LOSC, OM, PSG – Que sont-ils devenus : A la rencontre de Jocelyn Angloma

Chaque vendredi, désormais, et à 19 heures, vous retrouverez une nouvelle rubrique : que sont-ils devenus ? L’occasion, pour vous comme pour nous, de retrouver les anciens de la Ligue 1, retirés de certains terrains.

Champion d’Europe avec l’OM, champion de France avec le club marseillais ou d’Espagne avec le FC Valence, champion d’Europe avec l’équipe de France espoirs en 1988 et demi-finaliste de l’Euro en 1996 avec la sélection d’Aimé Jacquet, Jocelyn Angloma possède un palmarès XXL. En riant, il y ajoute un dernier titre, celui de champion de Guadeloupe à 42 ans. Reparti vivre aux Antilles, l’ancien défenseur latéral international, âgé de 53 ans, veille désormais sur l’avenir du football guadeloupéen.

Bonjour Jocelyn, que faites vous aujourd’hui ?

Je vis en Guadeloupe où je travaille à la Ligue de football. Je suis détaché au pôle espoirs du CREPS de Pointe-à-Pitre et en parallèle je suis aussi à la tête de la sélection de la Guadeloupe. Actuellement, on joue les matches de la Ligue des Nations de la CONCACAF, qualificatifs pour la Gold Cup (ndlr: le nouveau nom de la Coupe des Nations de la CONCACAF depuis 1991). Il y a une concurrence assez relevée avec des équipes comme la Martinique, Curaçao et Aruba. Le dernier match (ndlr : le 20 novembre), on a pris un 6-0 catastrophique à Curaçao alors qu’on avait 9 pros dans le groupe. Il faut se reprendre et on va jouer contre la Martinique, qui marche très fort, en mars.

Vous avez fait partie de cette sélection guadeloupéenne comme joueur. Il y a longtemps ?

J’ai joué mon dernier match en 2007. C’était à Chicago et on disputait la demi-finale contre le Mexique (ndlr : défaite 1-0, le 22 juin 2007). Un très très bon souvenir pour nous Guadeloupéens. J’ai arrêté cette année-là, champion de Guadeloupe (ndlr : avec le club de L’Etoile Morne-à-l’Eau). Comme j’entraînais les gamins, j’avais encore la forme mais à 42 ans, je jouais plus en 9 ½. J’avais moins à courir mais je m’amusais bien.

Au pôle espoirs, vous préparez les jeunes à une carrière professionnelle. Ils connaissent la vôtre ?

(Rires) A l’âge qu’ils ont, ils ne m’ont pas vu jouer, mais ils sont très attentifs et se préparent à partir un jour dans un club pro. Deux ou trois ont des contacts avec des clubs, d’autres vont faire des essais pendant les vacances. Ils savent que ce n‘est pas facile, qu’il y aura d’autres alternatives. La référence proche c’est plutôt Thomas Lemar qui est passé par ce Pôle Espoirs.

Vous avez connu ce parcours en arrivant de Guadeloupe à Rennes. Comment votre venue s’était-elle passée ?

A l’époque, j’avais mon copain Mario Relmy, aujourd’hui mon adjoint, qui jouait à Rennes et j’y suis venu faire un essai. J’avais 20 ans et je ne sortais pas d’un centre de formation. Ce n’est plus possible aujourd’hui. Ensuite, je suis entré directement en sélection espoirs sans aucune sélection de jeunes avant, et à 25 ans j’étais en équipe de France où j’ai vécu deux Euros (ndlr : il compte 37 sélections). Maintenant, un international il est passé d’abord par toutes les sélections d’âge, il a été longtemps suivi. Pour moi, tout a bien marché. Et rapidement. Notre titre des Espoirs en 1988 avec Cantona, Paille, Sauzée, Guérin, etc., ça reste encore aujourd’hui le seul trophée jamais gagné par une équipe de France espoirs.

Vous êtes resté en contact avec certains ?

Je suis ce qu’ils font à travers les rôles de consultants des uns et des autres à la télé. Et puis il y a des matches caritatifs où je suis invité. Avec l’équipe du club des Internationaux français (CIF) avec Luc Sonor ou le Variétés club ou les anciens de l’OM. Mais je suis loin quand même et je rate pas mal de matches… (rires)

Vous avez joué à Rennes, Lille, au PSG, à l’OM, au Torino, à l’Inter Milan et à Valence. Ca aide pour conseiller des jeunes à choisir un club ?

C’est souvent moi qui appelle pour aider un jeune à faire un essai. On ne me contacte pas trop même si un temps, en 2006, j’ai tenu un rôle de recruteur pour Lille sur la zone Antilles.

 

« A l’arrivée à l’aéroport de Marseille, j’ai filé direct en ambulance à l’hôpital. Pas de fête avec la coupe et les supporters au Vélodrome, pas de réception à l’Elysée avec le président Mitterrand. »

Pourquoi être revenu aussitôt en Guadeloupe à la fin de votre carrière pro à Valence en 2002 ?

Je ne m’étais pas projeté sur une après-carrière dans le foot. Je suis rentré, je m’occupais des jeunes, je jouais en DH, c’était sympa. Je n’ai passé mon BEF qu’il y a un an. Et ça permet aussi d’être sélectionneur en Guadeloupe. Au Canada également, je crois (rires).

Il reste quoi de votre carrière ?

Tellement de bons souvenirs. Et de bons copains. Il y a Abedi (Pelé), Basile (Boli), l’Italien Carboni et d’autres joueurs encore à Valence. J’ai réussi à me faire une place dans tous les clubs où je suis passé. Il y a les aventures humaines dans différents pays, les titres et j’ai disputé encore deux finales de Ligue des Champions avec Valence (ndlr : perdues face au Real Madrid (0-3) en 2000 et le Bayern Munich (1-1, 4 tab à 5) en 2001 et une de l’UEFA avec l’Inter Milan (ndlr : perdue face à Schalke 04 (1-1, 1 tab à 4). J’en ai bien profité.

Il y a aussi cette victoire en finale de la C1 avec l’OM sur le Milan AC en 1993. Inoubliable ?

Oui, sur ce que ça représente mais j’ai des souvenirs mitigés de cette soirée. J’ai gagné la coupe, mais je me suis aussi cassé le tibia gauche dans ce match. Je vais tacler normalement Lentini et je plante. Je pensais d’abord avoir pris un coup et je suis revenu sur le terrain, mais c’était impossible. J’ai fini en béquilles quand les autres faisaient la fête. A l’arrivée à l’aéroport de Marseille, j’ai filé direct en ambulance à l’hôpital. Pas de fête avec la coupe et les supporters au Vélodrome, pas de réception à l’Elysée avec le président Mitterrand. J’ai tout raté mais ça reste un grand souvenir.

25 ans après, aucun club français n’a fait aussi bien que l’OM. Désolant, non ?

On se dit que c’était super, qu’on était les premiers, mais j’aimerais bien qu’un club français le fasse aussi. Le PSG met énormément d’argent mais ce n’est pas facile. C’est sans doute devenu très dur aujourd’hui même si c’était déjà difficile à notre époque. J’ai joué trois finales de Ligue des Champions, j’en ai perdu deux. Faut vraiment être fort pour aller au bout. »

Recueilli par Etienne Bonamy