Il était longuement question de la finale de Coupe de France de ce soir. Morceaux choisis.
Président, ce parcours est-il le plus beau de votre carrière de dirigeant ?
Patrick Trotignon: J’ai eu la chance d’en connaà®tre d’autres, donc je dirais oui et non. Ca sera à classer au rayon des bonnes épopées, mais la finale que j’ai connue avec Châteauroux était tout aussi improbable. C’était tout aussi merveilleux et exceptionnel que d’aller au Stade de France en 2004 avec une formation de Ligue 2. J’ai aussi gagné un titre de champion de Suisse avec le Servette de Genève en Nonante-neuf (ndlr : 1999). C’était aussi un grand moment, car le Servette est un club mythique en Suisse. Ce sont des grands moments. Maintenant ce parcours est le plus beau car c’est le moment présent, mais ce n’est pas forcément le plus émotionnel pour moi.
Est-ce que le bon parcours en Coupe de France peut amener de nouveaux partenaires ?
Pas forcément des gros investisseurs. Mais des investisseurs locaux, oui c’est certain. Nous sommes un jeune club qui existe sous sa dénomination Evian-Thonon-Gaillard depuis 2009. Donc forcément de nouveaux partenaires vont nous rejoindre. On est dans un département où on nous avait promis que le football n’avait pas sa place, un département où avant il n’y avait pas de football, donc on peut imaginer que l’image véhiculée par ce parcours va attirer du monde. Mais on a insisté, en mettant en place une politique cohérente aussi bien pour l’équipe première que pour les jeunes. La jeunesse est le fil rouge du groupe Danone (”¦) Dans une région où l’économie se porte bien et où la population augmente, les partenaires locaux vont vouloir s’associer aux exploits de l’ETG et à son image, une image qui aujourd’hui est en train de faire de la Haute-Savoie un département gagnant. Et à§a je dois l’avouer, j’en suis assez fier.
« Une finale au rabais ? Ceux qui disent à§a sont des aigris et des jaloux »
Que répondez-vous à ceux qui vous disent que la finale sera une finale au rabais ?
Je peux leur dire que ce sont des aigris, des jaloux. Ce sont des jaloux et des aigris de la vie qui disent à§a. C’est peut-àªtre une finale au rabais mais moi je ne suis pas un juge qui vient critiquer le niveau des équipes qui sont en finale. On a gagné notre place à la loyale. On n’a rien volé à personne. On n’a pas eu un parcours facile et je ne considère pas que cette qualification soit une qualification au rabais. Je persiste en disant que les personnes qui peuvent penser à§a sont des aigris de la vie. D’ailleurs j’ai modérément apprécié les propos du journaliste parisien qui disait que si Evian TG allait en finale, le Stade Charléty allait suffire. Ce sont des propos qui démontrent que son auteur a une très mauvaise connaissance de la Haute-Savoie. Les gens vont se déplacer en masse au Stade de France. C’est un département qui demande du respect et qui ne mérite pas ce genre de railleries. Je défends cette région contre certains journalistes qui nous prennent pour des paysans. Paysan et fier de l’àªtre.
En cas de succès, avez-vous déjà pensé aux festivités et à la présentation de la Coupe de France ?
On y pense un peu bien sûr. Il faut s’y préparer avec la responsabilité d’un président. On ne va pas faire n’importe quoi. Il ne faut pas se retrouver le dimanche matin à devoir se gratter la tàªte en se demandant ce que nous allons faire. On a cinq communes à honorer en plus. Evian, Thonon, Gaillard, Annecy et Publier-Amphion. C’est un petit tour de la Haute-Savoie en somme.
Une victoire contre Bordeaux ouvrirait à l’ETG les portes de l’Europe. Qu’est -ce que cela peut changer pour le club ?
On n’y est pas encore et j’avoue que pour l’instant je n’y pense pas encore. Notre histoire va tellement vite. Il faut se laisser la prochaine échéance à découvrir et apprécier.
Une victoire finale en Coupe de France est-elle intéressante d’un point de vue financier ?
Oui c’est intéressant, màªme si ce n’est pas non plus la poule aux Å“ufs d’or. Il y a beaucoup de frais d’organisation et les primes aux joueurs. Ce n’est pas exceptionnel non plus. C’est intéressant mais pas exceptionnel.
Recueilli par Stéphane GARDENT.



