ASSE – Chronique verte : Diony, la malédiction du neuf ?

Chaque semaine, Benjamin Danet, supporter invétéré de l’ASSE et directeur général des Editions But!, vous donne son sentiment sur l’actualité des Verts.

Ce n’était pas hier mais il y a plusieurs mois. Les années Aubameyang terminées, Brandao parti sous d’autres cieux, Erding toujours pas convaincant, l’ASSE s’était ensuite soumise à la carte Nolan Roux. Buteur, tout de même, à dix-huit reprises en Ligue 1 lors de ses deux dernières saisons sous le maillot du LOSC. Christophe Galtier, qui s’était principalement reposé sur le seul talent de Max-Alain Gradel, voulait donc croire à l’arrivée d’un vrai 9, servi par des ailiers forts, Roman Hamouma et Kévin Monnet-Paquet. Plusieurs matches durant, Nolan Roux n’avait pas trouvé la faille, inquiétant même les supporters, mais pas son entraîneur, enfin délivré un soir de victoire sur le terrain de Montpellier. En dépit de son abnégation, réelle, de ses très rares ballons idéalement servis et du changement de poste peu à peu opéré (ailier droit), Nolan Roux n’allait jamais convaincre. Pas plus, d’ailleurs, et cela va peut-être vous surprendre, que Robert Beric, l’attaquant venu tout droit du Rapid de Vienne.

« Le constat est à chaque fois identique : l’avant-centre touche trop peu de ballons »

Le Slovène, lui aussi, était un avant-centre type. Rôdeur de surfa­ces, transformant en buts ses quelques occasions, mais gravement blessé un soir de derby face à l’OL à la suite d’un tacle de Jordan Ferri. Résultat, ligaments croisés touchés, des mois à l’infirmerie, 5 buts marqués toutes compétitions confondues la première saison et 9 lors de l’exercice 2016-17. Sans qu’Oscar Garcia, venu dans le Forez avec son style et ses idées, soit convaincu, autorisant le prêt du joueur en toute fin de mercato à Anderlecht.

L’ASSE a donc abattu sa dernière carte cet été avec la venue du Dijonnais Loïs Diony. Un transfert important, le plus cher jamais enregistré dans l’histoire du club, et une attente légitime en ce début de saison. Résultat ? Une place sur le banc de touche contre Nice, Caen et Paris. Deux titularisations face à Amiens et Angers avec, certes, deux penalties obtenus, mais pas le moindre but marqué et un nombre élevé de ballons perdus. De quoi, au fond, se demander si Diony ne va pas s’ajouter à la liste noire des attaquants malheureux dans le Forez. A ceux qui marquent davantage dans leurs anciens clubs que sous le maillot vert. On notera, néanmoins, que le constat est à chaque fois identique : l’avant-centre touche (trop) peu de ballons, n’en a jamais à exploiter dans la surface de réparation adverse, multiplie les appels, et se dépense sans compter sur le plan défensif. Face à Angers, la seule situation favorable de Diony, seul face au gardien, se produisit alors qu’il était hors-jeu. Quant à son remplacement par Jonathan Bamba, il permit surtout aux Verts de se créer davantage de situations favorables ! Alors qu’ils évoluaient à dix et que Garcia avait sacrifié l’ancien Dijonnais pour consolider le milieu de terrain. Les prochaines semaines vont nous permettre de savoir à quoi nous devrons nous en tenir. Et, surtout, à quoi va ressembler la saison de Loïs Diony. Notamment si son entraîneur continue de lui faire confiance, et ainsi de l’aligner d’entrée, ou si il le garde sur le banc de touche, en réserve de Jonathan Bamba. Diony, et c’est le constat à chaque match évoqué par les divers consultants de Canal+ ou de BeIN, se doit de (vite) retrouver son poids de forme. Et ne (surtout) pas perdre la confiance. Prochaine échéance ? Dijon. Ancienne terre des exploits de Diony. Qui, à l’époque, ne s’interrogeait sans doute pas sur la malédiction du neuf dans le Forez.

B.D.

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