Le projet de rachat du FC Nantes prend une tournure particulièrement polémique. Alors que Waldemar Kita aurait obtenu plus de 100 millions d’euros pour céder le club à des investisseurs menés par Paulo Tavares, le montant de l’opération provoque de nombreuses interrogations. Un spécialiste du marché du football va même jusqu’à remettre sérieusement en cause le sérieux des candidats à la reprise.
Le FC Nantes s’apprête-t-il à tourner définitivement la page Waldemar Kita ? Après près de vingt années à la tête des Canaris, l’homme d’affaires franco-polonais aurait trouvé un accord pour céder le club à un groupe d’investisseurs emmené par Paulo Tavares. Et le montant de l’opération a de quoi faire parler : plus de 100 millions d’euros pour un club aujourd’hui en grande difficulté en Ligue 2 !
Un chiffre particulièrement surprenant dans un contexte économique délicat pour le football français. D’autant que les salariés du FC Nantes, consultés par l’intermédiaire du Comité social et économique, ont émis un avis défavorable au projet de reprise.
Si cet avis ne bloque pas juridiquement l’opération, la vente doit encore franchir une étape décisive devant la DNCG. Et en attendant, les interrogations se multiplient concernant la véritable valeur du club nantais.
« Soit les racheteurs n’y connaissent rien, soit ce sont des escrocs »
C’est surtout le prix du rachat qui fait bondir certains spécialistes. Interrogé par Eurosport, un investisseur spécialiste des affaires du football estime que les 100 millions d’euros annoncés sont totalement déconnectés de la réalité économique du FC Nantes.
« Un club qui perd pratiquement 20 millions d’euros par an et qui est en Ligue 2 ne peut pas valoir ce prix-là. Il en vaut 20, grand maximum. Le fait qu’il soit ainsi surpayé laisse place à deux hypothèses : soit les racheteurs n’y connaissent rien, soit ce sont des escrocs », lâche-t-il.
Des propos particulièrement forts, qui restent toutefois l’appréciation de cet investisseur et non la preuve d’une quelconque fraude. Ils illustrent néanmoins les doutes qui entourent cette opération. Car si le FC Nantes possède une histoire prestigieuse et une identité forte, ses difficultés sportives et ses pertes financières rendent une telle valorisation difficile à comprendre pour certains observateurs.
D’autant que Paulo Tavares a déjà été impliqué dans plusieurs projets de reprise de clubs français, sans parvenir à concrétiser ces opérations. De quoi alimenter davantage les interrogations autour de ce nouveau dossier.
Le clan Tavares justifie les 100 millions d’euros !
Face à ces critiques, l’entourage du candidat au rachat ne compte pas rester silencieux. Charles Kashema, associé de Paulo Tavares dans ce projet, défend une vision bien différente de la valeur du FC Nantes.
« Ce club a une valeur, une histoire et un potentiel. Nantes, c’est aussi une marque, et une marque forte. Et puis il y a ce que l’on appelle les actifs, c’est-à-dire les joueurs. Dans l’équipe et dans le centre de formation, il y a énormément de joueurs à fort potentiel », explique-t-il dans des propos rapportés par Ouest-France.
Pour les investisseurs, le FC Nantes ne se résume donc pas à sa situation sportive actuelle. Son histoire, son image, son centre de formation et la valeur marchande de ses joueurs constituent autant d’arguments pour justifier un investissement aussi conséquent.
Reste que cette vision ne convainc pas tous les spécialistes, certains rappelant que la valeur des joueurs peut rapidement évoluer en fonction de leurs performances et du marché des transferts.
Une chose est certaine : si Waldemar Kita semble proche de réaliser une vente spectaculaire, le FC Nantes n’est pas encore sorti d’affaire. Entre les inquiétudes des salariés, les critiques sur le prix du rachat et l’examen à venir de la DNCG, le dossier promet encore de nombreux rebondissements. Et à Nantes, une question commence sérieusement à se poser : les futurs propriétaires ont-ils réellement les moyens de leurs ambitions ?
















