parler ?

Parce que celui qui a gagné le titre de président sur le terrain a toujours eu pour premier ministre un certain Jean-Louis Gasset. Et là, ça grince sérieux du côté de l’Etrat…

La question est venue sur le tapis lors du point presse avant Bordeaux et la réponse de l’entraîneur de l’ASSE n’a rassuré personne « On a dit quoi ? On finit le championnat, on s’assied et on discute ». Le propos est ferme, mais moins clair que lorsqu’il répondait au sujet d’une collaboration avec Blanc « Si Laurent trouve, ce sera à l’étranger. On en a discuté : désormais, je veux rester à côté de ma famille. Je le remercie de ce qu’il a fait pour moi. J’ai connu, à Bordeaux, en équipe de France ou à Paris, des choses que jamais je n’aurais connues sans lui.»

L’écho revenu de l’ex-coach du PSG questionné par France-Football sur son futur était aussi net « Ce sera sans mon bras droit, même plus, sans mon double. C’est la vie. Avec Jean-Louis, on avait la même philosophie du football, le même ADN. Mais je suis content de le voir numéro 1 à Saint-Étienne, faire ce qu’il aime et être heureux. Je n’allais pas perturber tout ça en lui demandant d’attendre qu’on ait un club. C’était très clair entre nous.»

« Gasset est devenu un Vert, un vrai, un gars de Sainté »

Les cartes seraient-elles rebattues si Blanc prenait la suite de Genesio ? Personne ne veut y croire dans le Forez « C’est une plaisanterie ? A-t-on vu un entraîneur principal redevenir adjoint ? » La remarque se tient et d’autres petites phrases remontent pour mettre du baume au cœur des Verts, comme celle de Jean-Louis Gasset parlant de Groupama stadium après le derby en novembre « Il y a dix classes d’écart avec Geoffroy-Guichard. A la mi-temps, ils ont sifflé leurs joueurs parce qu’on leur avait fait peur. Je préfère cent fois Geoffroy-Guichard ».

L’accueil réservé à son nom, dimanche, à l’appel du speaker du stade « Et une ovation particulière pour Monsieur Jean-Louis Gasset » ne peut que conforter son sentiment ». Il est devenu un Vert, un vrai, un gars de Sainté « Toute une ville qui veut planter son drapeau sur l’Europe » comme le clame un tifo du kop Sud. Les 34000 spectateurs qui ont poussé l’équipe face à Bordeaux le savent. Sans Gasset, le club n’aurait pas rebondi il y a un an et ils seront encore plus nombreux à lui demander de rester et pas seulement dans le pigeonnier comme il l’a dit en évoquant sa position en tribune de presse à la suite de sa suspension. A rester aussi sans ce couloir qui mène à l’intérieur du chaudron telle une galerie de mine qui ouvre à nouveau sur la lumière… C’est lui qui tient la lampe. »

Didier BIGARD