C’est une scène rare, presque irréelle, qui s’est produite ce dimanche soir au Groupama Stadium. À quelques minutes du coup d’envoi de la rencontre entre Olympique Lyonnais et Lorient, les Bad Gones, principal groupe ultra lyonnais, ont surpris tout le monde avec un message fort en direction des Ultras de l’ASSE…
Déployée en tribune, une banderole affichait clairement : « Non à la dissolution des groupes stéphanois ». Une prise de position directe en faveur des Magic Fans et des Green Angels, les deux groupes ultras de AS Saint-Étienne actuellement menacés par des procédures de dissolution.
Dans un contexte où les autorités françaises durcissent le ton face aux violences dans les stades, ce geste dépasse largement le cadre du football. Il s’agit d’un signal envoyé par les ultras lyonnais : certaines lignes ne doivent pas être franchies, même lorsqu’il s’agit de leurs ennemis jurés.
Une solidarité entre ultras au-delà du derby entre l’ASSE et l’OL
Entre Lyon et Saint-Étienne, la rivalité est l’une des plus intenses du football français. Le derby du Rhône est historiquement marqué par une opposition féroce, tant sur le terrain que dans les tribunes.
Mais cette rivalité n’efface pas une réalité souvent méconnue : les groupes ultras partagent une culture commune. Organisation autonome, ferveur collective, défense des libertés en tribune… ces valeurs unissent parfois des supporters pourtant opposés.
Le soutien des Bad Gones s’inscrit dans cette logique. Pour eux, la dissolution de groupes ultras représente une menace globale pour tous les supporters organisés. Aujourd’hui l’ASSE est visée, demain cela pourrait concerner l’OL ou d’autres clubs.
Ce type de mobilisation n’est pas inédit en Europe, mais reste rare en France, surtout entre deux clubs aussi antagonistes. Ce geste symbolique montre que, face à certaines décisions jugées excessives, la solidarité peut prendre le dessus sur la haine sportive.
Retour immédiat à la rivalité : chants et provocations
Mais il ne fallait pas s’y tromper : cette trêve n’aura duré que quelques instants.
Une fois le message passé, les Bad Gones ont rapidement repris leurs habitudes. Les chants hostiles envers Saint-Étienne ont retenti dans le stade, avec des slogans insultants et provocateurs, fidèles à l’ambiance habituelle du derby.
Ce contraste saisissant résume parfaitement la mentalité ultra :
- solidaires sur les principes
- ennemis irréconciliables dans le jeu et les tribunes
Loin d’être paradoxale, cette attitude est profondément ancrée dans la culture des supporters. Elle illustre une frontière claire entre les combats “politiques” du monde ultra et la rivalité sportive, qui reste intacte et non négociable.
Un symbole fort dans un climat tendu autour des ultras
Cet épisode intervient dans un contexte particulièrement sensible. Les autorités françaises multiplient les mesures pour encadrer, voire sanctionner, les groupes de supporters jugés problématiques.
La possible dissolution des Magic Fans et des Green Angels cristallise les tensions. Pour beaucoup d’ultras, il s’agit d’une attaque contre leur mode d’expression et leur place dans le football.
Le soutien venu de Lyon pourrait donc marquer un tournant. Il montre que, face à certaines décisions, les clivages historiques peuvent s’effacer… au moins temporairement.
Même les Bad Gones s'y mettent. #ASSE #OL pic.twitter.com/orGzSKSOPm
— But! OL (@But_Lyon) April 12, 2026





















