PSG, OM, ASSE, OL, LOSC, FC Nantes, RC Lens : quels sont les clubs qui risquent le plus gros à cause de Mediapro
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par Alexandre Corboz
DROITS TV

PSG, OM, ASSE, OL, LOSC, FC Nantes, RC Lens : quels sont les clubs qui risquent le plus gros à cause de Mediapro

Après avoir rassuré sur ses capacités à assumer son gros contrat de quatre ans avec la LFP, Mediapro a montré ses premières failles ces derniers jours. Le diffuseur pourrait bien laisser une Ligue 1 à l'agonie. Analyse club par club.

Initialement prévue le 6 octobre, la seconde traite de 172M€ de droits TV à payer par Mediapro n'est pas tombée. Dans les colonnes de L'Equipe, Jaume Roures, le PDG du diffuseur espagnol a annoncé avoir demandé un délai de paiement à la LFP et entend négocier à la baisse le deal préalablement conclu. Un véritable désastre financier pour les clubs de Ligue 1 qui espéraient voir tomber dans leur trésorerie une traite de la Ligue au 17 octobre. Mais quels sont les clubs qui ont le plus à perdre de cette bataille entre le diffuseur et la LFP ? Elements de réponse.

Clubs à risques élevés

Même si l'ASSE a fait très attention sur son Mercato d'été et n'a pas dépensé l'argent de la vente de Wesley Fofana (Leicester), la fermeture du robinet droits TV serait un immense coup dur pour le club ligérien. Contrairement à d'autres, les Verts n'ont pas d'actionnaires pour remettre au pot et doivent aussi composer avec des crédits bancaires importants.

Si les Girondins disposent avec King Street d'un fond d'investissements très riche qui s'est engagé à combler les pertes, les Américains étaient surtout restés à Bordeaux du fait de la manne des droits TV. Sans celle-ci, le club perd beaucoup de sa valeur et il n'est pas exclu que l'avocat d'affaires Daniel Ehrmann se lasse et que la menace d'un dépôt de bilan devienne sérieuse.

La chance de l'OM est d'avoir un actionnaire puissant en la personne de Franck McCourt. Le problème, c'est que Marseille est dans l'oeil de l'UEFA et de son fair-play financier, que la vente attendues cet été n'ont pas eu lieu (malgré quelques investissements) et qu'en cas de nouvel exercice dans le rouge vif on puisse craindre l'exclusion du club de toutes compétitions européennes. Marseille ne joue pas directement sa peau comme d'autres mais il joue très gros...

Dans les clubs qui peuvent craindre le recul de Mediapro, le LOSC est sans doute l'un des plus concernés. Pour se financer ses recrutements dispendieux et se transformer en plate-forme d'achat-vente de joueurs, Gérard Lopez a eu recours à des fonds privés qu'il rembourse régulièrement avec des taux d'intérêt élevés. Cet été, Lille n'a pas vendu pour les 150 M€ attendus. Les Nordistes ont également beaucoup investis en misant sur la manne des droits TV (malgré l'absence de Ligue des Champions). La situation peut donc vite devenir problématique.

Clubs à risques modérés

Du fait de son budget de fonctionnement élevé et des salaires XXL, le PSG est forcément sujet à la moindre fluctuation concernant ses droits TV. On l'a vu sur le Mercato d'été : la crise sanitaire du Covid-19 ainsi que la fin de saison tronquée a eu un impact énorme sur le recrutement et les moyens. La chance de Paris ? Avoir le fonds d'Etat QSI comme garant.

Alors qu'il était porté par une économie florissante avant l'apparition du coronavirus, l'OL peut aussi prendre de plein fouet le moindre retard de Mediapro. Cette année, Lyon doit en plus faire sans Europe, avec un club au coût de fonctionnement élevé et un Groupama Stadium, grosse source de revenus hors-Covid, quasiment à l'arrêt. Heureusement que Jean-Michel Aulas et le groupe chinois IDG ont les épaules.

Le Qatar, Aulas et IDG d'un côté,la famille Pinault pour le Stade Rennais, Ineos pour l'OGC Nice. La chance du Gym par rapport à d'autres est d'avoir effectué un recrutement modéré cet été. Avec aucun deal à plus de 10 M€ n'a été signé. L'option d'achat pour Jeff Reine-Adélaïde n'est pas obligatoire par exemple. Pour Rennes en revanche, qui a bouclé le Mercato le plus cher de son histoire (71 M€) en inscrivant dans son prévisionnel les droits TV de L1 et de C1, la note pourrait être douloureuse pour les Pinault. Ces derniers ont néanmoins toujours fait face et il n'y a pas de raisons que ça change.

Le RC Lens a beaucoup investi pour son retour en Ligue 1, battant notamment son record de transfert pour Seko Fofana. Forcément, sans retour sur les droits TV, cela pourrait être un peu compliqué d'atteindre les objectifs de budget mais Joseph Oughourlian est aussi un actionnaire fort et un passionné. Même chose à Montpellier avec la famille Nicollin, toujours présente quand il le faut pour éviter le désastre.

Cet été, le FC Nantes a réalisé un marché quasiment à coût zéro si l'on excepte l'investissement sur Moses Simon. Bien sûr il n'y a quasiment pas eu de rentrées d'argent en parallèle mais les Canaris ont la chance de pouvoir compter sur Waldemar Kita qui a toujours remis au pot quand nécessaire par le passé et n'a pas l'intention de lâcher.

Contrairement aux clubs précédemment nommés, le FC Lorient, le SCO Angers, le RC Strasbourg, le Stade Brestois et le Nîmes Olympique n'ont pas de mécènes. Cet été, ces clubs ont tous davantage recruté qu'ils n'ont vendu en tablant sur la hausse des droits TV. Pour eux, l'uppercut sera rude...

Clubs à risques faibles

Soutenu par le Palais et son actionnaire russe Dimitri Rybolovlev, rarement bien rétribué par les télévisions, l'AS Monaco souffrira forcément moins d'une éventuelle restriction de manne. Autre atout de l'ASM : sa fiscalité avantageuse qui abaisse fortement le poids des charges sur les salaires de ses joueurs et un marché estival de dégraissage intensif.

Par ce qu'ils ont fait des Mercatos prudents et quelques belles ventes, le Dijon FCO, le Stade de Reims ou encore le FC Metz vont subir le problème Mediapro comme tout le monde mais les risques sont un peu moins élevés.