ASSE – Mercato : William Saliba, la clé de l’été stéphanois

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Faute de moyens, l’ASSE doit d’abord vendre pour financer son Mercato d’été 2019. Le seul dossier William Saliba peut permettre de tout décanter.

Bien sûr, l’AS Saint-Etienne a déjà largement anticipé son Mercato en réalisant trois signatures bien avant l’ouverture du marché (Moukoundi, Honorat, Sissoko) mais, à moins d’une semaine de la reprise de l’entraînement, Ghislain Printant doit toujours composer avec de gros trous dans son effectif. En effet, que ce soit à gauche de la défense ou dans le cœur du jeu, l’onze stéphanois est incomplet du fait des départs non compensés. Gabriel Silva toujours en convalescence après sa rupture du tendon d’Achille, Kévin Monnet-Paquet en phase de reprise, Pierre-Yves Polomat en fin de contrat et Timothée Kolodziejczak s’éloignant du Forez, l’ASSE aborde son début de préparation sans latéral gauche. Un problème que l’on retrouve aussi au milieu où le patron Yann M’Vila n’a réellement que le partant Assane Dioussé et le jeune Victor Petit pour faire la paire avec lui…

Saint-Etienne n’ayant pas de tours préliminaires de Coupe d’Europe à franchir, les Verts ont bien évidemment le temps de trouver des solutions. Mais un facteur prépondérant de l’équation manque : l’argent ! Il y a un an, pour mener le recrutement le plus cher et le ambitieux de son histoire, l’AS Saint-Etienne a conssenti à un emprunt bancaire de 20 M€ remboursable à l’échéance de 2020 avec l’aide des nouveaux droits TV payés par Mediapro. Pour financer son train de vie et rester dans le vert aux yeux de la DNCG, l’ASSE a déjà bouclé le double transfert en Chine d’Olé Selnaes et Cheikh M’Bengué mais il ne reste aujourd’hui quasiment plus rien des 10 M€ récupérés.

Se faire à l’idée de Saliba ne restera pas forcément dans le Forez…

Depuis le début du Mercato, le premier chantier de David Wantier est très clair : il doit trouver des fonds pour financer le recrutement. L’ASSE ne peut pas compter sur une rallonge de ses actionnaires comme elle ne peut pas non plus envisager d’avoir une nouvelle fois recours aux banques. Saint-Etienne ne peut pas non plus vivre sur les ressources qu’il touchera en cours de saison de son parcours en Ligue Europa. Ni d’un hypothétique mécène américain, venu pour apporter des fonds dans les caisses du club sans avoir le moindre droit de regard sur la manière dont ses deniers seront investis. Non, la première clé du Mercato stéphanois, ce sont les ventes et deux options assez claires se dégagent : attendre de bâtir brique par brique un budget en faisant de petits coups par ci par là (Maiga, Lacroix, Jorginho, Maupay, Dioussé…) ou sacrifier une pépite maison sur une vente record.

Cette seconde stratégie semble avoir la faveur des dirigeants. S’il ne souhaitait pas spécialement partir durant l’été, William Saliba (18 ans) se retrouve malgré lui au cœur de l’équation. L’AS Saint-Etienne l’a prolongé jusqu’en juin 2023 à la fin du mois d’avril. Depuis, le club semble avoir adopté un double discours. Officiellement, Saliba est intransférable sauf offre « qui ne se refuse pas ». Officieusement, la direction ligérienne travaille pour que cette offre « qui ne se refuse pas » tombe sur le bureau. Le plan parfait : le céder pour 20 à 30 M€ et le garder en prêt durant une saison sur le modèle d’un Kurt Zouma à Chelsea. De la vingtaine de clubs intéressés par ses services, Arsenal est à l’heure actuelle celui qui est le plus à même de payer pour le natif de Bondy. Même l’entourage de Saliba semble avoir intégré ce calcul, acceptant de négocier avec les Gunners. Sauf qu’il y a un gros hic sur ce dossier : Unai Emery souhaite intégrer le jeune stoppeur forézien dès maintenant à son effectif. L’ASSE a-t-elle vraiment les moyens de dire non ? Le retour en force de Tottenham (ou de l’AS Roma) sur la piste Saliba peut-il changer la donne ?

Saint-Etienne d’accord avec des joueurs, pas avec les clubs

Aujourd’hui, le recrutement stéphanois est figé. Si des accords financiers existeraient avec plusieurs joueurs ciblés et sur divers postes (Bouanga, Boscagli), Saint-Etienne n’a pas franchement les moyens de s’entendre avec leurs clubs respectifs autour d’indemnité de transferts. Pour l’instant, l’ASSE n’est pas en situation d’urgence. Le Mercato français n’a pas réellement démarré non plus et la pression de la concurrence ne se fait pas trop ressentir sur ces dossiers (même si le Stade Rennais en est au même point pour l’ailier gabonais). Mais, plus on avancera dans le temps dans ce délicat été 2019, plus il sera compliqué de temporiser et de se passer de la manne d’un William Saliba…

Alexandre CORBOZ