RC Strasbourg – L’oeil de Denis Balbir : « Content de revoir le Racing aux portes de l’Europe »

RC Strasbourg – L'oeil de Denis Balbir : « Content de revoir le Racing aux portes de l'Europe »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Samedi, le RC Strasbourg doit valider sa renaissance avec la finale de la Coupe de la Ligue face à Guingamp.

« 13 ans que le RC Strasbourg n’a plus joué de Coupe d’Europe. Durant cette période, le club alsacien a tout vécu : des relégations, un dépôt de bilan, le National 3 (ex-CFA 2), les remontées et maintenant le club a rendez-vous avec son histoire en finale de la Coupe de la Ligue face à Guingamp samedi soir au stade Pierre-Mauroy.

Je suis content de revoir cette place forte du football français aux portes de l’Europe. C’est un club qui a beaucoup compté et qui compte encore beaucoup. Il a vu passer d’immenses champions. Je pense notamment à Alexander Mostovoï, un joueur qui a marqué ma carrière de journaliste. Le RCSA a connu de grandes décennies en Ligue 1 et sort d’une période noire. Là-bas, il y a un vrai terreau de foot. Une ferveur populaire exceptionnelle qui est né des souffrances passées. Pendant longtemps, le RC Strasbourg a vécu dans l’instabilité avec de multiples changements de présidents, de sales histoires en coulisses… On s’attache forcément à ces grands clubs qui renaissent de leurs cendres et c’est ce qui se passe aujourd’hui en Alsace.

«  Cette finale de Coupe doit être leur apothéose à tous »

Sous la présidence de Marc Keller, Strasbourg s’est restructuré. Comme à Lens ou à Saint-Etienne, le public n’a jamais lâché. Même dans les divisions inférieures. Derrière, cela a permis d’instaurer une dynamique, de mettre en place une assise financière et sportive stable avec un excellent coach (Thierry Laurey). Cette saison 2018-2019 est très belle pour eux. Le maintien en Ligue 1 est confortable. Par instant, cette équipe produit vraiment du beau jeu. Il y a du talent dans toutes les lignes et de bons buteurs devant (Mothiba, Ajorque…), une belle mentalité, beaucoup de rigueur, d’enthousiasme… C’est un exploit d’en être là quand on sait d’où ce club est reparti il y a moins de dix ans. Cette finale de Coupe doit être leur apothéose à tous. Avec la qualification européenne au bout, cela peut changer encore un peu plus les perspectives du RCSA pour la (ou les) année(s) à venir…

« Il se passe vraiment un truc à la Meinau »

Ce serait aussi une juste récompense de revoir la Meinau accueillir des soirées européennes. Dans ce stade, il se passe vraiment un truc. A chaque match, Strasbourg joue quasiment à guichets fermés dans des ambiances impressionnantes, proche du niveau des meilleurs publics français revendiqués que sont Saint-Etienne et Lens. Cet amour s’explique d’abord par le fait que cette équipe alsacienne joue d’abord pour plaire, qu’elle mouille le maillot et renverse des montagnes. On ne se met pas le public dans la poche en gagnant à la maison contre des Dijon ou des Amiens… Il faut savoir se sublimer 95 minutes face à plus gros que soi, ne serait-ce que pour exhorter le sentiment de petit poucet qui bouscule la hiérarchie. Sur les dernières saisons, Strasbourg a su faire tomber ou accrocher le PSG, l’OL, l’OM ou l’ASSE. Quand on voit ce que les joueurs de Thierry Laurey sont capables de produire sur ce genre de matches, cela incite aussi les supporters à se sublimer… »

Recueilli par Alexandre CORBOZ