FC Nantes : résultats, Der Zakarian, mercato… Johan Audel brise le silence

Silencieux depuis plusieurs semaines, l’attaquant a évoqué la bonne dynamique du FC Nantes mais aussi la sienne alors que l’intéressé s’interrogeait, l’été dernier, sur son avenir chez les Canaris.

But! Nantes : Quelle est la différence entre le FC Nantes en 2015 et celui de cette année ?
Johan AUDEL : Pour moi, il n’y a pas de différence. Simplement, depuis le début de la saison, on essaie de jouer au ballon, un peu plus que la saison dernière. On marque plus de buts, on prend plus de plaisir à jouer ensemble, les nouveaux se sont bien intégrés. A Bordeaux, en Coupe de France, on a vu que peu importe les joueurs alignés, l’équipe joue de la même façon. La concurrence est saine, il y a un bon groupe. Je suis content que ça se passe comme ça. On a une belle carte à jouer tous ensemble jusqu’à la fin de la saison, en Coupe et en championnat. Il faut rester comme ça le plus longtemps possible. On sait très bien qu’on perdra des matches mais il faut garder cet état d’esprit.

Aujourd’hui, il semble que vous avez pris conscience que vous êtes capables de renverser les situations, ce qui fait la différence…
Il y a beaucoup de joueurs d’expérience. Ça aussi ça change la donne. Et puis, on a déjà réussi à le faire une fois alors on sait qu’on peut le rééditer. Rien ne nous fait peur. Comme je l’ai dit, on va perdre des matches, c’est sûr, mais on va essayer de garder cette ligne de conduite, de se battre. A Bordeaux, on aurait pu perdre mais on s’est battu jusqu’au bout et on a gagné. On a fait preuve de caractère. Peut-être que l’an dernier, on ne l’avait pas. Cette année, c’est autre chose.

Au-delà du caractère, il y a une prise de conscience de vos qualités individuelles et collectives ?
Pour ça, on a un coach. Depuis que je travaille avec lui, je constate que l’équipe a beaucoup progressé. L’année dernière, on était critiqués parce qu’on ne marquait pas beaucoup de but ou parce qu’on ne jouait pas bien au ballon. Cette année, on démontre tout le contraire. Le coach nous a fait prendre conscience qu’on avait des qualités, oui. On joue mieux, tactiquement ça se passe bien. On attaque et on défend tous ensemble et ça fait aussi notre force.

“Depuis le début de la saison, on essaie de jouer au ballon, un peu plus que la saison dernière. On marque plus de buts, on prend plus de plaisir à jouer ensemble, les nouveaux se sont bien intégrés.”

En quoi le coach a-t-il fait progresser l’équipe ?
On lui reprochait de jouer trop défensivement et qu’on ne marquait pas assez de buts. Là, on en marque, on se projette plus vers l’avant. C’est juste qu’il y avait beaucoup de nouveaux qui, pour la plupart, ne parlaient pas français, comme Lenjani, Sigthorsson ou Adryan. Il fallait donc du temps pour que les consignes passent, pour qu’ils s’adaptent à notre jeu. Après, ils ont un gros potentiel offensif et maintenant que tout le monde défend et respecte les consignes, on est capable d’attaquer tous semble. Voilà pourquoi on a de belles phases de jeu au cours desquelles presque tout le monde touche le ballon. Il fallait qu’on prenne tous conscience de cela et le coach n’a, de ce fait, rien lâché. C’est tout à son honneur car il ne parle pas anglais. Son discours passe, tant mieux pour lui et l’équipe. C’est bien de retrouver des gars en forme et vraiment impliqués.

Dire que Der Zakarian est un coach défensif, c’est donc une étiquette ?
Ça fait trois ans que je suis là et je n’ai jamais entendu des consignes défensives sortir de sa bouche. Au contraire, il nous pousse à attaquer. Après, c’est vrai qu’il y a un travail défensif à faire et c’est ce qui fait notre force car on ne prend pas beaucoup de buts. Mais lui comme Loïc Amisse nous répètent sans cesse avant les matches de prendre du plaisir devant, de refaire les combinaisons travaillées à l’entraînement. Je pense que ça se ressent, que les supporters prennent plus de plaisir.

Les critiques ont quand même émané du président Kita qui, à la trêve cet hiver, a déclaré qu’on s’ennuyait à la Beaujoire. Des propos qui chatouillent un peu, non ?
Comme je ne lis pas la presse, je ne savais même pas qu’il avait dit ça. Il faut voir avec lui. Moi, je dis ce que je ressens, ce que je pense. Je prends du plaisir dans cette équipe même si, lors des derniers matches, je n’étais pas trop aligné. Je suis quand même content de voir les bons résultats. J’ai une bonne mentalité, on fait appel à moi, je réponds présent. Je suis content du déroulement de ma saison et de celle de l’équipe. C’est très bien pour le moment, même s’il reste encore pas mal de chemin.

“La Coupe, c’est une chance supplémentaire d’aller, pourquoi pas, en Coupe d’Europe ! Il reste le PSG et l’OM, on se dit que c’est possible d’aller jusqu’au Stade de France. Il faut la jouer à fond !”

Quel a été le rôle, depuis son arrivée, de Guillaume Gillet ?
C’est un bon joueur, on le sait. Il nous apporte beaucoup avec son expérience. Il a quand même joué la Coupe d’Europe ! Quand il parle football, il sait de quoi il parle et sur le terrain, on voit qu’il a beaucoup de qualités. Il ne peut nous faire que du bien.

Cet hiver, le FC Nantes a failli recruter Suarez et Pedro Henrique. Avez-vous eu peur pour votre temps de jeu ?
Moi, peur ? Non, pourquoi ? Mon temps de jeu était déjà plus que réduit et, à Bordeaux, j’ai su saisir ma chance. Avec cet entraîneur, ce qui est bien c’est que quand tu te bouges et que tu mouilles le maillot, tu as ta chance derrière. La concurrence est saine. Il y a des gars qui étaient partis pour être indiscutables et, au final, ça tourne ! Le petit Adryan, par exemple, a fait de très bons matches, je n’ai rien à dire de ce côté-là. C’est bien, ça tire le groupe vers le haut. Après, il faut se battre pour gagner sa place, ce que j’ai fait à Bordeaux. J’espère que ça va payer. Si ce n’est pas le cas, quand on me donnera vingt minutes, j’essaierai de rééditer cela.

La qualification pour les quarts de finale de la Coupe de France permet au FCN de continuer à jouer sur deux tableaux et d’impliquer tout le groupe…
Oui, exactement. A la mi-temps à Bordeaux, je suis d’ailleurs allé voir Max Dupé et je lui ai dit qu’on allait aller la chercher pour lui car c’est l’occasion de se montrer et de jouer un peu plus. Ça démontre l’état d’esprit du groupe. Ça fait des matches en plus, on est des compétiteurs et c’est une chance supplémentaire d’aller, pourquoi pas, en Coupe d’Europe ! Il reste le PSG et l’OM, on se dit que c’est possible d’aller jusqu’au Stade de France. Il faut la jouer à fond !

Comment envisagez-vous votre avenir ?
J’ai le temps d’y penser ! J’ai envie de prendre du plaisir. Même si j’ai un peu moins joué ces derniers temps, je me sens très bien. J’ai envie de bien finir la saison. Il y a vraiment un coup à jouer cette année, que ce soit en championnat ou en Coupe. J’ai donc vraiment envie de m’éclater avec mes potes et après, on verra.

L’été dernier, vous aviez manifesté un envie de partir. Vos doutes sont dissipés à présent ?
Exactement ! Mais je suis là. Je sais qu’on ne me laissera pas partir et de toute façon, c’est trop tard… Je suis content du rôle que je joue dans cette équipe, je suis apprécié de la plupart des gars et j’apprécie aussi cette équipe. Il y a de la qualité, on prend du plaisir ensemble. Je suis là, il reste trois ou quatre mois, après, on verra.

Vous n’êtes donc pas déçu de ne pas être finalement parti l’été dernier ?
Non, je ne suis pas déçu. Je n’ai pas de regret. On ne m’a pas laissé partir, j’ai un contrat à honorer. Maintenant, je prends ce qu’il y a à prendre.

Propos recueillis par Charles GUYARD

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