OL, PSG – L’oeil de Denis Balbir : « Lyon et Paris ont de vrais problèmes à résoudre »

Chaque jeudi post-Ligue des Champions, Denis Balbir livre son ressenti sur l’actualité des clubs français. Retour sur les résultats nuls de l’OL à Hoffenheim et du PSG contre Naples.

« A Hoffenheim, l’OL peut avoir des regrets. D’un point de vue purement comptable, ramener un point de déplacement c’est bien. Mais au niveau du ressenti, c’est plus compliqué quand on se fait reprendre à 3-3 dans le temps additionnel après avoir longtemps mené. Forcément, c’est le scénario de ce match qui rend le résultat rageant. C’est d’autant plus regrettable que l’OL a souvent été plus à l’aise à l’extérieur qu’à domicile ces dernières années en Coupe d’Europe. J’espère qu’il ne regretteront pas ces deux points perdus contre ces mêmes Allemands dans 15 jours.

Pour moi, la plus grande faute de Lyon sur ce match, c’est de s’être relâché comme ils l’ont fait. Anthony Lopes a été bon, contrairement à sa défense. Les maux sont réguliers et se répètent saison après saison. Je ne sais pas comment l’OL peut faire pour se doter enfin d’une défense solide avec des joueurs complémentaires. Par séquences de deux-trois matches, on peut croire que Lyon tient enfin un quatuor défensif à la hauteur mais ça ne dure jamais. Encore heureux qu’Anthony Lopes soit bon car on le laisse trop souvent livré à lui-même… La cellule de recrutement doit travailler sur ce point car, sans faire injure aux joueurs présents, ça ne peut pas suffire pour le très haut niveau. Surtout si on veut exister en Coupe d’Europe.

« Ce Paris manque de repères sur les gros matches »

Avec le PSG, on savait dès le tirage au sort que ce serait une poule compliquée. C’est la première fois depuis l’arrivée des Qataris que Paris tombe dans un tel groupe avec deux autres gros morceaux à gérer. Ce résultat face à Naples (2-2) le confirme : rien ne sera simple. Beaucoup peuvent penser que le PSG a perdu deux points au Parc. Personnellement, je pense qu’ils en ont surtout gagné un grâce au talent individuel d’Angel Di Maria. Sans ce but, Paris était quasiment éliminé dès hier soir. Là, même si le PSG devra faire un exploit à Naples, il est encore possible de sortir de ce groupe. Une chose est sûre : il faudra tirer les conclusions de ce match.

Je n’ose imaginer que le PSG finisse troisième de sa poule. Si c’était le cas, ce serait la politique même du club qui ferait matière à débat. Et on reparlera du Mercato décevant de l’été dernier. QSI a beaucoup investi sur Neymar et Kylian Mbappé. Ils ne sont pas là pour gagner la Ligue Europa. Idem pour Edinson Cavani, idem pour Adrien Rabiot dont l’avenir parisien est incertain… Comment réagiraient-ils en cas d’élimination précoce ? Je ne veux même pas y penser. Je suis persuadé que le PSG est en capacité de se transcender. Thomas Tuchel est un bon coach. A l’instant t, Paris n’est pas au niveau pour se frotter à des grands d’Europe. On l’a vu avec Liverpool, avec Naples… Dans ces clubs-là, les grands joueurs évoluent au même niveau qu’ils le font en championnat. Sans doute parce que l’opposition locale est plus relevée. A Paris, on a l’impression que c’est tellement facile en Ligue 1 qu’une forme de routine s’est installée. Peut-être que cela devient un handicap pour cette équipe qui n’est plus en capacité de hausser son niveau. Ce PSG manque de repères dans l’agressivité sur les gros matchs… Je trouve le problème plus criant cette année que les saisons précédentes.

A mi-parcours dans cette phase de groupe, est-ce que l’on peut craindre un zéro pointé des clubs français ? Pour l’instant, rien n’est fini. Je pense que l’OL a les facultés pour passer. Lyon a un ADN européen et c’est un club bien géré. Bien sûr, il y a des carences mais les Gones me paraissent bien placés. Le PSG a encore ses chances. Même s’ils ont deux gros adversaires, Paris peut encore se mettre à la hauteur. C’est un grand club, avec de grands joueurs. A eux de montrer qu’ils peuvent eux aussi être grands sur le terrain. En revanche, pour l’AS Monaco, accroché à Bruges (1-1) hier, c’est fini ! »

Recueilli par Alexandre CORBOZ